Samedi 26 avril 2008

Le paludisme tue un enfant toutes les trente secondes en Afrique



Par Mélanie Duwat, Le Monde, 25 avril 2008, www.lemonde.fr



Les cent quatre-vingt-douze pays membres de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ont choisi en mai 2007 la date du 25 avril 2008 pour célébrer la première journée mondiale de lutte contre le paludisme.

Maladie infectieuse la plus meurtrière après le sida, la malaria – nom anglais du paludisme – est transmise par le sang via une piqûre de moustique. Elle sévit surtout dans les zones tropicales et touche en priorité les femmes enceintes et les enfants. Il existe quatre espèces de parasites provoquant des symptômes variables en durée et intensité. Forte fièvre pouvant s'accompagner de maux de tête, douleurs musculaires, vomissements, diarrhées, toux, le paludisme a pour particularité de fonctionner par cycles typiques de forte fièvre coïncidant avec la multiplication des parasites et l'éclatement des globules rouges, qui conduit à l'anémie.

UN FREIN IMPORTANT AU DÉVELOPPEMENT

Il constitue un problème majeur de santé publique dans plus de quatre-vingt-dix pays, où il ralentit la productivité et enferme durablement les communautés dans la pauvreté. La Banque mondiale a estimé que les pertes de PIB imputables à cette maladie en Afrique sub-saharienne s'élèvent à 12 milliards de dollars par an. Soit un manque à gagner quatre fois supérieur à la somme nécessaire pour lutter efficacement contre le fléau à un niveau mondial. Dans la même région, le paludisme est la cause de 60 % de l'absentéisme scolaire.

S'il existe des traitements qui ont fait leurs preuves, ce sont surtout les actions préventives de distribution de moustiquaires traitées aux insecticides et la prise de médicaments antipaludiques en amont qui ont permis de diviser par cent le nombre de cas de paludisme au Vietnam entre 1992 et 2006. Mais dans les régions endémiques d'Afrique sub-saharienne, les parasites les plus dangereux ont développé une résistance à la choloroquine, le traitement le plus généralement utilisé. Et les nouveaux traitements combinés à base d'artémisinine présentent des coûts dix à vingt fois plus élevés. "On a procédé à des distributions systématiques sans en mesurer l'impact et prévenir le développement d'une inévitable résistance", déplore le docteur Pierre Druilhe, directeur de l'unité de parasitologie biomédicale de l'Institut Pasteur de Paris.

LA RECHERCHE D'UN VACCIN, ENTRE PROGRÈS ET FAUSSES PISTES

S'il se réjouit d'un regain de mobilisation autour de la question, le chercheur constate un manque de concertation dans les recherches de vaccin. "Les agences internationales financent des projets de recherche redondants, privilégiant une approche où les molécules sont 'choisies' par le système immunitaire des souris, ce qui est, selon moi, une fausse piste. En ce moment quarante à cinquante essais cliniques sont menés sur des molécules qui ont déjà démontré leur inefficacité", explique-t-il.

L'équipe du docteur Druilhe a choisi d'étudier les mécanismes de défense immunitaire chez les populations exposées au paludisme. Une molécule cible ainsi identifiée a présenté des résultats encourageants à l'issue d'une première phase de tests d'inocuité en 2000. Et une prochaine série d'essais d'efficacité sur des enfants africains indiquera si un vaccin peut être développé d'ici 2012.

Mais, en attendant un éventuel vaccin dont les premiers bénéficiaires seront les voyageurs des pays du Nord, "la population qui intéresse en priorité les laboratoires" selon le docteur Druilhe, le programme mondial de lutte contre le paludisme a besoin de 2 milliards de dollars supplémentaires pour lutter efficacement contre la maladie sur le terrain.



par Mecchano
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Vendredi 25 avril 2008

Le placenta humain est un héritage reptilien


Par Jean Etienne, Futura-Sciences
25 avril 2008


Les scientifiques ignoraient jusqu’à présent l’origine évolutionnaire du placenta humain. Une équipe de recherche conduite par Julie Baker, une biologiste moléculaire de la Stanford University (Californie) vient d’en percer quelques secrets.

 

Le placenta humain ne se rencontre sous cette forme aussi complexe que chez les mammifères placentaires, appelés aussi mammifères euthériens, et il est constitué de l’embryon et de la muqueuse utérine de la mère. Un de ses rôles les plus fondamentaux est de permettre l’échange des substances contenues dans le sang de la mère et celui du fœtus, apportés par des canaux différents, sans jamais les mettre en contact direct, et ainsi apporter à l’embryon nutriments et dioxygène tout en évacuant les déchets (dioxyde de carbone, urée…).

Ces substances traversent la membrane dite hémato-placentaire, qui constitue une barrière efficace contre certains pathogènes. Par contre, les drogues, l’alcool, mais aussi les virus et certains parasites peuvent passer d’un organisme à l’autre et provoquer, dans certains cas, des malformations (retard de développement, retard mental, anomalies physiques).

Le placenta étant aussi présent, mais sous d’autres formes, chez d’autres animaux supérieurs (marsupiaux, requins), et même végétaux, il était évident que l’on pouvait remonter à une origine commune. Cependant, assez curieusement, personne n’avait aucune idée quant à ses origines évolutionnaires, et c’est cette lacune que Julie Baker s’est attelée à combler. « J’étais enceinte de ma première fille, et je voulais vraiment en savoir plus à son sujet », déclare-t-elle.


                                                                                                             Julie Baker. Crédit : Université Stanford (Californie)

Pour cela, elle a entrepris de déterminer quels gènes en particulier sont actifs dans les cellules placentaires tout au long de la grossesse. L’équipe a découvert que le placenta se développe en deux étapes distinctes. Durant la première période, qui s’étend approximativement du début de la grossesse jusqu’à environ la moitié du développement du fœtus, on remarque que les cellules activent principalement les gènes qui existent en commun entre l’homme et les reptiles ou les oiseaux.

Un perfectionnement « inventé » par les reptiles

Cette constatation suggère fortement que le placenta a commencé à évoluer lorsque les premiers mammifères ont trouvé de nouvelles fonctions à des gènes hérités des ancêtres reptiliens, d’où sont aussi issus les oiseaux. Par exemple, l’œuf actuel de leurs descendants, constitué de matière poreuse, comporte à l’intérieur une membrane qui laisse pénétrer l’oxygène de l’air afin de pouvoir être absorbé par l’embryon. Le placenta tel que nous le connaissons pourrait avoir évolué de tissus semblables, avant d’atteindre le niveau de complexité que nous lui connaissons.

La seconde étape est marquée par un changement génétiquement important, particulier à chaque espèce, alimentant des milliers de gènes qui n’avaient précédemment pas été activés. Ainsi par exemple, les rongeurs déclencheront des gènes spécifiques aux rongeurs, les singes déclencheront des gènes spécifiques aux singes. Chaque espèce utilisera ainsi l’ensemble de gènes dont il a besoin, explique Baker.

« Une orque enceinte a des besoins différents qu’une souris, et ces animaux ont ainsi dû fournir différentes solutions hormonales pour résoudre leurs problèmes », précise la chercheuse, qui insiste sur le besoin de placentas parfois très différents. Le placenta d’une éléphante doit ainsi nourrir un fœtus généralement unique pendant 660 jours, alors que celui d’une souris femelle entretiendra une progéniture d’une douzaine d’embryons durant 20 jours.

Encore beaucoup d’interrogations

 

Mais beaucoup de choses restent à apprendre. Le placenta des mammifères est issu d’un groupe de cellules dites trophoblastes, que l’on ne retrouve chez aucun autre genre animal, ni même chez les mammifères ovipares. L’origine de ce groupe de cellules reste un mystère, et c’est actuellement un des buts de recherches de l’équipe de Julie Baker.

Une meilleure connaissance du placenta et de son fonctionnement pourrait aider à mieux comprendre certains troubles de grossesse dans lesquels il pourrait être impliqué. On suspecte aussi cet organe d’être à l’origine de certaines naissances prématurées.

Cette recherche fait l’objet d’une publication dans la livraison du 7 avril 2008 du journal Genome Research, sous le titre « Genomic evolution of the placenta using co-option and duplication and divergence ».

Placenta humain. Crédit : Flickr (auteur Inferis) domaine public.
                                     Placenta humain. Crédit : Flickr (auteur Inferis) domaine public.
par Mecchano
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Vendredi 25 avril 2008
Jeudi Investigation : Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info

Réponse de l’association ReOpen911 à un reportage diffusé par Canal+



 Dans Le Grand Soir, 25 avril 2008, www.legrandsoir.info


Les coulisses de ce reportage (point de vue de ReOpen911) .

 En juillet dernier, l’association ReOpen911 est contactée par un journaliste de l’agence TAC qui produit des reportages pour la télévision. Deux membres de notre association le rencontrent pendant 2 heures. Ce journaliste, Stéphane Malterre, précise qu’il travaille pour Jeudi Investigation (Canal+) sur un sujet traitant des médias alternatifs, en particulier sur Internet. Il précise qu’il souhaite également comprendre pourquoi les médias traditionnels connaissent une baisse certaine de leur audience. Notre association, créée autour du site Internet du même nom, accueille très favorablement cette initiative, d’autant plus que nous apprécions en général la qualité des reportages proposés dans l’émission Jeudi Investigation.

Honnêtement ou naïvement, nous percevons cette rencontre comme une opportunité de pouvoir présenter sérieusement, non seulement notre travail, mais aussi les interrogations que nous mettons en avant à propos du 11 Septembre.

Tout l’été, nous restons en contact avec Stéphane Malterre à qui nous donnons régulièrement des informations sur notre programme de rentrée et sur ce que l’on appelle aujourd’hui le « 9/11 Truth Movement », mouvement citoyen initié par les familles des victimes et appelant à la mise en place d’une commission d’enquête internationale et indépendante sur le 11 Septembre. Mr Malterre nous dit vouloir interviewer des personnes importantes nous lui mentionnons les familles de victimes et des journalistes comme Paul Thomson. Il semble vouloir aborder le sujet de manière complète.

Début septembre 2007, à son retour des Etats-Unis, Stéphane Malterre couvre avec son équipe la visite en France de M. David Ray Griffin. À plusieurs reprises, M. Griffin et nous-mêmes répondons aux questions de Stéphane Malterre, qui, à notre grande surprise, loin de l’ouverture affichée lors de nos premiers contacts, reste très vague quant au contenu réel de son reportage et ne nous dit pas clairement ce qu’il pense des livres, des films et des documents que nous lui avions remis, et que l’on peut trouver sur notre site.

Nous commençons alors à avoir des doutes sur ses intentions réelles et essayons de le contacter à plusieurs reprises. Il ne répond pas et semble même nous éviter. Finalement, c’est par la presse que nous prendrons connaissance de la diffusion de ce reportage et surtout de son véritable contenu.

Le reportage et ses contre-vérités

- Loose Change 2 :

Le reportage de Stéphane Malterre ne s’intéresse qu’à la deuxième version de ce film qui date de début 2006. Cette version, réalisée avec des moyens extrêmement réduits, a été critiquée par le mouvement pour des approximations (voire des erreurs) sur quelques points. Même son réalisateur, Dylan Avery, en a convenu. C’est pourquoi une dernière version a été réalisée en 2007, de la manière la plus sérieuse et rigoureuse possible, en prenant en compte l’avancée des recherches sur le sujet et surtout les critiques légitimes qui avaient pu être émises à l’encontre des deux versions précédentes. Dans le reportage de C+, il est fait mention de LC2, alors que l’auteur, Dylan Avery, et David Ray Griffin, conseiller technique du nouveau film, parlent manifestement de la dernière version.

Plus grave encore à aucun moment le reporter tente de vérifier les informations importantes contenues dans ce documentaire.

- National Institute of Standard & Technologies (NIST)

Dans le reportage de C+, il est suggéré que le NIST a démontré de manière indiscutable, à travers le travail effectué avec de gros moyens par 300 experts, que l’écroulement des Tours Jumelles ainsi que celui du WTC7 (la 3e tour) est la conséquence des incendies. Malheureusement, la situation n’est pas aussi simple. Sans évoquer plus avant les incohérences de l’explication officielle de l’écroulement des Tours Jumelles, (le lecteur intéressé se reportera avec profit aux chapitres 3 et 4 du dernier livre de D.R. Griffin, 11 Septembre, La Faillite des médias) nous rappellerons que nous attendons toujours, depuis 2004, une explication du NIST sur le cas du WTC7. Cette étude est repoussée d’année en année. Pour mémoire, le Rapport de la Commission d’Enquête sur le 11/09 avait tout simplement oublié de mentionner ce 3e bâtiment…

- Antisémitisme

Pour rappel, le Mouvement pour la Vérité est un mouvement fondamentalement pacifiste qui prône la tolérance. Le Forum reste un lieu de discussions et d’échanges, ouvert à tous, ce qui implique le risque de messages postés par des gens qui veulent nuire à notre image. Pourtant, le reportage de C+ prétend démontrer que nous sommes de gentils rêveurs manipulés par de dangereux antisémites et négationnistes. Accusations totalement infondées, qui sont une variante relativement soft (et plus intelligente mais tout aussi perverse) des mêmes amalgames longtemps ressassés par les médias dominants (ou sur des forums divers et variés sur Internet). Ainsi, collecter des documents, traduire les meilleurs, réfléchir, questionner, informer nos concitoyens nous vaut régulièrement sarcasmes, railleries ou accusations à caractère diffamatoire d’antisémitisme, de négationnisme et (de moins en moins, il est vrai) d’anti-américanisme… Prenez connaissance de notre travail et jugez par vous-mêmes.

- David Ray Griffin

Le traitement qui est fait de M. David Ray Griffin est tout simplement consternant et à l’exact opposé de la réalité. M. Griffin est présenté comme un « prof retraité, inconnu en France ». Certes, tout est affaire de langage. M. Griffin est professeur émérite de théologie, et, plus précisément, une sommité mondiale dans sa spécialité, la philosophie des religions, qu’il a enseignée pendant 30 ans à la prestigieuse université de Claremont en Californie. Il a écrit plus de 30 livres qui lui ont valu la reconnaissance internationale de ses pairs pour la rigueur de sa pensée et son honnêteté intellectuelle et morale…

Si M. Malterre avait fait une recherche réelle et non biaisée, il n’aurait pu l’ignorer. Toutefois, il continue ainsi sa présentation : M. Griffin aurait trouvé dans le 11 Septembre un sujet qui lui permet d’occuper sa retraite, de voyager à l’œil, de signer quelques bouquins (sous-entendant qu’il est vaniteux) et de gagner beaucoup d’argent par ses conférences et conseils aux producteurs de Loose Change 3 – Final Cut (la dernière version du documentaire précédemment accusé de tous les maux).

Mais là encore, la réalité est totalement différente. Certes, la vie de M. Griffin a changé lorsque, à 63 ans, il a décidé d’écrire Le Nouveau Pearl Harbor, son premier livre sur le sujet, qui est une présentation synthétique et raisonnée, objective et rigoureuse, des éléments alors connus. Cet ouvrage devint un réel succès de librairie alors même qu’il ne fut jamais chroniqué dans les médias dominants, grâce au seul bouche-à-oreille enthousiaste de lecteurs exigeants et curieux. Dans le monde de l’édition, c’est là un signe certain de la qualité d’un ouvrage. M. Griffin s’est vite imposé comme l’un des esprits les plus brillants et courageux à oser s’exprimer sur le 11 Septembre dans un pays où le patriotisme n’avait d’égal que la soif de revanche. L’heure n’était pas à la réflexion mais à l’action guerrière « contre les terroristes du 11/09 » qui amena l’administration Bush à envahir… l’Irak ( !) à l’issue d’une campagne de mensonges sans précédent au regard du nombre et de la variété des arguments avancés.

M. Griffin aurait pu commencer à profiter d’une vie de notable, moins studieuse, même s’il fût resté en contact avec ses étudiants ; les revenus d’une carrière complète dans l’enseignement universitaire, ajoutés aux droits d’auteur de ses précédents ouvrages, auraient amplement suffi à lui assurer un train de vie enviable. Surtout, il n’avait rien à gagner à écrire sur un sujet aussi sensible, et était pleinement conscient qu’il remettait en jeu la crédibilité et la renommée acquises en une vie entière. Et pourtant, il n’a pas hésité, sacrifiant son confort pour faire son devoir de citoyen, une fois qu’il eut compris que le ->Rapport Officiel de la Commission d’Enquête tenait plus de la supercherie que d’un réel travail d’investigation. Cela peut paraître trivial, mais il est important de signaler que M. Griffin intervient gratuitement : il ne se fait pas rétribuer pour ses conférences et ses présentations, et une part importante des droits d’auteur de ses livres sur le 11/09 est reversée à des organisations et à des associations en lien avec le 11 Septembre, de même qu’à des fonds de soutien aux victimes des attentats.

Par conséquent, insinuer comme le fait ce reportage que M. Griffin gagne des fortunes dont il ne préfère pas parler est proprement révoltant ! Nous passerons enfin sur des procédés aussi grotesques et déontologiquement douteux que les très gros plans sur les yeux de M. Griffin, pour tenter d’établir on ne sait trop quoi au juste (sa paranoïa supposée, son antisémitisme fantasmé, son côté « gourou de secte » , qui n’existent que dans l’imagination du documentariste…)

Conclusion

Par conséquent, nous trouvons pour le moins étranges (et à vrai dire scandaleuses) les méthodes utilisées par ce journaliste à l’encontre de M. Griffin et de l’association ReOpen911. Il s’agit en effet de méthodes malhonnêtes sur le plan intellectuel, aussi bien dans le traitement du sujet que vis-à-vis des personnes filmées, lesquelles n’ont jamais été informées de l’objectif véritable de ce reportage, pas plus qu’elles n’ont eu la possibilité de répondre aux attaques par insinuations portées contre elles.

L’ironie de la chose est qu’un travail censé porter sur la désinformation sur l’Internet fasse l’objet d’un tel traitement, lequel illustre à la perfection la désinformation en œuvre… à la télévision !

Nous regrettons surtout que, sur un sujet aussi vaste et compliqué, M. Stéphane Malterre fasse preuve d’une légèreté aussi flagrante.

Légèreté sur le fond, car il semble évident qu’il n’a pas du tout étudié le dossier en profondeur.

- Pourquoi aller au Etats-Unis pour faire une enquête et ne pas interviewer des témoins et survivants de ces attentats.

- Pourquoi ne pas rencontrer les familles de victimes à qui l’on doit la seule enquête officielle ?

- Pourquoi prétendre remonter aux sources du 11 septembre et se focaliser sur Loose Change paru 4 ans après.

- Enfin, pourquoi interviewer D.R. Griffin plus de 15 minutes et ne garder aucun de ses arguments pourtant sourcés et vérifiés ?

Est-ce là un véritable travail de journalisme ?

Mr Malterre est parti du principe que le fait de se poser des questions sur la version officielle des attentats du 11/09 ne peut relever que d’une étrange forme de perversion ! Légèreté (le mot est faible) sur la forme, car usant de méthodes de manipulation (voire de propagande), il suggère que notre association s’inscrit dans un mouvement organisé de désinformation, un mouvement antisémite motivé par la seule recherche de gloire et d’argent ! Rien ne saurait être plus faux.

Pour un reportage voulant traiter de la rumeur, aborder un sujet aussi grave avec autant de négligence et de partialité, lui enlève toute crédibilité. Et au final ne propage rien d’autre que ce qu’il prétends démonter : de la rumeur et de l’intox…

Association ReOpen911
www.ReOpen911.info

Jeudi Investigation : Rumeur, intox : les nouvelles guerres de l’info
Documentaire, 52 minutes
Réalisé par Stéphane Malterre
Jeudi 24 avril 2008
22h45
Canal+

Complément : Pour celles et ceux qui lisent l’anglais, un article scientifique sur l’effondrement des tours à New York vient d’être publié sur "The Open Civil Engineering Journal" : http://www.bentham-open.org/pages/g...


par Mecchano
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Vendredi 25 avril 2008

Et Stéphane Richard vit la lumière


Par Jean Roques-Fellet 25 avril 2008, Bakchich.info
www.bakchich.info

Quand Stéphane Richard s’ennuie, lui toujours faire ça : changer de poste. Du coup le directeur de cabinet de Christine Lagarde vise la présidence d’EDF.

 

À quoi reconnaît-on un grand homme ? À sa capacité à séduire d’autres grands hommes. Prenons le cas de Stéphane Richard, actuellement directeur de cabinet de Christine Lagarde, notre très distinguée ministre de l’Économie. Inconnu du grand public, l’intéressé a réussi ces quinze dernières années à se hisser au rang de personnalité de premier plan dans l’establishment parisien. De quoi le positionner sur la rampe de lancement pour prendre l’année prochaine la tête d’EDF, quand l’actuel PDG Pierre Gadonneix, qui a restructuré et redressé notre champion de l’électricité ces dernières années, achèvera son mandat.

Si l’opération se déroule comme convenu – des surprises ne sont pas à exclure car le poste d’électricien en chef de la France suscite des convoitises de la part de stratèges aussi brillants que Gérard Longuet ou Henri Guaino – ce sera une sorte de couronnement pour Stéphane Richard.

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Stéphane Richard
© Kerleroux

Stéphane Richard, l’ami bling bling de Sarkozy

Un sacre qu’il devrait à Nicolas Sarkozy. Les deux hommes sont amis dans la vie, et avant d’emménager à l’Élysée, notre virevoltant président avait lui-même remis, il y a deux ans, la Légion d’honneur à son ami. Une cérémonie dont les invités se souviennent encore. Super Sarko avait fait l’éloge de l’argent. « Tu as réussi, Stéphane. Tu es riche. Tu as une belle maison. Tu as une belle femme », avait-il dit, selon des témoins.

Manifestement, Stéphane Richard, qui se présente comme « sarkozyste de gauche », n’a pas un chien très beau (ou pas de chien du tout), sinon Super Sarko en aurait parlé. De même, on ignore la marque de sa voiture. On le saura probablement lors d’une prochaine promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur.

L’argent, c’est vrai que cet inspecteur des finances n’en manque pas. Directeur de cabinet du socialiste Dominique Strauss-Kahn au ministère de l’Industrie, Stéphane Richard est débauché en 1992 pour aller pantoufler dans une filiale immobilière de la Compagnie générale des eaux (la CGIS). Il restructure avec l’aide d’Alain Dinin, pendant qu’un certain Jean-Marie Messier, un autre inspecteur des finances, décide, à partir de 1996, de transformer la vénérable CGE en géant mondial des médias. En 2000, Messier se débarrasse de l’immobilier. Stéphane Richard et Alain Dinin organisent un rachat de la filiale immobilière avec l’aide de quelques grands établissements financiers, comme la Caisse des dépôts et Lehman Brothers.

Richard a la bougeotte, en attendant d’être sélectionné par Sarko 1er

Dans d’excellentes conditions, puisque la boîte est valorisée 700 millions d’euros après plusieurs provisions pour en diminuer la valeur, selon certaines mauvaises langues. Nexity, le nouveau nom de la société, se développe tous azimuts et le cours de bourse s’envole, enrichissant les managers. Le patrimoine de Stéphane Richard, qui détient 4% du capital, atteint rapidement plusieurs dizaines de millions d’euros.

Mais il s’ennuie. Il laisse alors le poste de big boss à Dinin pour aller diriger la filiale transports de Veolia Environnement, le groupe présidé par son grand copain Henri Proglio. Les résultats ne sont pas à la hauteur des espérances : contrairement à ses souhaits, Veolia Transports ne parvient pas vraiment à concurrencer la SNCF en France et se contente de gérer des flottes de bus et de reprendre la fameuse SNCM qui assure la liaison entre le continent et la Corse.

Après sa victoire à la présidentielle en mai 2007, Super Sarko demande à Stéphane Richard de venir l’aider. Il a promis de nommer Jean-Louis Borloo à Bercy et il sait que c’est un bordélique. Il faut donc quelqu’un pour tenir la boutique. Las, Borloo se plante au bout de quelques semaines et se retrouve à l’écologie. Richard doit maintenant chaperonner Christine Lagarde, une grande dame qui a un sens politique exceptionnel. Elle est ainsi capable d’inviter les Français à prendre leur vélo et de laisser la voiture si l’essence est trop chère. On croirait entendre Marie-Antoinette.

Le dircab s’ennuie. Il cherche un poste à la mesure de son talent, qui est immense. On l’a cité pour Gaz de France, pour La Poste. Cela pourrait donc être EDF. Reste à voir si la promesse de Super Sarko sera tenue ou si Stéphane Richard ne sera pas obligé d’aider un nouveau ministre après le prochain remaniement.



par Mecchano
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Vendredi 25 avril 2008

La pub lave toujours trop Blanc



Par Henriette Hude-Demarchais  25 avril 2008, Bakchich.info
www.bakchich.info

Alors que les « minorités visibles » se chiffreraient à près de 20 % des Français, elles ne comptent que 6 % des acteurs des publicités. Les militants de la communauté noire ne décolèrent pas, ils aimeraient bien eux aussi être représentés sur les panneaux 4X3 et dans les spots à la télé.

« La publicité prend des couleurs. La visibilité des minorités augmente sensiblement ». Chiffres à l’appui, c’est ce que clamait fièrement le BVP (le Bureau de vérification de la publicité) il y a quelques mois. Certes. L’évolution est sensible : les minorités ont eu trois fois plus de visibilité en presse et en affichage que l’année précédente. Mais faut-il se contenter de couleurs délavées ?

Car la teinte est particulièrement diluée : derrière cette jolie progression, il faut montrer le point de départ. En 2005, le taux de représentation des minorités était de 0,6 % dans les publicités presse et de 3 % dans l’affichage. Aujourd’hui (les derniers chiffres datent de 2006), il est respectivement de 3 % et 9 % sur ces supports quand la télé qui semble, elle, avoir atteint son quota, observe le statu quo à 17 %.

« Mettre un Noir pour nous vendre du yaourt, il y aurait contresens »

Publicitaires et annonceurs se gargarisent. Oui, l’époque du « Y’a bon Banania » est révolue ! Les cas où les minorités sont représentées sans différence ni signification particulière concerne 39 % des cas relevés. Intéressant… Et les 60 % restants ? Et bien, ils peuvent jouer les marabouts par exemple. Parce que « il faut arrêter de s’offusquer de n’importe quoi. Pour le marabout (personnage utilisé de façon récurrente, ndla), ce qui serait choquant ce serait qu’il soit blanc ou asiatique », estime un publicitaire. Et puis c’est vrai, « dans la publicité on n’a pas l’habitude de segmenter (sic) » et donc, « si on mettait une personne noire pour nous vendre du yaourt, il y aurait forcément un contresens sur le message. La population blanche se dirait, c’est un produit pour eux et pas pour moi »

CQFD. La population noire peut se reconnaître dans la blanche. L’inverse n’est pas possible. Et oui, « le blanc est fédérateur », c’est une loi immuable de la com’. La preuve, même au Japon, les publicités surreprésentent les blancs alors qu’ils faut avouer qu’ils ne courent pas les rues de l’archipel…

Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes. Enfin presque. Car la communauté noire ne semble pas tout à fait satisfaite. Alors que les marques commencent tout de même à se demander si laisser de côté toute cette frange de population ne finirait pas à les couper d’une partie de leur cible et donc à créer un manque à gagner sonnant et trébuchant, Aegis Media France/Carat vient, avec l’institut CSA, de publier une étude sur l’intégration de la diversité dans la communication publicitaire. Étonnamment, 62 % des « résidents noirs », comme les appellent prudemment les auteurs de l’étude, trouvent que la publicité n’est pas représentative de la population française. Dans leur ligne de mire les secteurs de l’alimentation, de l’hygiène-beauté et des télécommunications, dont les trois premiers pêchent aussi par manque d’offres spécifiques.

Un sujet encore tabou

Depuis les deux dernières années, le secteur commence si ce n’est à bouger, tout le moins à frémir mais le sujet reste tabou. Le gros de troupes aura mis du temps à suivre les campagnes pionnières et emblématiques des couleurs unies de Benetton, des préjugés dénoncés d’Adia, ou des beautés multiformes et multiculturelles de Dove. Publicitaires et annonceurs continuent à se renvoyer la balle sur l’air entraînant du « c’est pas moi, c’est l’autre ». Avec pour leitmotiv, la demande d’études chiffrées sur la représentation réelle des minorités visibles, encore interdites en France.

« Tant que l’on ne saura pas quelle tranche de marché cela concerne, on n’avancera pas », tempêtent certains annonceurs. À ce compte-là, d’autres ont trouvé la parade : tant qu’à faire dans la minorité, décidément bien compliquée, montrons des gays, « forcément » plus branchés et plus aisés… Représenter la diversité oui, mais quand elle rime avec rentabilité.


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Vendredi 25 avril 2008

Incarcération dans le monde : Tocqueville démenti



Par  Maguy Day   24 avril 2008, Médiapart
www.mediapart.fr


« Il n’y a pas de pays où la justice criminelle soit administrée avec plus de bénignité qu’aux Etats-Unis » (1), écrivait Alexis de Tocqueville au XIXe siècle. S'il pensait dire vrai à l'époque, il est contredit par l'Amérique d'aujourd'hui. En effet, tout en représentant moins de 5 % de la population mondiale, les Etats-Unis cumulent près d’un quart des personnes emprisonnées dans le monde. Le rapport 2008 du Centre international d’études pénitentiaires (ICPS) du King’s collège de Londres rapporte que 751 habitants sur 100.000 sont emprisonnés aux Etats-Unis. Si l’on exclut les mineurs, un Américain adulte sur 100 est en prison.

A l’exception de la Russie qui affiche un taux d’incarcération de 627 pour 100.000, les autres pays occidentaux sont loin derrière. Celui du Royaume-Uni est de 151, celui de l’Allemagne 88 et de l’Italie 75. La Chine, bien que quatre fois plus peuplée que les Etats-Unis, n’arrive avec ses 1,6 million de prisonniers qu’en seconde position loin derrière les Etats-Unis et ses 2,3 millions. Mais si officiellement, Pékin ne déclare que 119 prisonniers pour 100.000 dans ses geôles, n’oublions pas qu'elle omet d'y inclure les milliers de Chinois en détention administrative ou les opposants condamnés par le système extrajudiciaire à être rééduqués par le travail.

Dans l’Hexagone, le taux de 91 semble comparativement faible. Pourtant il cache un durcissement au regard du résultat de 85 pour 100.000 de l’année précédente. Mais selon qu’on garde l’œil rivé sur la métropole où qu’on le projette au-delà des mers les données diffèrent, pour passer du simple au double. Dans les départements et territoires d’Outre-mer, la proportion de prisonniers est de 260 en Guyane, de 191 en Martinique, de 173 en Guadeloupe et de 133 en Nouvelle-Calédonie.

Surenchère de longueur des peines

Est-ce à dire qu’on y trouve un niveau plus élevé de crimes violents, un héritage de répression coloniale face aux combats indépendantistes ou l’absence de protection sociale pour tous ? Ou comme dans le cas des Etats-Unis, selon l’analyse de l’ICPS, est-ce la longueur des peines qui alourdit les statistiques ? En effet, si l’on se limite au nombre d’incarcérations annuelles par habitant, de nombreux pays européens volent la vedette aux Etats-Unis. En revanche, un prisonnier américain reste plus longtemps derrière les barreaux, ce qui augmente le taux d’incarcération. Aux Etats-Unis, les voleurs purgent une peine moyenne de 16 mois en prison, contre 7 mois au Royaume-Uni et 5 mois au Canada, d’après les données rassemblées par l’association militante américaine Sentencing Project.

Pourtant, la surenchère répressive n’a pas toujours été de mise aux Etats-Unis. Entre 1925 et 1975, le taux était stable autour de 110 pour 100.000. A l’argument avancé par certains, selon lequel les longues peines ont eu pour mérite de faire reculer le crime, Michael H. Tonry, chercheur respecté sur la justice criminelle, avance l’exemple canadien. Pendant 40 ans, la proportion de crimes perpétrés au Canada a été identique à celle des Etats-Unis et a suivi la même évolution avec poussée de fièvre et chute de tension, et le taux d’incarcération est resté stable.

Si l'on juge le niveau de civilisation d’une société à la façon dont elle traite ses fous, pour élargir les propos du psychiatre Lucien Bonnafé, la façon dont l’Amérique traite ses prisonniers semble bien peu reluisante pour la plus grande démocratie au monde.

(1) De la démocratie en Amérique, A. de Tocqueville, Ed. J.Vrin, 1990, tome II, p. 148.



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Vendredi 25 avril 2008

Heures supplémentaires: quand Sarkozy s'arrange avec les chiffres



Par François Doutriaux | Juriste et enseignant chercheur | 25/04/2008, Rue89
www.rue89.com

Nicolas Sarkozy, lors de son allocution télévisée du jeudi 23 avril, est longuement revenu sur sa conception du travail. Selon lui, "le problème de la France, c’est qu’on ne travaille pas assez".

Passons rapidement sur le fait que la France se classe dans ce domaine, selon une étude de 2005 de l'Insee, première sur les neufs pays comparés, avec une durée hebdomadaire effective de 36,3 heures par salarié, soit plus que l’Allemagne (33,6), le Royaume-Uni (32,1), les Etats-Unis (33,8) et l’Espagne (33,2).

Passons aussi sur le fait que son taux de productivité par heure travaillée soit le troisième mondial (derrière les Etats-Unis et la Norvège). Et passons enfin sur le fait que le salaire horaire médian brut français occupe le douzième rang (devant l’Espagne, la Grèce et le Portugal) de l’Europe des quinze.

Les 35 heures, "qui ont coûté 20 milliards d’euros", sont le problème, et le dispositif d’exonération des heures supplémentaires mis en place par la loi Tepa, la solution. "Ça marche", selon le chef de l’état: "28% d’heures supplémentaires en plus" au dernier trimestre 2007, soit "un demi-million d’entreprises [qui] donnent des heures supplémentaires à 5 millions de salariés. 5,5 milliards d’euros de pouvoir d’achat ont ainsi été distribués aux français." Quelques précisions s’imposent.

Des chiffres qui ne concernent pas tous les salariés. Les 28% cités -chiffre issu de l’enquête Activité et conditions d’emploi de la main d’oeuvre 2007(Acemo)- par Nicolas Sarkozy, concerne 5 millions de salariés. 18% à peine de la population active. Moins de 8% de la population totale.

Des revenues supplémentaires limités. D’après cette même enquête, chaque salarié concerné a effectué en moyenne, au quatrième trimestre 2007, 2,8 heures supplémentaires… par mois. Le gain mensuel moyen pour un salarié au smic est donc d’environ 30 euros net, dont 12 euros de majoration du fait du dispositif Tepa. Le gain lié à l’exonération d'impôt sur le revenu est de…1,65 euros.

Au quatrième trimestre 2007, les heures supplémentaires versées dans le secteur marchand représentent un gain global de 2 milliards d’euros de salaire net (2,1% du salaire total distribué). Dont 0,4 milliard (0,52%) de "majoration TEPA".

Pour un coût de 550 millions d’euros de remboursement par l’état aux organismes de sécurité sociale et 100 millions environ de perte fiscale. Soit 0,65 milliard d’euros. 40% de plus que le gain induit par la majoration. Le rendement utile de cette mesure est donc négatif: elle coûte plus cher à l’état qu’elle ne rapporte aux salariés.

Quant aux "5,5 milliards distribués", Nicolas Sarkozy "confond" semble-t-il les sommes versées au titre des heures supplémentaires sur cette période et… les prévisions pour l’année 2008 en termes de coût pour les finances publiques (2,7 milliards d’exonérations salariales, 1,9 milliards côté patronal et 1,2 milliards de perte de recettes fiscales).

L'effet d'aubaine passé sous silence. Les nombreux effets pervers du dispositif sont bien évidemment passés sous silence: effet d’aubaine pour les employeurs qui recourraient déjà aux heures supplémentaires (environ 80% des heures supplémentaires déclarées), risque important de fraudes des entreprises, substitution aux augmentations de salaires et surtout impact sur les chiffres du chômage.

Dans le secteur marchand, l’emploi n’a en effet progressé que de 0,03% sur la dernière période (novembre 2007 à janvier 2008) contre 0,13% pour l’année précédente (novembre 2006 à janvier 2007).

Si la conjoncture économique explique en partie ce phénomène, le recours aux heures supplémentaires permet à l’employeur d’éviter de nouvelles embauches en confiant le surcroît d’activité à des salariés existants. Et donc d’éviter les coûts inhérents aux CDD (prime de précarité) ou tout simplement au recrutement et à la formation de nouveaux employés.

Les heures sup non déclarées faussent la donne. L’ensemble des statistiques comparatives en matière d’heures supplémentaires se fonde sur les seules déclarations de l’employeur. Or, d’après l’inspection du travail, 85% du travail dissimulé constaté en France ressort d’heures supplémentaires non déclarées (90% des plaintes).

L’augmentation en volume des heures supplémentaires ressort donc à priori, pour une part essentielle, de la réintégration des volumes masqués dans les déclarations, du fait de l’exonération fiscale dont bénéficie l’employeur au titre de la loi Tepa. Bien qu’il n’existe, curieusement, aucune étude statistique sur le sujet, Gérard Filoche (inspecteur du travail) évoquait le chiffre de 2 à 2,5 milliards d’heures supplémentaires réelles par an.

Rappelons qu’en 1993, le rapport Mattéoli (alors président du Conseil économique et social) faisait état de 1,2 milliards d’heures supplémentaires.

Quinze ans plus tard, la loi Tepa tablait sur un chiffre de 30% inférieur, alors même que la durée légale du travail a diminué, et que la population active a considérablement augmenté. Au regard des premières projections, il semblerait que les heures supplémentaires déclarées en 2008 atteindront 700 millions environ, et non les 900 millions prévus par le texte. Un chiffre encore très éloigné de la réalité.

L’étude Acemo 2007 confirme cette explication totalement passée sous silence: selon elle, une part importante de l’augmentation constatée provient… de la régularisation d’heures supplémentaires auparavant non déclarées par les entreprises.

C’est sur cette même étude que se sont appuyés Christine Lagarde et Nicolas Sarkozy dans leurs récentes déclarations. Ils en ont donc eu une lecture pour le moins sélective…

La loi Tepa aurait de ce fait une seule vertu véritable: inciter l’employeur à déclarer des heures supplémentaires jusque là dissimulées. Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Pour l’année 2008, le gouvernement a budgété un coût total de 6 milliards d’euros sur ce seul terrain. Soit 85% des 7 milliards de réduction des dépenses publiques prévues dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, qui vont toucher les fonctionnaires, l’enseignement, le logement social, la santé, les transports, etc.

La politique économique actuelle impressionne par sa cohérence. La communication présidentielle également, par son sens aigu de l’ellipse.



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Vendredi 25 avril 2008
Livraisons d’armes : sous la pression, Pékin lâche Mugabe


Par CHRISTOPHE AYAD, Libération, 25 avril 2008
www.liberation.fr



C’est à la fois un coup dur pour le dictateur zimbabwéen, Robert Mugabe, et une première concernant l’attitude de la Chine en Afrique. Cédant à la pression internationale, Pékin a renoncé à une livraison d’armes au régime zimbabwéen en pleine tourmente électorale.

Tollé. Alors que les résultats de la présidentielle du 29 mars, que l’opposition dit avoir emportée, n’ont toujours pas été publiés (lire ci-contre), l’armée zimbabwéenne devait prendre livraison d’une cargaison d’armes, dont 3 millions de cartouches pour fusils-mitrailleurs Kalachnikov, 1 500 lance-roquettes et 3 000 mortiers. La commande remonte à plusieurs mois, mais l’annonce de sa livraison imminente avait causé un tollé international, alors que l’opposition zimbabwéenne craint de plus en plus une violente et massive campagne de répression.

Le Zimbabwe n’ayant pas de côtes, les armes ont été débarquées au port de Durban, en Afrique du Sud. Les autorités sud-africaines ont autorisé le transit dans un premier temps, avant qu’un juge n’interdise la traversée du territoire par voie terrestre. Le navire, l’An Yue Jiang, est donc reparti vers l’Angola.

Nouveau revers pour Harare et Pékin, la Zambie, qui préside en ce moment la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), l’instance sous-régionale, a annoncé son refus de laisser transiter les armes par son territoire. Washington s’est fortement engagé sur le sujet, faisant pression sur les pays d’Afrique australe et demandant à Pékin de renoncer à vendre des armes à Harare. Londres, dont Mugabe est la bête noire, a proposé l’adoption d’un embargo international sur toute vente d’armes au Zimbabwe, en plus de ceux en vigueur au niveau de l’Union européenne et des Etats-Unis. Tout en faisant remarquer que la vente n’avait rien d’illégal, Pékin a préféré reculer, à quelques mois des Jeux olympiques.

Steven Spielberg, chargé d’organiser la cérémonie d’ouverture, s’était désisté à cause du manque de pressions chinoises sur son allié soudanais pour mettre fin aux exactions au Darfour. Selon Amnesty International et des experts onusiens, Pékin a livré au Soudan des armes ayant servi à la répression dans la province rebelle, en violation d’une résolution du Conseil de sécurité de l’ONU du printemps 2005. Au début de la semaine, le Parlement européen a adopté un rapport très critique du rôle de Pékin dans les ventes d’armes à l’Afrique.

Répression. Le soutien chinois est crucial pour le régime de Mugabe, en proie à une inflation de plus de 100 000 % par an et à la famine. Pékin est désormais le seul partenaire en matière de sécurité. Selon la Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, un ouvrage des journalistes Michel Beuret et Serge Michel à paraître chez Grasset, Pékin a prêté ou donné quelque 400 millions d’euros au Zimbabwe, en échange de terres parfois exploitées par des travailleurs chinois. En 2004, la Chine a livré pour 240 millions de dollars (153 millions d’euros) d’armement, dont 12 avions chasseurs, mais aussi des canons à eau et du matériel d’écoute téléphonique servant directement à la répression intérieure. Le renoncement de Pékin est donc le premier lâchage en direct d’un «partenaire» africain.



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Vendredi 25 avril 2008

A l'UMP aussi, l'état de grâce est bien fini


Par Sylvain Lapoix, Marianne2, 25 avril 2008

www.marianne2.fr

Au siège du parti du président, l'ambiance oscillait entre inquiétude et ennui durant l'intervention du patron. Frédéric Lefèbvre a savouré, Nathalie Kosciusko-Morizet a dégusté.


L'UMP : morne plaine... Crédit SL.
L'UMP : morne plaine... Crédit SL.


Mines inquiètes, dents serrées et lèvres mordues : l'ambiance n'était pas à la fête ce soir à l'UMP. Hommage tardif et silencieux du parti présidentiel à Aimé Césaire ? Tout faux : ces militants à tête d'enterrement étaient simplement venus au siège du parti pour regarder l'intervention télévisée du Président. Dont une grosse majorité de « jeunes populaires » mobilisés par leurs cadres pour remplir la salle. Un silence « religieux, même si c'est pas du gospel », plaisante un adhérent parisien. Une attention teintée d'anxiété : tous guettent la bourde. « Bien sûr qu'il est sur la défensive, argue un des spectateurs, les journalistes ne font que l'attaquer ! ». Certains sont blasés, voire cyniques : « On sait tous plus ou moins ce qu'il va répondre mais on n'est jamais à l'abri d'une bonne surprise. »

Quelques sifflements brisent le silence
Un caméraman dirige son objectif vers le carnet qu'un journaliste remplit frénétiquement de notes : « Excusez-moi, je cherche juste à filmer un truc qui bouge. » Même pas une mouche pour voler. Du côté des cadres, il y a du relâchement : Karoutchi arrive le premier, suivi de Devedjian et Bertrand, mais il faudra attendre le milieu de l'émission pour voir apparaître Frédéric Lefèbvre et Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM). Tous d'un sérieux mortuaire sauf le « gentil Xavier Bertrand » qui a dégainé son plus beau sourire béat.

De gauche à droite : la punie, le commentateur sportif et le gentil organisateur (NKM, Devedjian et le président des Jeunes populaires). Crédit SL.
De gauche à droite : la punie, le commentateur sportif et le gentil organisateur (NKM, Devedjian et le président des Jeunes populaires). Crédit SL.


Même si quelques blagues de Sarkozy font mouche et parviennent à dérider les militants, une poignée de remarques passent mal : les « conceptions européennes » et le référendum facultatif en cas d'élargissement de l'UE font racler des gorges. Quand le président parle de tancer les agences de notation financière pour leur rôle dans la crise des subprimes, quelques deux-pièces-cravates le sifflent carrément : « sur tout le reste, je le soutiens mais ça non ! », s'explique l'un d'eux.

Conseil de classe des cadres
Qualifié de « gentil garçon » à l'antenne par le président, Xavier Bertrand savoure les applaudissements qui pleuvent sur lui. De son côté, Roger Karoutchi approuve vigoureusement l'enthousiasme de Sarkozy au sujet de Fillon. Nathalie Kosciusko-Morizet, elle, se décompose lorsque le président de la République évoque les risques qu'il a pris en intégrant des « jeunes ministres » et son intention de ne « pas laisser passer les prochains couacs ». Le clair sourire de la secrétaire d'état chargée de l'Ecologie quitte son visage. Il ne réapparaîtra que pour répondre à quelques questions génériques des caméras. « Nicolas Sarkozy apprécie de modifier les cadres, il l'avait déjà dit pendant la campagne », nous explique-t-elle avant de fuir. Non sans, auparavant, nous ressortir l'argumentaire type de l'UMP : moins qu'une grand-messe, l'intervention présidentielle était un « retour sur le sens de la réforme ». Même son de cloche, évidemment, chez les militants : le sarko show de ce soir était un point nécessaire pour les Français qui « n'auraient pas compris tout ce qui a été effectué jusqu'ici ». Mais pourquoi, alors, venir regarder l'émission à l'UMP ? « Pour lui témoigner notre soutien », rétorque mécaniquement un jeune adhérent.

Frédéric Lefèbvre, un sarkozyste heureux
Patrick Devedjian enchaîne les directs, zappe le point presse, débat avec Manuel Valls en duplex sur France 2, bronze sous le cuivre des projecteurs et s'empâte lui aussi la langue du wording prévu : Sarkozy a seulement fait un point sur les réformes après un an de bons et loyaux services.

Frédéric Lefèbvre a apparemment oublié d'apprendre sa leçon par coeur. Pour cet hyperactif, qui trépigne encore à 23 heures passées d'avoir mouché Julien Dray, l'intervention du président était « un grand moment de vérité, s'enthousiasme-t-il. Il s'est mis dans la situation de tout dire : les erreurs, les détails dont avaient besoin les Français sur la politique étrangère. On n'avait pas eu un moment comme ça depuis son élection. » Monté sur ressorts, il regarde sa montre « faudrait peut-être que je dorme, je fais la matinale demain. » Sans cela, il en aurait mangé des heures, du Sarkozy en embuscade face aux journalistes ! Et à l'UMP, c'était bien le seul.
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Vendredi 25 avril 2008
Engraisser les enfants pour sauver la télévision

Par SERGE HERCBERG professeur de nutrition, président du comité de pilotage du PNNS, YANNICK LE MARCHAND-BRUSTEL directrice de recherche Inserm, présidente de l’Association française d’études et de recherches sur l’obésité (Afero), JOËL MÉNARD professeur de santé publique et DOMINIQUE TURCK professeur de pédiatrie, président du comité d’experts en nutrition humaine de l’Afssa.

Libération, 25 avril 2008, www.liberation.fr

 

 

Le 4 février, Roselyne Bachelot-Narquin, ministre de la Santé, de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative, annonçait des mesures pour renforcer la cohérence de la politique nutritionnelle. Cette politique a été mise en place en France il y a sept ans dans le cadre du Programme national nutrition santé (PNNS). Une des mesures visait à supprimer la publicité télévisuelle, pendant les créneaux horaires où les enfants sont devant les écrans, pour les aliments dont la limitation de consommation est souhaitable. Ces produits, le plus souvent sucrés, gras ou salés, ne sont bien sûr pas condamnables en eux-mêmes, mais leur excès peut menacer la santé. Or, environ 80 % des publicités, notamment dans les programmes jeunesse, concernent ces aliments. Une étude récente de l’Institut national de la prévention et de l’éducation pour la santé (Inpes) a montré que 62 % des enfants demandent à leurs parents d’acheter les produits promus par la publicité, et que 91 % d’entre eux déclarent obtenir ce qu’ils ont demandé.

La ministre de la Santé a proposé de faire appel à la responsabilité citoyenne des entreprises en suggérant une autodiscipline des annonceurs. En cas d’échec de cette démarche volontariste, une loi serait promulguée. Cette proposition a fait l’objet d’une opposition de principe des représentants des opérateurs économiques, l’Association nationale des industries alimentaires et les grandes enseignes de la distribution. Ils ont refusé de participer aux trois réunions de concertation organisées par Roselyne Bachelot-Narquin. Pourtant l’idée-force du processus n’était pas une suppression de la publicité pour tous les aliments, mais de proposer une autorisation limitée aux aliments dont la promotion est conforme aux recommandations nutritionnelles. Un des arguments cités par les opposants est l’absence de démonstration scientifique de l’efficacité de cette mesure sur les comportements alimentaires des enfants et sur l’obésité. Ce raisonnement a été repris par les chaînes de télévision. Même la ministre de la Culture, en charge de la direction des médias, a estimé qu’il fallait se montrer «très prudent», indiquant qu’«on est sûr des dégâts que cela produirait pour l’économie des chaînes de télévision sans être sûr des bénéfices pour la santé des enfants».

Sur le plan économique, il faut mettre en regard les énormes dépenses de santé liées à la prise en charge des maladies chroniques, et notamment l’obésité. Une prévention efficace dès l’enfance doit permettre d’éviter un grand nombre de ces pathologies. Les éventuelles pertes financières pour les chaînes télévision sont-elles un élément suffisant pour renoncer à des actions allant dans le sens de l’intérêt de la santé des enfants et des générations qui nous suivront ? Il est évident que la mesure visant à réguler la publicité n’a pas la prétention, à elle-seule, de régler le problème de l’obésité des enfants. Elle a pour objectif, en synergie avec les multiples actions développées dans le PNNS, de favoriser des comportements alimentaires et une activité physique favorables à la santé. Elle est recommandée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et déjà mise en place dans certains pays. Elle s’appuie sur de nombreux travaux scientifiques qui démontrent les effets délétères de la promotion de produits alimentaires à forte densité énergétique sur les comportements alimentaires des enfants. Les travaux publiés ont été synthétisés, dans plusieurs rapports récents, par des structures scientifiques faisant autorité : l’Institute of Medicine, aux Etats-Unis, la Food Standards Agency, au Royaume-Uni. Il y apparaît que l’exposition aux publicités influence le choix alimentaire des enfants de l’école primaire : sur le choix des marques et sur la consommation de l’ensemble des produits appartenant au groupe d’aliments promu. Il existe même un lien entre une forte exposition aux publicités télévisées et l’obésité des enfants âgés de 2 à 11 ans ainsi que des adolescents âgés de 12 à 18 ans. L’exposition à la publicité télévisée portant sur les aliments de haute densité énergétique est associée à une prévalence plus élevée de l’obésité. A l’inverse, l’exposition à des publicités pour des produits plus sains est associée à une réduction de cette prévalence. Certes, la rigueur scientifique oblige à être prudent sur ces conclusions.

Compte-tenu du caractère multifactoriel de l’obésité, il serait illusoire d’attendre d’une action isolée un impact massif et mesurable à court terme. Cependant, la restriction de certaines publicités alimentaires doit avoir un effet bénéfique d’autant qu’elle s’inscrit dans le cadre d’une politique globale et cohérente de prévention touchant l’ensemble des facteurs identifiés (comportements alimentaires et activité physique).

Rappelons-le, il s’agit d’autoriser la publicité alimentaire, aux heures de grande écoute par les enfants, pour des aliments dont la consommation est promue par les recommandations de santé publique ou ne pose pas de problème sur le plan nutritionnel.

Le PNNS a créé, depuis sept ans, une forte dynamique mobilisant l’ensemble des acteurs concernés (consommateurs, professionnels de santé, monde de l’éducation, travailleurs sociaux, industriels). Cette synergie semble montrer des premiers effets, comme en attestent les résultats des études nutritionnelles publiées en France ces derniers mois. Mais il faut aller encore plus loin ! De nombreux experts scientifiques et des professionnels de santé soutiennent l’initiative lancée par la ministre de la Santé (1) qui rejoint au niveau international celle de l’OMS et des autorités scientifiques de l’IOTF (chargée des politiques de l’Association internationale pour l’étude de l’obésité, composée de 10 000 scientifiques spécialistes de l’obésité, répartis dans 55 pays). Elle ne doit surtout pas être remise en cause au nom de la défense des intérêts économiques des chaînes de télévision.

(1) La lettre ouverte et ses signataires sur ww.sfsp.fr


par Mecchano
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