Dimanche 20 avril 2008

Pollution spatiale en 2007 : année record pour les débris orbitaux


Par Jean Etienne, Futura-Sciences

18 avril 2008, www.futura-sciences.com


En cinquante années d’exploitation par l’Homme, l’espace circumterrestre s’est littéralement rempli, non seulement de satellites, mais de débris spatiaux. Et l’année 2007 est à marquer d’une pierre noire…

 

Dans un discours prononcé à Moscou lors de la Conférence internationale sur les déchets spatiaux, John Nicholson a fait remarquer que l’année écoulée avait battu tous les records en matière de pollution spatiale, notamment à la suite de la destruction volontaire d’un satellite chinois. « La destruction du satellite chinois Fengyun-1C a provoqué la formation du plus important nuage de déchets orbitaux de l'histoire. Le système de monitorage américain (le NORAD) a détecté plus de 2.500 débris formés à cette occasion. On comptabilise plus de 125.000 fragments de plus d'un centimètre », annonce-t-il.


Répartition des satellites détectés en orbite basse (Nasa 2007).

Au total, 3500 fragments de taille supérieure à 5 centimètres se sont placés accidentellement en orbite, résultant de lancements de satellites ou de leurs fusées porteuses.

L’orbite géostationnaire aussi

Mais l’orbite basse n’est plus la seule concernée, et aujourd’hui c’est bien l’orbite géostationnaire qui préoccupe le plus. Celle-ci correspond en effet à une altitude bien précise (36000 km), située le plus exactement possible dans le plan de l’équateur. Tout objet opérationnel qui y circule ne dispose donc que d’un volume très réduit, et pour cette raison les places n’y sont attribuées qu’avec parcimonie.

A ce jour, 365 satellites opérationnels s’y trouvent, mais aussi 1147 objets indésirables. Afin d’éviter l’engorgement de cette orbite, déjà passablement encombrée, les satellites en fin de vie sont expédiés 300 kilomètres plus haut, sur une orbite "cimetière" où ils pourront rester quelques millénaires sans gêner personne. 11 d’entre eux ont reçu ce traitement en 2007.


L'orbite géostationnaire rassemble un très grand nombre de satellites, la majeure partie étant indésirable. Leur représentation figure un anneau à 36.000 km de la Terre. (Nasa 2007).

Toutefois ce nombre ne représente qu’une toute petite fraction des détritus orbitaux, et même si l’effet produit par la Chine démontre bien plus l’inconscience de ses militaires que la puissance de son armée (Etats-Unis et Russie s’étaient déjà livrés à une telle démonstration de force bien avant elle), il est pratiquement certain que d’autres seront encore tentés de "jouer les gros bras"… expédiant des milliers, ou dizaines de milliers de débris en orbite.

Des millions de satellites

Si l’on considère en effet la totalité de l’espace qui entoure notre planète, on peut raisonnablement estimer à 10.000 objets le nombre de débris d’une taille supérieure à 10 cm, 200.000 entre 1 et 10 cm, et 35 millions entre 1 mm et 1 cm. Le risque de rencontrer un artefact d’origine humaine est ainsi largement supérieur à celui d’entrer en collision avec une météorite… E.T. n’oserait plus aujourd’hui s’aventurer dans nos parages !

Il n’existe actuellement aucune solution pour venir à bout de cet encombrant nuage de débris, si ce n’est attendre que l’atmosphère ait fait son œuvre en freinant suffisamment ces déchets pour qu’ils retombent sur Terre en se consumant. Mais cela peut être long : outre l’orbite basse où le délai d’attente est de quelques semaines ou quelques mois, la durée de vie d’un satellite se trouvant au niveau de SPOT (822 km) est de 1 à 2 siècles. Plus haut encore, elle se compte en millénaires, tandis qu’en orbite géostationnaire elle devient infinie à l’échelle humaine.

De plus, les débris les plus dangereux sont loin d’être les plus gros, facilement repérables et dont les trajectoires sont prévisibles. Un objet de taille millimétrique peut perforer sans le moindre problème un scaphandre d’astronaute, et aucun blindage ne résiste à un corps de 1 à 2 centimètres lancé à la vitesse orbitale.

Un ciel à surveiller étroitement

Aux Etats-Unis, la surveillance du ciel incombe au NORAD qui calcule en permanence les orbites de 8500 d’entre eux, de taille supérieure à 10 cm. 7000 se trouvent à moins de 5000 km de la Terre, et 94 % sont constitués par des débris (fragments divers, résidus d’explosions, satellites en panne, étages de fusées, etc.).

L’organisation dispose de radars et d’un réseau de 7 télescopes optiques répartis sur l’ensemble des Etats-Unis, et peut repérer un objet de 30 cm sur l’orbite géostationnaire, ou de 2 cm à 1600 km. A plusieurs reprises des satellites ont été manœuvrés pour éviter des "rencontres" indésirables (deux fois pour s’écarter de débris de Fengyun-1C), mais surveiller en temps réel plusieurs millions de débris, même repérables, et en déterminer les trajectoires plusieurs jours à l’avance relève actuellement de l’impossible…

En France, cette surveillance est dévolue au CNES. Une équipe dirigée par Fernand Alby suit à la trace tous les débris signalés par le NORAD et susceptibles de croiser les satellites dont elle a la charge. Les moyens de surveillance sont essentiellement optiques, et en cas de risque, la DGA (Direction Générale de l’Armement) est sollicitée pour un examen plus précis par radar en vue de décider de modifier l’orbite.

M. Alby, présent lors de la Conférence internationale sur les déchets spatiaux, insiste surtout sur l’importance de protéger l’orbite géostationnaire et les emplacements orbitaux nécessaires en organisant dès à présent un dialogue entre les opérateurs des satellites et les agences spatiales en ce sens.


Cette vue équatoriale montre à la fois les satellites de l'orbite géostationnaire, mais aussi ceux qui s'en écartent (notamment les satellites russes sur orbite très elliptique de 12 heures). Nasa 2007.
Cette vue équatoriale montre à la fois les satellites de l'orbite géostationnaire, mais aussi ceux qui s'en écartent (notamment les satellites russes sur orbite très elliptique de 12 heures). Nasa 2007.
par Mecchano
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Dimanche 20 avril 2008
Triomphe de la vulgarité, ou le tout-un-chacun

                   

 Par Le Grand Soir, 17 avril 2008, www.legrandsoir.info

 

Ce qu’il y a de bien avec Sarkozy, c’est qu’il est tellement outrancier, caricatural, “ canularesque ” qu’il a suscité ces derniers mois une masse d’ouvrages analytiques de très bon niveau. Je ne parle naturellement pas de livres publiés par des journalistes de ce que La Plan B appelle le PPA (le Parti de la Presse et de l’Argent), du style Duhamel ou Joffrin, en rapport de connivence parce que de contiguïté avec le pouvoir, donc dans l’incapacité de briser le discours du modèle auquel ils se conforment forcément un jour ou l’autre).

Je ne crois pas que l’avocat d’affaires de Neuilly ait fondamentalement innové en matière économique et sociale. Son action se situe dans la continuité de celle de Chirac II, avec ses gouvernements Raffarin et Villepin déjà pleinement au service du capitalisme financier, du CAC 40, et avec, presque quotidiennement, de sales coups portés contre la classe salariale, le peuple institué, avec mépris, la « France d’en bas ».

Sarkozy est différent en termes de présentation de discours et de sa persona, en termes d’action, de performance, de résolution (ou non) des problèmes, dans sa manière de faire croire que tout procède de lui et que tout se ramène à lui.

Philosophe et psychanalyste (des créatures que Sarkozy a en horreur), Marc-Vincent Howlett nous offre ici une étude très innovante sur le sens ultime de la geste sarkozienne, depuis sa campagne électorale à son récent mariage.

Il établit une analogie avec l’ « après-coup » de Freud, c’est-à-dire le moment retardé où des impressions, de la mnèse prennent sens. Plus et mieux que les autres dirigeants, Sarkozy vise à cristalliser en un contenu et une forme politiques un discours réactionnaire qui peut être de son cru, ou qu’il assume s’il n’est pas totalement le sien. Cet après-coup, explique Howlett « a à voir avec l’effroi, un réveil douloureux devant l’officialisation de thématiques dont on avait insuffisamment omis de dénoncer le cours mortifère, pensant, à tort, que leur fragilité théorique, leur affect haineux ne dépasserait pas leur seule énonciation. »

Le dit de Sarkozy est celui d’un homme impudique, pleinement dans la représentation glorieuse de lui-même. Il y a bien sûr de l’impudicité à affirmer (de manière impudente) que si on a « aimé Jackie Kennedy » on « adorera Cécilia Sarkozy » (que pensa la descendante d’Albeniz à l’instant précis de cette fanfaronnade ?), ou à faire se dévêtir en public sa troisième épouse mannequin. Il y a forcément de la vulgarité à suivre l’exemple de Bernard Tapie qui, à l’instar d’un Berlusconi, a fait se fondre en un tout cohérent dynamique et dialectique, réussite, argent et politique, Sarkozy ayant ajouté à ce cocktail une maîtrise remarquable des techniques de communication.

Le mode de pensée sarkozien renvoie à une expression sans sujet, même si, nous dit l’auteur, ce dit est le lieu de rencontre de toutes les paroles (« Fadela Amara est formidable », « Je serai le président de la France qui se lève tôt »). Cette parole est mise en scène, montrée. Il faut qu’elle soit simplement visible. Ces notions de visibilité, de lisibilité étant – je partage pleinement l’opinion de Howlett sur ce point – une des plus grandes escroqueries de ces vingt dernières années. Le visible (voir comment, aujourd’hui, les chercheurs universitaires se croient contraints d’élaborer leur pensée non pas grâce à, mais en fonction de Power Point) débouche sur le même, donc sur l’invisible. En Sarkosie, l’agrégat humain est un univers sans individuation, sans objet de pensée reconnaissable, sans expérience. X devient ministre parce qu’il est entraîneur de rugby, casinotier et ami du président.

Avec Sarkozy, tout devient faux. Lors de ses vacances de l’été 2007, il affirme vouloir aller à la rencontre de l’« Amérique profonde ». Outre le fait qu’il oblige sa femme à jouer la comédie de la Première Dame de France, il ne rencontre aucun Noir, aucun chômeur, aucun Wal-Mart, aucun McDonald’s. Bush et Madame lui font l’aumône d’un Hamburger. C’est le camping de Palavas-les-Flots, en plus clinquant et en plus beauf. Pitoyable course à l’existence. Tout comme sera lamentable et médiocre son discours prononcé devant le Congrès où, en pleine démagogie, il fera appel à quelques emblèmes pour lui signifiants : John Wayne, Elvis Presley et le tellement consensuel Martin Luther King. Pas un écrivain, pas un scientifique, pas même Duke Ellington. Logiquement, c’est dans l’Empire du fun et du faux, DisneyLand, que Sarkozy offrira au monde sa dernière conquête féminine, un mannequin rencontré chez un roi de la publicité, donc de la com’, du factice.

Ce pourfendeur de Mai 68 a décidé de « jouir sans entraves ». Et aussi de penser « sans tabou », comme il serine depuis des années. Comme Monsieur Homais, il sait tout : « J’inclinerai, pour ma part, à penser qu’on naît pédophile. » Donc, comme tout est joué, pourquoi tenter de changer quoi que ce soit, pourquoi tenter de s’opposer au hasard et à la nécessité ? Les hommes d’affaires ont même le droit de naître affairiste : « Comment comprendre que, dans les cas qui ne mettent en cause que des intérêts privés et pécuniaires, il puisse encore être fait recours au droit pénal ? »

Sarkozy sait tout, jusqu’au ridicule : grand expert sportif, il nous assure que le Tour de France est propre, que Christophe Moreau est un vainqueur potentiel juste avant que celui-ci ne s’écroule dans la montagne ; il affirme aux joueurs de rugby français qu’ils vont gagner la Coupe du monde ; il encourage Guy Roux (malgré son grand âge), et ce de manière dérogatoire, dans ses nouvelles fonctions d’entraîneur avant que celui-ci abandonne sa charge pour raisons de santé.

En Sarkosie, nous dit Howlett, la culture est superfétatoire. Dans ce domaine, l’agitation sarkozienne ne trompe pas : « la visite au pas de charge de l’exposition Courbet, les sites historiques de Xian en Chine découverts avec désinvolture, la vallée du Nil parcourue en parvenus et Pétra visitée en famille recomposée avec exhibition indécente du fils de Carla Bruni sur les épaules présidentielles. À force de se regarder, Sarkozy est incapable de regarder. Le narcissisme l’aveugle. »

N’oublions jamais la scolarité de ce kleiner Mann : pas “ magnifical ” pour deux sous. C’est justement parce qu’il fut un élève médiocre qu’il impose depuis des années à tous ceux qui passent sous sa coupe, les militants de l’UMP puis les Français dans leur ensemble (y compris les ministres), un système d’évaluation tous azimuts. Le ministre de la Culture sera jugé à l’aune de la fréquentation des musées (combien vaut la Joconde ?). Évaluer, c’est obliger à se conformer à des critères, peut-êtres arbitraires, mais surtout idéologiques. C’est aussi, nous dit Howlett, asservir, maîtriser le réel et, pour finir, infantiliser la population. L’infantiliser aussi par le leurre du travail. Howlett cite Nietzsche (Aurore) : « Au fond, ce qu’on sent aujourd’hui à la vue du travail – on vise toujours sous ce nom le dur labeur du matin au soir – , c’est qu’un tel travail constitue la meilleure des polices, qu’il tient chacun en bride et s’entend à entraver puissamment le développement de la raison, des désirs, du goût de l’indépendance. Ainsi une société où l’on travaille dur en permanence aura davantage de sécurité : et l’on adore aujourd’hui la sécurité comme la divinité suprême. » Le philosophe allemand avait bien vu que la morale est la conséquence d’une histoire, fondée sur la tradition, les mœurs et, en dernier ressort, sur les réflexes et les habitudes d’obéissance.

La France de cet avocat d’affaires est un pays de solitude et de paupérisation absolue. La télévision n’a malheureusement pas attendu Sarkozy pour ne plus être le reflet des Français mais pour, selon Howlett, en être le rêve. S’est-on demandé quel impact les émissions de Ruquier, d’Ardisson et autres « pouvait avoir sur les hommes et les femmes enfermés dans leur solitude, en pleine atomisation sociale, loin des feux des médias ? » La misère est programmée. On se souvient du cadeau fiscal, annuel, de 15 milliards d’euros. On n’a pas oublié, plus récemment, que « la mesure sur les droits de succession coûtera à l’État autour de 3 milliards d’Euros, alors que les mesures préconisées par Martin Hirsch en faveur des plus démunis s’élèvent à 25 millions d’euros. » Une étude de juin 2007 de Camille Landais et de Thomas Piketty (http://www.jourdan.ens.fr/~clandais...) montre une stagnation des revenus moyens déclarés (+ 0,82% en moyenne annuelle) et des revenus médians (+ 0,6% en moyenne annuelle) : en 2005, le revenu des 90% des foyers les moins riches n’est même pas supérieur de 5% à ce qu’il était en 1998. En revanche, au sein des 5% des foyers les plus riches, les revenus déclarés ont augmenté de 11% depuis 1998 ; au sein des 1% des foyers les plus riches, ils ont augmenté de 19% ; au sein des 0,1% les plus riches de 32%, et au sein des 0,01% de près de 43%. Là où le salaire moyen des 90% de foyers les moins riches stagne avec une croissance de 4% sur 8 ans, le salaire moyen des 0,1% et 0,01% des salariés les mieux payés augmente respectivement de 29 et 41%.

Solitude, pauvreté, rejet de l’autre : on est entré dans une sorte de xénophobie d’État (et ce ne sont pas, au contraire, les Yade, Amara et Dati qui y changeront quoi que ce soit). Le Parlement a proposé depuis cinq ans quatre lois sur l’immigration (quinze depuis 1981 !).

Et, pour couronner le tout, l’ordre maintenu de manière hystérique (les centres de désintoxication pour policiers alcooliques ne désemplissent pas). Chaque fois qu’une affaire médiatique éclate, Sarkozy propose une mesure qui ne sert à rien car des textes avaient déjà prévu le cas de figure, ou alors il propose une loi inapplicable, ou enfin une loi qui sera rendue caduque par une loi plus répressive encore. L’important est que les problèmes sociaux soient criminalisés, voire communautarisés. Nous sommes prévenus.

Publié aux Éditions de l’Olivier, Paris 2008.

par Mecchano
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Dimanche 20 avril 2008

Coca-cola serait-il bon pour la santé ? (2)


CONFLIT D’INTÉRETS /
dimanche 20 avril par William Reymond
www.bakchich.info

La présence de scientifiques renommés sert parfois de caution au message publicitaire d’une multinationale, au risque de créer le malaise. « Bakchich » poursuit son enquête à la frontière entre les intérêts commerciaux des géants de l’alimentaire et la recherche pour de meilleures habitudes alimentaires.


Prenez France Bellisle, nutritionniste reconnue et directrice de recherche à l’Inra dont le rôle dans la présentation de « l’enquête » du Credoc a été largement évoqué hier… Une scientifique, dont il ne s’agit pas de remettre en cause ici les qualités professionnelles, mais qui ne semble pas effrayée par la présence grandissante de l’industrie agro-alimentaire dans les coulisses de la médecine et de la recherche.

Mieux encore : interrogée par Bakchich, elle révèle n’avoir pas été engagée par le Credoc mais par… Coca-Cola : « Mon travail de recherche porte le plus souvent sur la prise alimentaire humaine. C’est à ce titre que Coca-Cola, qui souhaitait avoir de l’information sur les consommations de boissons, a fait appel à moi, en complément de l’équipe d’experts du CREDOC ». Un point essentiel qui n’a jamais été mis en avant lors de la conférence de presse du 20 mars dernier, même s’il est aujourd’hui confirmé par Coca-Cola France.

Le docteur France Bellisle proche, très proche des industriels

Les relations de France Bellisle avec le milieu industriel ne s’arrêtent pas là. Ainsi, au-delà de ses activités à l’Inra, le docteur Bellisle est la présidente du Comité de Communication de l’Institut Français pour la Nutrition. L’IFN ? « Une interface entre les milieux scientifiques et ceux de la production agro-alimentaire » créée en 1974 par deux professeurs « et plusieurs industriels ». Une activité, non rémunérée, mais qui donne tout loisir de s’échanger avec les géants de l’agro-alimentaire. Ainsi, le comité présidé par France Bellisle accueille huit scientifiques mais également des représentants de Nestlé, Danone, Kellogs et… Coca-Cola (cliquer ici).

Pour la bonne bouche, il faut noter que chaque année, l’IFN décerne son Prix de la recherche en nutrition et que l’édition 2007 est venue récompenser le docteur France Bellisle. L’IFN n’est pas la seule association fréquentée par la directrice de recherche à l’Inra. Prenez l’Eufic par exemple. Le Conseil Européen de l’Information sur l’Alimentation (EUFIC) est « une organisation à but non lucratif qui fournit aux médias, aux professionnels de la santé et de la nutrition, aux enseignants et aux leaders d’opinion des informations sur la sécurité sanitaire et la qualité des aliments ainsi que sur la santé et la nutrition s’appuyant sur des recherches scientifiques en veillant à ce que ces informations puissent être comprises par les consommateurs ».

Pour l’Eufic, « le chewing-gum contrôle l’appétit »

En clair ? Un groupe qui reformate les informations scientifiques pour les rendre accessible au plus grand nombre. France Bellisle siège à son conseil consultatif scientifique avec d’autres grands noms européens de la recherche. Tout cela ne mangerait pas de pain si parmi les articles du site de l’Eufic ne se glissaient pas certaines perles comme « le chewing-gum contrôle l’appétit » ou mieux encore « le grignotage, une tendance forte pouvant jouer un rôle bénéfique pour votre santé ».

Pour comprendre la motivation de l’Eufic, il faut regarder du côté de ses supports financiers. Une liste que l’on dirait toute droite sortie de l’édition annuelle de Forbes des entreprises qui comptent. Le groupe est « cofinancé par la Commission européenne et l’industrie européenne des aliments et des boissons. L’EUFIC est dirigé par un Conseil d’administration dont les membres sont élus par des sociétés membres. L’EUFIC compte actuellement les membres suivants : Barilla, Cargill, Coca-Cola HBC, Coca-Cola, DSM Nutritional Products Europe Ltd., Ferrero, Groupe Danone, Kraft Foods, Masterfoods, McCormick Foods, McDonald’s, Nestlé, Novozymes, PepsiCo, Pfizer Animal Health, Procter & Gamble, Südzucker, Unilever et Yakult ». On comprend mieux.

On comprend encore mieux pourquoi, dans sa déclaration de transparence signée par l’ensemble de ses membre, l’Eufic écrit : « L’EUFIC n’agit pas en tant que porte-parole de l’industrie et ne souhaite pas être perçu comme tel ». L’Eufic, l’IFN… La nutritionniste France Bellisle est décidément là où sont les géants de l’agro-alimentaires.

Une proximité épinglée aux États-Unis par l’association de consommateurs CSPI dans le cadre du programme « Integrity in Science », c’est-à-dire « intégrité et science ». Il y a un an, le groupe révélait qu’une synthèse bibliographique co-signée par France Bellilse et publiée The American Journal of Clinical Nutrition (AJCN) avait « négligé de révéler les liens financiers unissant les deux auteurs et l’industrie de la boisson ». Le CSIP expliquait par exemple que France Bellisle siégeait au sein de l’advisory board de McDonalds.

Si l’AJCN avait oublié ce détail-là, il avait néanmoins précisé que les travaux co-réalisés par Bellisle avaient été financés par The American Beverage Association, un groupe spécialisé dans le lobby et dont les membres principaux sont… Pepsi-Cola et Coca-Cola. Une présence financière qui explique peut-être pourquoi l’étude en question dédouanait de toute responsabilité les boissons sucrées dans l’augmentation des cas d’obésité. Une étude aux données faussées, selon le CSIP, et contraire à la très vaste majorité de publications et recherches sur le sujet, que l’on retrouve pourtant au coeur des « conseils » d’hydratation mis en avant lors de la conférence de presse du 20 mars dernier.

Pour lire ou relire la première partie de l’enquête de Bakchich, cliquer ici.


par Mecchano
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Dimanche 20 avril 2008

Raisonnons les apprentis sorciers

de la finance, vite!


Dans un univers économique sur lequel règne la finance, dépeçant un à un les marchés, il devient urgent de trouver des moyens de régulation. Sinon...

Par Jean-Michel Quatrepoint, La lettre A, dans Marianne2, 19 avril 2008

www.marianne2.fr



Raisonnons les apprentis sorciers de la finance, vite!  

Après avoir joué avec les entreprises et les usines, après avoir spéculé sur les prix du mètre carré à Londres, Paris, New York et jusque dans le Middle West, voilà que nos docteurs Folamour de la finance spéculent allègrement sur les matières premières. Pas seulement sur le pétrole, le cuivre ou le nickel mais aussi et surtout sur le riz, le blé, le soja. Nous revivons ce que nous avons vécu avec la valeur des actions et des entreprises dans les années 90, et avec l'immobilier au début du siècle.
A chaque fois, c'est peu ou prou le même scénario. Des investisseurs avisés commencent à prendre position. Il s'agit généralement de banques, de fonds d'investissement, de traders qui anticipent sur ce qui va devenir la prochaine bulle. Les cours grimpent doucement. Dans un second temps, les experts en tout genre commencent à nous expliquer pourquoi ce type d'actifs ne peut que monter. Bref, on théorise la hausse, ce qui appelle la hausse. Pour le plus grand profit de cette finance mondiale, née de la déréglementation et de la globalisation de l'économie, qui a besoin de gagner toujours plus et surtout toujours plus vite. Grâce à la volatilité, qui est consubstantielle à ce capitalisme financier. Dans un troisième temps, les courbes de cours virent à l'asymptote, jusqu'à ce que la bulle crève et que la finance porte son dévolu sur un autre secteur.

Après le massacre de l'industrie, la finance se penche sur l'immobilier

Tout ceci pourrait relever de l'anecdote, s'il s'agissait d'un simple jeu entre des acteurs consentants et conscients des risques, comme cela se passe au poker ou dans les casinos. On ne peut pas en dire autant de nos financiers. Là, ils jouent avec la vie des autres, en se réfugiant derrière cette main invisible des marchés, dont ils ne seraient que le bras séculier. Ils ont commencé par démanteler les entreprises industrielles, en se repassant leurs actifs et leurs usines de main en main. Et en les revendant souvent à des Chinois, qui nous inondent maintenant de leurs produits. Peu importe, qu'au passage, des millions de salariés soient restés sur le carreau ! Ce n'est pas leur problème.
Après avoir cassé - entendez restructuré - les outils de production, ils se sont portés sur l'immobilier. On nous a doctement expliqué que, dans un marché mondialisé, la demande étant supérieure à l'offre, les prix ne pouvaient que monter. Surtout là où le foncier était limité. Résultat : les classes moyennes ont de plus en plus de mal à se loger à des conditions compatibles avec leurs revenus. On les a donc poussées à s'endetter pour des logements toujours plus éloignés de leur travail.

Régulons la finance avant qu'il ne soit trop tard

Les financiers ont fait encore mieux. Ils ont indexé la consommation sur la spéculation immobilière, en mutualisant les risques dans le monde entier à travers les subprimes. De la belle ouvrage ! Car, comme d'habitude, ce sont les Etats qui sont appelés au secours. En attendant, des millions d'Américains et d'Européens se retrouvent avec des logements qu'ils ont surpayés en se surendettant.
Et voilà maintenant que nos financiers vont gagner beaucoup d'argent en spéculant sur le pétrole et les produits alimentaires de base. Ce n'est pas de leur faute, nous disent-ils. C'est celle des Chinois, des Indiens, des écologistes avec l'éthanol… Bref, d'une demande qui explose. Sauf que c'est bien la spéculation des marchés qui, depuis quelques mois, fait s'envoler les courbes. Au risque, cette fois, d'affamer une partie de la planète. Oui, il serait temps de réguler cette finance. Sinon, ce sera la Chine qui s'en chargera, un jour ou l'autre. Et il n'est pas sûr que l'on gagne au change.

Retrouvez d'autres chroniques et informations sur le site de La Lettre A.


Jean-Michel Quatrepoint
par Mecchano
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Samedi 19 avril 2008

Lutte contre la fraude :

le gouvernement se trompe de priorité

  Par  Philippe Frémeaux, 18 avril 2008, Alternatives Economiques

www.alternatives-economiques.fr

 

Eric Woerth, le ministre du Budget, a annoncé mercredi 16 avril, la création d'une Délégation nationale de lutte contre la fraude. On serait tenté de saluer ce témoignage de la volonté des pouvoirs publics de lutter contre la fraude si les mesures annoncées hier par le ministre ne se concentraient pas sur la chasse aux fraudeurs aux prestations sociales, notamment via le croisement de différents fichiers et de nouveaux dispositifs d'évaluation de la situation des personnes. Certes, dans un pays où les sommes distribuées par les régimes de protection sociale pèsent plus de 25 % du pib, le fait que certains individus touchent indument des prestations auquel ils n'ont pas droit peut miner la légitimité du système. Mais, en insistant lourdement sur ces fraudes, le gouvernement contribue paradoxalement à renforcer le processus de déligitimation contre lequel il prétend lutter. Un soupçon que vient nourrir l'examen du poids respectif de la fraude sociale et fiscale.

Rappelons rapidement les enjeux. Selon les estimations du Conseil des prélèvements obligatoires, le montant de la fraude fiscale et sociale tourne, en France, entre 28 et 40 milliards d'euros, soit 1,7 % ou 2,3 % du Pib. Le Syndicat national unifié des impôts (Snui) l'évalue pour sa part à 50 milliards d'euros. Mais peu importe les chiffres - par définition, on ne peut chiffrer avec exactitude les comportements délictueux -, on constate à ces évaluations que le montant de la fraude équivaut peu ou prou au déficit du budget de l'Etat !

Or, la fraude aux prestations sociales ne contribue que pour une part négligeable à ce total. Ainsi, la Caisse nationale d'assurance-maladie n'a constaté, en dépit de la montée des moyens croissants mis en oeuvre pour lutter contre la fraude, que 116 millions d'euros de fraude en 2007. La Caisse nationale d'allocations familiales (CNAF) en est restée à 35 millions en 2006. Quant à l'Unedic, la caisse d'assurance-chômage, elle évalue à 140 millions d'euros les sommes perçues par des chômeurs faussement déclarés. Au total, moins de 300 millions d'euros. En admettant même, que ces organismes n'identifient qu'une part limitée de la fraude et que celle-ci s'élève à deux fois, voire trois les montants détectés, on n'atteindrait pas le milliard d'euros. Un montant à rapporter aux 500 milliards d'euros redistribués chaque année par l'ensemble des régimes sociaux.

Alors ? Alors l'essentiel de la fraude est liée à la fiscalité. Des ménages pour une petite part, et surtout des entreprises, qui déploient parfois une grande intelligence pour éviter de payer la TVA ou minimiser au-delà de ce que les règles légales autorisent, leur impôt sur les bénéficies des sociétés. Or, dans ce domaine, le discours politique est précisément inverse de celui qui prévaut en matière sociale. La priorité affirmée est d'alléger la fiscalité assise sur les entreprises. Est-ce à dire que le gouvernement ne fait rien pour lutter contre la fraude fiscale ? Non, et différentes mesures sont en cours de discussion avec nos partenaires européens, notamment pour lutter contre les escroqueries à la TVA. Mais on aimerait que les priorités soient mieux définies et les enjeux mieux hiérarchisés. Sinon, la lutte contre la fraude risque d'être perçue comme un nouvelle forme de chasse aux pauvres. La volonté gouvernementale de lutter contre la fraude sociale serait enfin mieux perçue si elle s'accompagnait d'un effort équivalent pour réduire le non-recours, c'est-à-dire la non-perception par de nombreuses personnes des prestations auxquelles elles ont pourtant droit au vu de leur situation.

On estime ainsi que près d'un tiers des personnes qui devraient toucher le RMI n'en bénéficient pas, par défaut d'information, parce qu'ils ont renoncé à le demander face à la complexité de la procédure, ou par crainte d'être stigmatisé en tant qu'»assisté ».

 

Philippe Frémeaux
par Mecchano
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Samedi 19 avril 2008
Haïti, le ventre des pauvres sous contrôle des ploutocrates.



Par LOTY MALEBRANCHE Camille, 19 avril 2008, Le Grand Soir
www.legrandsoir.info
 
Au moment où les émeutes de la faim font rage, il est un aspect essentiel que le cas d’Haïti révèle à tous : la volonté du nord ploutocratique à contrôler le ventre des pauvres du Sud. En Haïti, le dumping des denrées étasuniennes subventionnées par l’État étasunien pour détruire la production locale sans subvention ni moyens, a fini par avoir raison de l’alimentation produite sur place.

 

Victime de cette concurrence déloyale éliminatrice des agriculteurs pauvres, la république haïtienne est peu à peu devenue une sorte de cloaque des produits agricoles, avicoles et piscicoles de bas étages des Etats-Unis. À un pays qui mangeait opulemment sa viande saine, ses vivres, ses fruits (bananes, oranges, corossols, melons, papayes, ananas, cachimans) et ses céréales naturelles et en exportait, on a fini par imposer les poulets aux hormones, toutes sortes d’abats d’oiseaux, des rebuts de poissons méphitiques des piscines de Miami, poissons déjà de carne que les repus malades des Usa refusent sur leur table elle-même si peu hygiénique. Il faut aussi dire ici que le homard, la langouste et le poisson haïtiens sont pêchés en haute mer par des chalutiers étasuniens qui n’en laissent que les petits aux haïtiens qui ne disposent guère de technique de pêche pouvant rivaliser avec les étasuniens violant les eaux territoriales haïtiennes en toute aisance.

Bref survol historique d’une marche au supplice.

En 1971, Bébé Doc n’a été - à la mort de son père, le cannibale François Duvalier - accepté et investi président haïtien par le département d’État étasunien, que pour initier ce genre de changements alimentaires susdits au pays, avec l’intervention du Fmi et de la Banque mondiale avec ses organismes régionaux. On s’est mis à remplacer par un cheptel porcin rose venu des Etats-Unis, le cheptel porcin noir d’Haïti tué par un certain organisme spécialisé en l’enraiement de la peste porcine africaine soi disant imminente en Haïti. Ledit organisme d’élimination des porcs haïtiens, nommé Peppadep, opérait sous l’instigation étasunienne via la banque interaméricaine de développement et avec l’appui complice d’autres pays continentaux tels le Canada, ce bon larbin en toutes basses œuvres des étasuniens, qui a fait pression sur le gouvernement haïtien selon le fallacieux prétexte de prévention de ladite peste porcine d’ailleurs jamais vérifiée au pays selon les paysans éleveurs ! C’est à croire que David Cooper avait raison de traiter de « porchumain » le bourgeois du nord, lequel bourgeois, dans cette occurrence particulière, a bel et bien évincé la race proprement porcine, sa rivale ! On a également tué la volaille haïtienne par une armée de mangoustes répandues en Haïti, encore une fois par les Usa pour combattre une prétendue dangereuse infestation ophidienne du pays ! Il faut dire qu’en Haïti, pays à forte majorité paysanne et à tradition vaudoue où l’attachement familial à la terre excède le profane pour s’ancrer dans une mystique que les paysans désignent sous le nom créole de « bitasyon », c’est-à-dire (habitation), sorte de microfundi logeant les plantations et les planteurs qui les considèrent comme domaine des esprits et des ancêtres parmi les vivants où ces planteurs paysans menaient leur dure existence besogneuse sans encadrement de l’État moloch haïtien, nourrissant alors le pays, fournissant des produits d’exportation tout en entretenant un lopin de polyculture de subsistance. La politique de Wilson de transformer les terres haïtiennes en domaines étasuniens pour les latifundi exclusivement voués à la canne à sucre et à d’autres produits d’exportation à la solde de la Banana Fruit, avait échoué même au plus fort de la première Occupation yankee du pays allant de 1915 à 1934.

La résistance paysanne, malgré les mitrailleuses et les massacres, avait empêché l’application de la politique économique de la puissance continentale qui l’avait réussi dans bien d’autres pays du continent. Alors, comme par revanche, après la mort de papa doc (François Duvalier) l’immonde et rétrograde criminel contre l’humanité néanmoins quand même nationaliste sur certains points, notamment au sujet de l’autarcie alimentaire du pays, les étasuniens ont donc sauté sur l’occasion, acceptant et adoubant à la tête d’Haïti, Jean-Claude Duvalier - fils et dauphin de François, jeune ignare de 19 ans - qui ne connaissait alors que le tir, le volant et le sexe. Ainsi, le département d’État étasunien avait, à la tête de l’État haïtien, son instrument de destruction de l’autarcie alimentaire du pays. Question de réaliser enfin le rêve étasunien de détruire quoique par un crime économique sans précédent, cette autarcie alimentaire haïtienne, ravageant triomphalistement le bastion d’autonomie voire de rébellion résistante d’un petit pays à tradition révolutionnaire qui avait mis Napoléon avec son expédition de plus de 40.000 de ses meilleurs hommes de troupe en déroute en 1803 et renvoyé bredouilles, au sujet de la transformation agraire préconisée par Wilson, des dizaines de milliers d’étasuniens pillards ayant mis à sac comme dans un western la banque nationale d’Haïti, avant la désoccupation et le départ des yankees en 1934. L’on sait par ailleurs que les présidents étasuniens Jefferson au 19ème siècle et F.D.Roosevelt au 20ème siècle ne cachaient pas leur haine pour « cette peste indépendantiste et antiesclavagiste de nègres qui ont pris leur indépendance par les armes » (1) ! La fierté des masses haïtiennes de toujours dire non aux prédateurs colonialistes, racistes, négrophobes et affameurs de la planète avait enfin été rayée du paysage, touchant le fond de l’abysse par les assauts d’un commerce déréglementé par les Etats-Unis infligeant un supplice impitoyablement orchestré contre Haïti.

Fin de l’histoire et victoire criminelle et affameuse du dumping.

L’imposture criminelle diabolique du dumping s’est allègrement poursuivie à la chute de Jean-Claude renversé à la suite de soulèvements populaires en février 1986. Le Cng (conseil national de gouvernement) qui succéda à Jean-Claude, ouvrit le pays aux produits peu couteux des Etats-Unis - parce que subventionnés par l’État étasunien - désormais vainqueurs dans leur politique de destruction de la production agricole haïtienne. Les États-Unis purent donc poursuivre leur abomination raciste et antihaïtienne avec la bénédiction de la politique-alibi du Cng prétendant combattre sans nuance et de cette manière expéditive, la cherté de la vie. Ainsi, le riz, le pois, la farine, le lait en conserve et bien d’autres produits comme des pieds de poulets made in Usa ont bombardé les marchés publics haïtiens à des prix providentiels pour les acheteurs à faible revenu, mais enclenchaient le désastre d’aujourd’hui sans que les gouvernants haïtiens, hommes de mains des étasuniens, crient gare ou intervinssent d’une quelconque façon !

Avec la fin des années 90, le néolibéralisme et ses menus fretins dits économistes que je ne citerai pas pour ne pas leur faire de la publicité, on entendit sur les ondes de certaines radios haïtiennes comme un évangile du salut économique par la libéralisation du marché pour libérer le peuple haïtien de la misère. Ces piètres émules tropicaux d’Alain Mink, lui-même répugnant, ont convaincu les classes moyennes et petits-bourgeois que les Etats-Unis veulent du bien au pays et qu’il fallait faire pression sur le pouvoir pour qu’Haïti s’ouvre encore plus à un dumping qui se préparait déjà à se convertir en prix exorbitants une fois la mise à mort de l’agriculture et de l’élevage haïtien totalement réussie et définitive... L’Usaid, l’usis, l’Iri, le Food for care… tous organismes étasuniens en Haïti nourrissaient et nourrissent ces sortes de mufles économistes pour mystifier intellectuellement des imbéciles des classes moyennes scolarisées, certains secteurs désinformés des masses et mythifier ce qui est en fait un mécanisme simplet de destruction d’un pays par l’escroquerie de la concurrence déloyale du plus riche pays du monde. Avec leur lugubre succès contre Haïti, non seulement les étasuniens se débarrassent de leur salissure de produits sans valeur, vendent leurs saletés rédhibitoires à prix inabordables aux haïtiens ; mais, ce qui est du terrorisme exterminateur, ils ont aujourd’hui la clef du ventre des haïtiens, le terrifiant pouvoir de créer des famines factices pour détruire tout gouvernement ou mouvement patriote voulant changer de politique pour transformer le faciès patibulaire de ce pays valétudinaire et martyrisé !

La nouvelle terreur du monde est donc la faim comme arme de destruction massive des peuples entre les mains de quelques transnationales et d’états du nord qui leur garantit leur règne de jungle où la vie des peuples du sud et des petits états de la périphérie, n’est rien qu’une marche létale au supplice planifié.

(1) Propos de Jefferson repris en d’autres mots par Roosevelt sur l’indépendance haïtienne.

Né en Haïti, Camille Loty Malebranche a enseigné la philosophie en terminale dans plusieurs écoles dont le Collège Gérard Gourgue. Il a etudié la philosophie à titre personnel. Il a publié plus d’une cinquantaine d’articles dans les quotidiens haitiens Le Nouvelliste, Le Matin, L’hebdomadaire Haiti en Marche.

par Mecchano
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Samedi 19 avril 2008

Coca-Cola serait-il bon pour la santé ? (1)

CONFLIT D’INTÉRETS / samedi 19 avril par William Reymon
www.bakchich.info
 

Le très sérieux institut de recherche CREDOC recommande curieusement, dans les habitudes de bonne consommation, de boire… des sodas. Au point de faire sponsoriser ses travaux par Coca-Cola qui, depuis bientôt cinq ans, se prétend spécialiste de l’hydratation pour faire oublier l’image du fabricant de boisson saturée en sucre.


« Les Français ne s’hydratent pas assez sous quelque forme que ce soit ». Ce refrain nutritionniste a été repris en choeur le 20 mars, dans le cadre du Medec, le congrès annuel de la médecine générale, à l’occasion de la « Présentation pour la 1ère fois des résultats de l’enquête CREDOC sur le comportement et la consommation de boissons en France ».

A priori, le CREDOC, c’est du sérieux. Créé il y a plus de cinquante ans, le Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC), directement placé sous la tutelle du ministre chargé de la consommation et du commerce, étudie depuis 1978 les modes de vie de la société française. Grâce à une constante subvention de l’État, le CREDOC a ainsi publié plus de 3 000 enquêtes qui, à en croire le vocable de sa propre présentation, constituent une « garantie de professionnalisme, (…), d’impartialité et d’indépendance de ses conclusions ».

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Avec et sans Coca
© Nardo

Message : ne buvez pas que de l’eau, aussi des sodas

Le CREDOC a donc délivré, le 20 mars, les résultats de sa dernière étude, faite « d’impartialité » et « d’indépendance », sur les carences de boissons des Français. Une carence, écrivait Le Point, aux effets tragiques : « Une mauvaise hydratation entraîne une baisse des performances physiques et intellectuelles, des maux de tête et des problèmes tels que des infections urinaires, des calculs rénaux ou de l’hypertension artérielle ».

Au-delà de cette observation, l’étude du CREDOC allait encore plus loin en avançant des conseils de consommation. Comme le résumait parfaitement le titre d’un article de Destination Santé repris en page d’accueil de Yahoo Actualités, le message aux Français se résumait d’un « Buvez, buvez de l’eau… mais pas seulement ».

Un point développé lors de la conférence de presse par le docteur France Bellisle, directrice de recherche à l’Institut national de la recherche agronomique (INRA) et spécialiste de la nutrition : « Variez vos boissons, il est plus facile d’atteindre la norme recommandée ». Si parmi les produits cités par Bellisle figurent les boissons lactées et chaudes telles que le thé ou le café, le plus étonnant reste la recommandation de boire des… sodas.

Ne plus diaboliser le sucre, tiens, tiens

Un point suffisamment mis en avant pour conclure un papier de France Soir publié au lendemain de la présentation du CREDOC : « Ainsi, contrairement à ce que l’on pourrait penser, les boissons rafraîchissantes sans alcool, en particulier les sodas, contribuent peu aux apports caloriques, et, toujours selon l’étude, il n’y aurait pas de corrélation entre ces boissons et la prise de poids. Encore un résultat qui en fera déculpabiliser plus d’un ».

Pour résumer, alors que la crise d’obésité devient chaque jour un peu plus un problème majeur de santé publique, des nutritionnistes, dans le cadre d’un rapport publié par un organisme vivant des deniers de l’État, recommandent la consommation de sodas et conseillent « aux parents de ne pas diaboliser le sucre, (…) réservons les boissons avec édulcorants aux enfants qui ont de vrais problèmes de poids » !

Une étude cofinancée par Coca-Cola

Ces étranges conclusions méritent quelques explications. Le premier indice – et il est de taille – figure dans le coupon-réponse de l’invitation à assister à la présentation de l’enquête du CREDOC ( encore consultable ici. La fameuse conférence de presse est ainsi présentée comme un événement conjoint entre le CREDOC, le Medec et… Coca-Cola France. Cette association est d’autant plus importante que ce sont les coordonnées de Florence Paris, directeur de la Communication Corporate de la branche française du géant d’Atlanta qui apparaissent sous la mention « contact presse ». Ainsi, un journaliste désireux de recevoir par courrier ou par email, le dossier de presse intitulé « Que boivent les Français ? » doit en faire la demande auprès des services de communication de Coca-Cola France. Une omniprésence qui explique peut-être pourquoi après les questions du genre « Les Français boivent-ils suffisamment ? (…) et Pourquoi l’hydratation est-elle importante pour la santé ? », la conférence du Credoc se proposait d’ouvrir un chapitre sur « Les boissons rafraîchissantes sans alcool : en pratique, hydratation et plaisir ».

Mélange des genres

Interrogée par Bakchich, Florence Paris a confirmé que « Coca-Cola France en 2007 a demandé au CREDOC les résultats spécifiques sur la consommation de boissons et en a financé l’exploitation, comme couramment pratiqué par le CREDOC ». Un usage qui favorise le mélange des genres et, in fine, brouille le message pour le consommateur, lequel ignore que les informations présentées comme venant d’un organisme public sont, en réalité, « sponsorisées » par un industriel.

Il faut d’ailleurs s’interroger sur le sens donné par Coca-Cola au terme « financement ». A en croire la représentante du groupe, Coca-Cola s’est borné à acheter une partie des résultats d’une enquête scientifique du CREDOC. Sollicitée par Bakchich, Pascale Hebel, la directrice du département consommation au CREDOC n’a pas donné suite à nos demandes de précision.

Coca-Cola a ajouté des questions et préparé la conférence

En fait, c’est France Bellisle, la nutritionniste et caution scientifique de la présentation, qui nous éclaire sur le rôle joué par Coca-Cola : « La société Coca-Cola n’a pas participé à l’acquisition, ni au traitement des données. Cependant, elle a ajouté des questions et suggéré d’étudier des aspects spécifiques de la prise de boisson, par exemple la consommation de boissons sucrées à différents âges de la vie ».

Mieux encore, Bellisle confirme avoir « travaillé ensemble avec Coca pour préparer la conférence. Plusieurs réunions de préparation ont été nécessaires. Il a fallu s’entendre sur la présentation des données et préparer des diapos susceptibles d’être comprises. Ce travail n’est pas différent qu’il y ait ou non contribution d’un partenaire industriel ».

De toute évidence, le rôle joué par le géant de la boisson à bulles, aux côtés de médecins et d’un organisme dépendant en partie de l’État, dépasse largement celui d’un simple financement. Il soulève une autre question : en orientant l’étude sur certains aspects scientifiques, Coca-Cola s’assure-t-il que le message délivré serve aux mieux ses objectifs commerciaux ?

Coca veut éviter l’image du fabricant d’obésité

En réalité, ce type d’étude colle à la stratégie mondiale adoptée par le géant américain. Ainsi, cela vous a peut-être échappé mais depuis bientôt cinq ans, Coca-Cola n’est plus un fabricant de boisson saturée en sucre mais un spécialiste de l’hydratation ! Ce positionnement est martelé dans chaque discours corporate (voir par exemple celui-ci en 2005), sur l’emballage de ses produits aux USA et sur internet, où désormais la marque explique comment éviter les problèmes de déshydratation en buvant ses produits (ainsi pour « découvrir plus de 80 moyens de s’hydrater », il faut cliquer sur hydration.thecoca-colacompany.com).

Ce position de la Compagnie correspond à deux tendances. D’abord l’appétit du consommateur pour les produits considérés « bons pour la santé » et surtout la volonté de la marque de ne pas être pointée du doigt lorsque l’on évoque la crise mondiale d’obésité. La cause de l’hydratation est donc un vertueux cache sexe, d’autant plus douteux que, comme le rappelle les chercheurs de l’université de Clemson, au-delà de son absence de valeur nutritionnelle, de sa teneur en sucre, le soda contient souvent de la caféine. Un diurétique entraînant via l’urine une perte de fluides et donc de la… déshydratation !

Que Coca-Cola souhaite que les Français ne boivent pas que de l’eau est forcément dans l’ordre des choses. Que le CREDOC serve de tremplin à ce genre de message ne l’est pas vraiment, même si l’organisme n’a jamais caché travailler « contractuellement pour des entreprises privées ».

Demain, la suite de cette enquête : des liens de Coca-Cola avec certains scientifiques. (www.bakchich.info)

par Mecchano
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Samedi 19 avril 2008
Quand le Figaro dicte les réponses de ses sondages

Par Bénedicte Charles, 18 avril 2008, Marianne2.fr

Quand le Figaro commande une enquête à Opinion Way sur les Français et les réformes, les questions sont tellement ouvertes que la réponse ne peut être que: le gouvernement a raison.



L'éducation, un poste trop coûteux selon les... questions d'Opinion Way. (Photo Sfar, flickr, cc)
L'éducation, un poste trop coûteux selon les... questions d'Opinion Way. (Photo Sfar, flickr, cc)


Vivent les réformes ! Au moment où il devient difficile d'ignorer le ras-le-bol des Français, Le Figaro publie, dans son édition du 18 avril, un sondage qui montre que nos concitoyens sont, au contraire, tout à fait d'accord avec la réforme de l'assurance-chômage ou encore les suppressions de postes dans l'Education nationale. Réalisée par Opinion way, le sondeur préféré du Figaro, de LCI et de l'UMP, l'enquête prétend ainsi montrer que 62% des Français sont partisans d'une «réforme plus contraignante de l'indemnisation du chômage». On comprend mieux pourquoi lorsqu'on lit la question posée : «Etes-vous favorable ou opposé à l'obligation pour un chômeur d'accepter un emploi, même moins bien rémunéré, après deux offres de l'ANPE en conformité avec sa formation, ses qualifications, son salaire, sa vie familiale, sous peine de perdre son allocation chômage?». En d'autres termes : «Etes-vous d'accord pour qu'on prive d'Assedic les gros paresseux à qui on propose un super job et qui préfèrent rester chez eux à se la couler douce en touchant leurs allocs?». Difficile de répondre «non», surtout lorsqu'on est de droite - population sur-représentée dans les échantillons d'Opinon way, de l'aveu même du sondeur. Dans ces conditions, il est même très étonnant qu'il se trouve encore 38% de personnes qui préfèrent qu'on maintienne les droits aux Assedic de ces tire-au-flancs!

78% des Français ne veulent pas qu'on dilapide leur argent !

Toujours dans la même veine, le Figaro fanfaronne : «Pour plus de trois Français sur quatre (78%, NdA), le problème de l'école n'est pas une question de moyens». Et d'en conclure que les lycéens ont beau descendre dans la rue, ils ont «peu de chances de sensibiliser l'opinion à un message qu'elle ne partage pas». De quoi encourager le gouvernement, pour Le Figaro. Mais là encore, la question posée dicte la réponse : «Améliorer la qualité du système scolaire n'est pas principalement une question de moyens financiers mais nécessite plutôt des réformes de structure». Vous connaissez beaucoup de gens, vous, qui répondraient «Ah ben moi je préfère qu'on dilapide l'argent du contribuable, qu'on inonde l'Education nationale de gros sous, mais surtout qu'on ne touche à rien»? Opinion Way en a tout de même trouvé 21%.

Hollande, meilleur opposant de Sarkozy...
Enfin, la dernière question du sondage portait sur l'opposition. «Au cours du mois dernier, demandait le Figaro, laquelle des personnalités suivantes a été le meilleur opposant à Nicolas Sarkozy?». Les personnalités en question semblent avoir été choisies par Sarkozy lui-même : François Hollande, Bertrand Delanoë, Ségolène Royal, François Bayrou. Il ne manque plus qu'Olivier Besancenot pour que soit complète la liste des opposants-au-président voulue par Sarkozy, qui choisit ses contradicteurs avec le même sens politique aigu qu'il sélectionne ses intervieweurs. Et en plus, c'est Flamby (soit Hollande) qui gagne le concours du meilleur opposant !
Bref, Le Figaro semble avoir tiré au moins un enseignement de ses pages «religion» : les voies de l'opinion (c'est la signification d'opinion way) sont impénétrables. Mais elles, on peut les tracer soi-même.
par Mecchano
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Jeudi 17 avril 2008

Des journalistes mentent aussi sur Internet


Par Le Plan B, n°12 février-mars 2008   www.leplanb.org


Rue89, Mediapart, Nonfiction : les sites d’information en ligne fascinent les journalistes. Ils nous préparent une avalanche de faux scoops et de vraies connivences.


Fondateur du site Mediapart, qu’il destine à la « création d’une information contributive, d’excellence, de qualité, comme un club » (BFM, 4.12.07), Edwy Plenel eut l’occasion de mettre en œuvre sa conception du journalisme au cours d’un règne de dix ans à la tête de la rédaction du Monde : ce fut une procession de couvertures racoleuses et de faux scoops. Directeur adjoint de la rédaction de Libération en 2006, Pierre Haski usa de sa liberté pour propager de fausses rumeurs sur l’antisémitisme (imaginaire) du président vénézuélien Hugo Chávez (Libération, 9 et 20.1.06) avant de créer avec son collègue Pascal Riché le site Rue89. Par quel miracle l’un et l’autre réussiraient-ils à produire sur Internet ce qu’ils ne parvenaient pas à coucher sur papier journal : une information fiable et indépendante ?


Caresses publicitaires

Réponse : par la magie du copinage. Disposer d’une carte de presse et d’une longue liste de services rendus suffit à garantir au créateur d’un blog anorexique une promotion médiatique digne de BHL. « Nous nous sommes lancés le 1er octobre et notre dossier de presse a déjà fière allure », brame Frédéric Martel (Stratégies, 24.1.08). Signataire de la pétition en faveur du plan Juppé en 1995, ce godelureau mondain dirige Nonfiction, un site qui encense les livres balladuriens et réfléchit au meilleur moyen de faire parler de lui-même. Même Bakchich.info, héritier d’une presse alternative à la tonalité plus critique, vogue sur le flot d’articles louangeurs consacrés aux « mutants du Net » au motif qu’un ancien journaliste du Canard enchaîné, Nicolas Beau, anime une équipe renforcée d’anciens du Point (Vincent Nouzille et Laurent Léger) et du Monde (Philippe Labarde). Parce qu’ils sont issus de journaux installés, « leur information est respectée par les autres médias, elle est donc abondamment reprise », note Le Nouvel Économiste (10.1.08.) Le paradoxe est savoureux : ces sites d’informations doivent leur notoriété à une presse qu’ils entendent « révolutionner » tant elle serait nulle…
Tous le savent : la « révolution » passe par la case euros. Pour les accumuler, Rue89 cherche l’investisseur qui le rachètera et amadoue les publicitaires : « La Rue est à vendre », implore une vignette sur la page d’accueil du site. Pierre-Louis Rozynès, ex-rédacteur en chef ultra-connivent du magazine professionnel Livres hebdo, a fondé Desourcesure : « Le site espère monétiser son audience (400 000 visiteurs uniques en décembre) auprès des annonceurs à partir de 2008 » (Les Échos, 4-5.1.08). Bakchich a débusqué un mécène belge. Plenel a investi une fraction (550 000 euros) de ses plantureuses indemnités de licenciement et convaincu trois industriels de lui donner de l’or (Presse News, 3.1.08). Il compte boucler un budget de 4 millions d’euros grâce aux dispositions du paquet fiscal de Sarkozy, qui pourraient galvaniser les donateurs assujettis à l’ISF (lire Le Plan B n° 11, décembre 2007).


La valeur de l’indépendance
« On est des chercheurs de scoops », explique Riché. Et quels scoops ! Pour Noël, Rue89 offre l’analyse baroque de « l’érotique du pouvoir selon Sarkozy » par Philippe Corcuff. Lequel disserte sur la « belle phénoménologie de la caresse » du philosophe Lévinas, « plus proche de Cécilia que de Nicolas », tandis que l’écrivaine Yasmina Reza serait à coup sûr une « midinette heideggérienne » (Rue89.com, 23.12.07). L’information tomba à plat. Pour qu’ils retentissent, les scoops doivent exciter la curiosité des confrères. En révélant que Cécilia Sarkozy n’avait pas voté au second tour de l’élection présidentielle en 2007, Rue89 ne visait pas le prix Albert-Londres mais une quantité maximale de « reprises ». Telle était aussi l’ambition d’Edwy Plenel lorsque son site Mediapart annonça que le gouvernement s’apprêtait à vendre les antennes locales de France 3 à la presse régionale (mediapart.fr, 25 et 27.1.08). Comme nombre d’enquêtes moustachues diligentées par Plenel, celle-ci fit l’objet d’un démenti « catégorique » de l’Élysée. Depuis, Edwy se dit persécuté par le monde entier.
L’équipe de Mediapart se compose de plénelophiles chassés du Monde (François Bonnet, Laurent Mauduit, Erich Inciyan), d’exilés de Libération (Gérard Desportes, Sophie Dufau, David Dufresne), de débris de L’Équipe, de France soir, de 20 Minutes. Sans compter deux personnages de bande dessinée exfiltrés de l’hebdomadaire bobo Les Inrockuptibles, Jade Lindgaard et Sylvain Bourmeau (Laisse d’or de PLPL), chargés de mettre en musique les « logiques de niche, des logiques d’exigence, des logiques d’excellence, de services ajoutés, des logiques de club » exigées par leur nouveau patron (BFM, 4.12.07).
L’étonnant, avec Plenel, est qu’aucun de ses amis ne l’ait supplié, même à genoux, de renoncer au journalisme. Depuis son éviction du Monde, journal qu’il livra aux crocs de Lagardère et de Maurice Lévy, Edwy gémit sur les maux dont il a vénéré les causes. Il a édifié un groupe de presse avec les amis de Sarkozy ? Il dénonce « l’anormale situation de dépendance, économique et politique, de nos médias envers une oligarchie financière imbriquée à l’actuel pouvoir présidentiel » (message à Rue89, 14.12.07). « L’indépendance a de la valeur » (BFM, 4.12.07), pétarade le journaliste qui a relayé nombre de fax policiers. Mais, à peine la création du site Internet annoncée, Ségolène Royal demande par écrit à tous les adhérents de son club, Désirs d’avenir, de soutenir Mediapart « en [s’]abonnant. Merci de ce geste militant qui s’inscrit dans la logique de la démocratie participative. Ségolène .»
En matière d’indépendance, on pouvait imaginer meilleur départ. Comme l’un des fondateurs de Mediapart fut responsable de la campagne Internet de Royal, Edwy n’a qu’une idée : gratter le soutien de personnalités d’horizons divers. Bayrou, Goulard, mais aussi Besancenot et Bové ont obtempéré à la sommation, chacun expliquant dans une séquence vidéo « Pourquoi je soutiens ». Le témoignage de la psychanalyste Lydia Flem, fervente de Mediapart, a ému Le Plan B : « Alors voilà, moi je pense que c’est important d’être contemporain de son époque. La presse papier pose beaucoup de problèmes aujourd’hui, aussi parce qu’elle n’est pas sur un écran. »
par Mecchano
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Mardi 15 avril 2008

Le crime organisé ronge
le gouvernement bulgare



Par Laure Mandeville
(avec AFP)
08/04/2008      Lefigaro.fr
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Le premier ministre bulgare, Sergueï Stanichev, entend restructurer le ministère de l'Intérieur, ébranlé par plusieurs affaires de corruption.
Le premier ministre bulgare, Sergueï Stanichev, entend restructurer le ministère de l'Intérieur, ébranlé par plusieurs affaires de corruption. Crédits photo : ASSOCIATED PRESS

Sofia est sous le choc après l'assassinat de deux personnalités en vue du pays. Bruxelles aussi.

Il y a décidément beaucoup de sang, de soufre et de mystères dans la politique bulgare. Depuis deux jours, ce pays des Balkans, entré il y a à peine un an dans l'Union européenne, est sous le choc de l'assassinat coup sur coup, en moins de 24 heures, de deux personnalités en vue de l'élite du pays. La première victime, Boris Georgiev, abattu dimanche, était directeur général de la compagnie énergétique Atomenergoremont. La deuxième, Georgi Stoev, assassiné lundi, était un chroniqueur de renom, spécialisé dans l'étude des mafias bulgares. Lors de sa dernière intervention publique sur la chaîne de télévision BTV, le 29 mars, il avait demandé la protection des autorités pour témoigner contre l'emprise de la pieuvre mafieuse sur l'État. Stoev affirmait que la protection du milieu par de hauts responsables politiques, situés notamment au ministère de l'Intérieur, ne faisait «pas l'ombre d'un doute».

Mardi, la Commission européenne a réagi à ces assassinats en appelant Sofia à «agir d'urgence» pour assainir les hautes sphères de l'État. Depuis l'intégration de la Bulgarie dans l'UE, Bruxelles n'a eu de cesse de critiquer l'importance de la corruption et du crime organisé dans cet ancien pays communiste, où des dizaines d'hommes d'affaires, de responsables mafieux et de délinquants ont été tués par balles ces dernières années.

Il s'agit en réalité d'un problème systémique commun à tous les anciens pays communistes, où l'imbrication étroite de la politique, de l'argent et des structures de sécurité existe depuis des décennies. Mais pour des raisons mal élucidées, ces relations adultères sont particulièrement voyantes en Bulgarie.

Motion de censure

L'opposition de droite exige pour sa part aujourd'hui la démission du gouvernement de coalition de centre gauche du premier ministre socialiste, Sergueï Stanichev, et doit soumettre au Parlement une motion de censure contre «la collusion entre le crime organisé et les dirigeants du ministère de l'Intérieur». Le gouvernement bulgare a répondu mardi qu'il entendait renforcer sa lutte contre la criminalité organisée, et notamment restructurer le ministère de l'Intérieur, ébranlé ces derniers temps par plusieurs affaires de corruption. Le ministre de l'Intérieur, Roumen Petkov, fragilisé par plusieurs scandales ayant abouti à l'inculpation de plusieurs hauts responsables de son ministère, doit par ailleurs rendre aujourd'hui un rapport destiné à faire la lumière sur ces graves dysfonctionnements.

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par Mecchano
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