Dimanche 27 avril 2008

Des études scientifiques qui font « pschitt »



Par Benjamin Konig 27 avril 2008, Bakchich.info

www.bakchich.info

Alors que l’on commémore ce week-end le 22ème anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, il ne faut passer en aucun cas à côté des études scientifiques sur le nucléaire. La dernière, publiée en Allemagne en décembre 2007, fait polémique en affirmant que les leucémies infantiles sont plus nombreuses près des sites nucléaires. Mais en France, les autorités l’ont contestée cette semaine et personne n’est d’accord. A quand les travaux réellement indépendants ?

Le 10 décembre dernier, l’Institut fédéral allemand de protection contre les rayonnements ionisants a rendu publique une étude portant sur 16 sites nucléaires. Résultat : dans un rayon de 5 km, les enfants de moins de cinq ans sont exposés à un risque accru de leucémie. Mais, à l’instar du nuage de Tchernobyl, cette sonnette d’alarme ne résonnera pas de l’autre côté de la frontière : l’Institut de radioprotection et de sureté nucléaire (IRSN) s’est empressée, cette semaine, de « replacer cette étude dans un contexte global ». Cet organisme officiel a rendu publique, le 22 avril, une « revue critique » de l’enquête allemande pour une mise au point : « il est très difficile d’établir le lien entre les sites nucléaires et une hausse des leucémies infantiles », déclare en substance le texte.

Pourtant, l’IRSN admet que « la méthodologie scientifique de l’étude allemande est valide » , mais regrette que « L’étude ne fournisse aucune piste d’explication à l’excès observé ». Car le nœud du problème est bien là, à coup d’études et de contre-études, personne n’arrive à se mettre d’accord : oui ou non, les cancers déclarés à proximité des sites nucléaires leur sont-ils imputables ? Une interrogation qui a le don de faire bondir Stéphane Lhomme, porte-parole du réseau Sortir du nucléaire : « Il faudrait peut-être un tampon de la centrale nucléaire sur la tumeur ? ». Presque.

« Une idéologie politique qui date de la bombe atomique »

Car la controverse se situe bien à ce niveau. Le professeur Xavier Troussard, directeur du registre des hémopathies malignes de Basse-Normandie, assure que « les études sont contradictoires, et que les cas relevés sont trop faibles pour en tirer un lien de causalité net ». A proximité des sites nucléaires français, une Commission locale est chargée de relayer l’information. Néanmoins, la présidence de ces commissions est assurée par des élus, tel Michel Laurent, vice-président du Conseil régional de la Manche, et maire d’un bourg situé non loin de la fameuse usine de La Hague. « Nous avons saisi le ministère, l’Autorité de sureté nucléaire et l’IRSN, qui nous ont assuré qu’il n’y avait aucun problème. Et le battage autour de La Hague nous avait causé beaucoup de tort ! ».

Ce sont donc les autorités étatiques qui informent indirectement les citoyens. Et, comme le déplore Stéphane Lhomme, « en France, le nucléaire est une idéologie politique qui date de la bombe atomique et de De Gaulle. Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’IRSN n’a pas donné de gages d’indépendance… »

Tous les interlocuteurs qu’a joints Bakchich convergent néanmoins sur un point : la nécessité d’une étude de grande ampleur, selon des critères méthodologiques définis. Tous s’interrogent : quand le ministère de la Santé lancera t-il cette étude ?


par Mecchano
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Dimanche 27 avril 2008

Le Tadjikistan, une voie majeure du trafic de drogues


Près de 1 800 tonnes d'héroïne et d'opium y transitent chaque année. La lutte anti-drogue, soutenue par l'ONU, reste dérisoire.


L'opium d'Afghanistan transite en bonne partie par le Tadjikistan (A. Masood/Reuters).


(De Douchanbe, Tadjikistan) Plongée dans l’univers du Tadjikistan, carrefour de tous les trafics de drogue en Asie centrale. Elle commence le 15 avril à Douchanbe, capitale de ce petit Etat asiatique, par une incursion dans un lieu clos, où règne une odeur douceâtre, vaguement vinaigrée. Elle émane des sacs entassés sur les étagères: par dizaines de kilos, de l’opium, de l’héroïne.

Nous sommes dans le local où sont entreposées avant destruction les plus récentes prise de l’Agence tadjike pour le contrôle des drogues, relevant directement de la présidence de la République du Tadjikistan.

"Nous avons saisi 1,7 tonne de drogue dure"

Non sans fierté, le directeur de l’Agence, le général Roustan Nazarov affiche avec complaisance ses exploits:

"Pour les trois premiers mois de 2008, nous avons saisi 1,7 tonne de drogue dure, soit 28% d’augmentation par rapport à la même période de l’an passé, année au cours de laquelle les prises d’opium et d’héroïne avaient dépassé quatre tonnes, plus une tonne de haschisch.

Au total, 27 tonnes depuis 2001. A raison de deux grammes par dose consommée, cela représente 13 500 000 doses. Nos compatriotes tadjiks sont d’ailleurs les premières victimes: le nombre des toxicomanes a augmenté de 60%, celui des séropositifs a explosé, passant de 10 en 2000 à 700 en 2007."

Des sacs d'opium et d'héroïne stockés à l’Agence avant destruction (P. Madelin).

Des exploits tout relatifs

Pourquoi le général pratique-t-il cette transparence brutale dans un pays réputé pour ses obscurités? Simplement parce qu'il est en service commandé, il doit démontrer son efficacité à son commanditaire l’UNODC –United Nations Office on Drugs and Crime– relayant en l’occurrence une aide massive des Etats-Unis.

En vérité, le général Nazarov ne peut ignorer que ces exploits sont relatifs. Selon une source diplomatique française, les prises opérées par les garde-frontières représentent moins de 4% des chargements qui transitent par le Tadjikistan, estimés à 1 800 tonnes par an, un tiers de la production afghane.

La drogue entre à 2 500 dollars le kilo, elle en sort à 4 500 dollars. Soit un revenu net estimé à 3,6 milliards de dollars par an, un pactole et une bénédiction dans ce pays d’une rare pauvreté, dont la seule ressource d’exportation est un coton de médiocre qualité qui culmine à 400 millions de dollars par an: dix fois moins. Cette manne est même miraculeuse pour une économie qui survit sous perfusion grâce aux aides diverses des pays occidentaux.

En témoigne l’étalage dans les rues de Douchanbe de luxueux 4x4 de fabrication occidentale ou japonaise, et les villas somptueuses en construction. Sans compter les insolents bureaux des banques locales, et les commerces aux vitrines pleines d'éclat malgré l'absence de clients.

Une barrière infranchissable, sauf pour la drogue

Sur la route de la soie, enclavée entre l’Afghanistan, la Chine et les anciennes républiques soviétiques, le Tadjikistan, a toujours été une zone de transit commercial, la soie, les épices, la peste. Il est aujourd’hui la première route de la drogue et du trafic d’hommes.

Depuis le début des opérations de la "coalition" en Afghanistan et l’effondrement du système social rigide imposé par les Talibans, la culture du pavot et sa transformation en héroïne a explosé en Afghanistan, on estime que la production atteint a minima 6 000 tonnes par an, soit les deux tiers du tonnage mondial.

Le trafic suit. Comme la route d’Irak est fermée par la guerre, celle du Pakistan close par les obstacles à la sortie du pays, voici le Tadjikistan plus que jamais en première ligne. Le général Nazarov le constate:

"L’Afghanistan, est à la source de tous nos problèmes, les stupéfiants viennent tous de là, nos problèmes prennent racine dans cette situation très complexe."

La plus grande part de l’opium et de l’héroïne pénètre au Tadjikistan à travers des montagnes, culminant parfois à plus de 7 000 mètres, barrent la frontière sud. Pour franchir la frontière par des cols tous situés entre 2 500 et 4 500 mètres, il faut passer par un pays sauvage, désert, quasiment impossible à surveiller. Infranchissable, sauf pour les camions transporteurs de drogue.

Les routes de la drogue identifiées par l'Agence (P. Madelin).

L'Etat tadjik, autoritaire… et d'une grande faiblesse

Né d’une indépendance hâtive en 1991, par la suite ravagé par une guerre civile terrible, 100 000 morts et 1 million de personnes déplacées pour 7 millions d’habitants, le Tadjikistan est à la fois un Etat surautoritaire, notoirement corrompu, et d’une très grande faiblesse, son administration reste balbutiante. Par exemple le contrôle fiscal est embryonnaire.

On ne peut donc être surpris que le blanchiment de l’argent généré par la drogue ne semble pas rencontrer le moindre obstacle. Un blanchiment au demeurant sommaire faute d’un système bancaire élaboré, un blanchiment passant pour l’essentiel dans des achats de consommation, dans l’immobilier, dans le commerce.

Des situations diplomatiques complexes

Face à ce gouffre noir en grande partie ouvert par la crise afghane, la France considère, par la voix de son ambassadeur Olivier Maitland Pelen, que son implantation au Tadjikistan est stratégiquement capitale pour suivre les événements. Pour prendre la mesure du trafic de drogue et du transit de groupes terroristes islamistes.

Pour affirmer cette présence, Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, est venu inaugurer la nouvelle chancellerie de l’ambassade le 11 avril. Sans s’opposer au retrait de l’attaché de police français, qui était justement chargé de suivre le trafic de drogue et éventuellement de conseiller les autorités locales.

Quant au général Roustan Nazarov, il oublie de mentionner que son prédécesseur direct, l'ex-général Ghaffor Mirzoyev, n’a tenu cette fonction que quelques mois avant d’être arrêté en août 2004. Il a été jugé et condamné à quarante ans de prison pour meurtre, corruption et tentative de coup d'Etat.

Un observateur très averti me confie:

"Ancien chef de la garde présidentielle, influent, Mirzoyev était en fait soupçonné de pouvoir un jour s'opposer au président de la République du Tadjikistan. C’est un exemple typique des liens qui existaient, et qui doivent encore perdurer, entre les structures de pouvoir et les milieux mafieux."

Ainsi la lutte contre le trafic de drogue massif masque des situations diplomatiques pour le moins complexes. Et les conséquences de la "guerre au terrorisme" menée par la coalition en Afghanistan n’en finissent pas de bouleverser l’Asie centrale.

par Mecchano
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Dimanche 27 avril 2008
Israël refuse le cessez-le-feu proposé par le Hamas en échange de la levée du blocus de Gaza

Par Michel Bôle-Richard, envoyé spécial à Gaza, Le Monde, 27 avril 2008
www.lemonde.fr

Pour Khalil Abou Leila, haut responsable du Hamas, il ne faut pas confondre "trêve" et "accalmie". En arabe, la première situation s'appelle "hudna", répond à des conditions plus larges et s'étend sur une longue période de plusieurs années. La seconde est nommée "tahdiyeh", recouvre une situation spécifique et ne porte que sur plusieurs mois.

if ( undefined !== MIA.Pub.OAS.events ) { MIA.Pub.OAS.events["pubOAS_middle"] = "pubOAS_middle"; }

"Nous avons proposé les deux", explique Khalil Abou Leila, faisant référence à la proposition faite, jeudi 24 avril, par le Hamas d'une trêve par étapes en échange de la fin du blocus israélien à Gaza. "Il s'agit, dit-il, d'une hudna de dix ans avec la création de l'Etat palestinien dans les frontières de 1967, avec Jérusalem-Est comme capitale et la reconnaissance du droit au retour. En ce qui concerne l'accalmie, nous sommes prêts à un cessez-le-feu à condition que l'embargo soit levé, que les points de passage soient rouverts et qu'il n'y ait plus d'agressions israéliennes dans la bande de Gaza." Et d'ajouter : "Ce n'est pas difficile. Le problème, c'est qu'Israël refuse de payer le vrai prix, le prix de l'arrêt des combats, le prix de la création d'un Etat palestinien, le prix de la libération de Gilad Shalit. Notre position est claire. Nous sommes prêts à libérer le caporal israélien Shalit (enlevé en juin 2006), nous sommes prêts à cesser de lancer des roquettes sur Israël, nous sommes disposés à la trêve. C'est à Israël de décider."

Le gouvernement israélien a immédiatement refusé, vendredi, l'accalmie proposée par le Hamas, via l'intermédiaire de l'Egypte. Au départ, les islamistes voulaient que celle-ci s'applique conjointement à la bande de Gaza et à la Cisjordanie, et à la condition qu'elle soit, pour les deux camps, "réciproque et simultanée". Finalement, jeudi, au Caire, Mahmoud Zahar et Saïd Siam, ministres des affaires étrangères et de l'intérieur du gouvernement d'Ismaïl Haniyeh, ont accepté que ce cessez-le-feu de six mois commence à Gaza et soit, ensuite, étendu à la Cisjordanie. "Ce n'est pas sérieux, a affirmé David Baker, porte-parole du premier ministre Ehoud Olmert. Le Hamas cherche à gagner du temps pour se réarmer." Outre l'arrêt des tirs de roquettes, Israël exige qu'il n'y ait plus de contrebande d'armes à travers les tunnels creusés sous la frontière égyptienne et que le Mouvement de la résistance islamique cesse ses attaques.

Après cette rebuffade d'Israël, le dossier est désormais entre les mains d'Omar Suleiman, responsable des services de renseignement égyptiens. Il doit recevoir, mercredi au Caire, d'autres organisations de la bande de Gaza et devrait se rendre à Jérusalem pour présenter le résultat de ses tractations.

A défaut d'un accord formel, peut-on s'orienter vers un accord tacite de cessez-le-feu comme cela s'est produit par le passé ? Ce qui est sûr, c'est que le Hamas n'est pas disposé à faire cesser la contrebande d'armes. "Il faudrait aussi qu'Israël arrête aussi sa production", dit, sans rire, Khalil Abou Leila. En revanche, il garantit que plus aucune roquette ne partira de la bande de Gaza. "Il faut également, insiste-t-il, que le passage de Rafah soit ouvert." La question est de plus en plus vitale pour la population de Gaza, complètement emprisonnée depuis plus de dix mois. Les menaces d'agir par la force comme ce fut le cas le 23 janvier - lorsque des charges explosives ont détruit une partie du mur aujourd'hui reconstruite - sont claires, de la part des dirigeants islamistes. Ces derniers refusent qu'Israël ait un droit de regard sur Rafah comme c'était le cas avant. Ils ont proposé que les observateurs européens basés à Ashkelon le soient désormais à El Arich, en Egypte.

Pour montrer sa détermination, le Hamas a organisé, vendredi, une manifestation au point de passage d'Erez, au nord et une autre au sud, à Rafah. Le Caire a renforcé ses forces de sécurité à la frontière. "L'Egypte doit prendre ses responsabilités, faire preuve de solidarité avec le peuple palestinien. C'est une occasion à ne pas rater", note Ismaël Radwan, porte-parole du Hamas. Il estime que, du côté islamiste, tous les efforts ont été entrepris pour régler pacifiquement ce qu'il appelle "l'asservissement de Gaza". "Si l'ennemi sioniste choisit l'intervention massive, la résistance sera la seule option, avertit Khalil Abou Leila. Tout le monde est prêt à se battre et nous, nous n'avons pas peur de la mort. C'est pour cela que l'on emportera la victoire."

Michel Bôle-Richard
Article paru dans l'édition du 27.04.08.
par Mecchano
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Samedi 26 avril 2008
Colombie, le narcorégime s’effrite




COMAGUER, publié dans Le Grand Soir, 26 avril 2008. www.legrandsoir.info
 

La cour suprême vient d’inculper MARIO URIBE ESCOBAR cousin germain et soutien du président pour complicité avec les paramilitaires. Cette arrestation est la plus spectaculaire d’une longue série puisque ce ne sont pas moins de 63 parlementaires Uribistes qui ont déjà subi le même sort soit comme complices ou inspirateurs de massacres ou de déplacements de paysans suivis de l’appropriation de leurs terres. MARIO URIBE ESCOBAR a tenté de fuir en se réfugiant à l’ambassade du Costa-Rica mais l’ampleur des manifestations populaires devant la dite ambassade l’a convaincu de se soumettre à la justice de son pays.

Cette dégradation très rapide du régime a incité ALAJANDRO FAN un militant du PARTI COMMUNISTE COLOMBIEN CLANDESTIN (PCCC) à lancer sur un site Internet des FARC-EP un appel au passage à l’action. Précisons qu’il existe en Colombie deux partis communistes : un PARTI COMMUNISTE légal et un parti clandestin (PCCC) qui est la branche urbaine des FARC.

Le développement du PCCC fait partie de la stratégie de renversement du pouvoir « narcoparauribiste », le soulèvement urbain étant à un élément nécessaire voire indispensable de l’ultime offensive contre le régime en place.

L’appel à l’action est intitulé C’est l’heure, c’est l’heure !

Le voici :

Un juge de la Cour suprême a ordonné l’arrestation, sans possibilité de libération sous caution, pour relations avec les paramilitaires de MARIO URIBE ESCOBAR cousin germain et soutien du chef « narcopara » ALVARO URIBE VELES et ancien Président du Congrès * MARIO URIBE est inculpé d’association de malfaiteurs. Au cours de l’instruction des preuves ont été établies de réunions entre MARIO URIBE et le chef paramilitaire aujourd’hui démobilisé SALVATORE MANCUSO pour l’achat de terres.

La situation de la narcoparapolitique se dégrade de plus en plus et ce régime mafieux narco et illégitime est instable.

La semaine dernière il a été annoncé que des instructions ont été ouvertes pour relations avec les paramilitaires contre la Présidente du Congrès : NANCY PATRICIA GUTTERIEZ et contre l’ancien président de l’assemblée nationale CARLOS GARCIA

Déjà plus de 63 parlementaires sont détenus ou mis en examen pour liens avec les paramilitaires, complices ou inspirateurs de massacres de spoliations de terres Combien de temps cela va-t-il encore durer ? Bien qu’un autre chef des « paracomafiosis »le Ministre de l’Intérieur et de la Justice ait qualifié d’anodins les emprisonnements de parlementaires proches d’Uribe

L’heure est maintenant venue de nous réveiller, de sortir du silence et d’exiger la démission du véritable chef « paraco » le président illégitime et illégal qui s’est emparé du Palais de NARINO et de lancer le mouvement de l’assaut.

*A l’image de la Constitution des Etats-Unis le pouvoir législatif est exercé en Colombie par un Congrès composé d’un Sénat (105 sénateurs) et d’une Chambre des représentants (166 élus)

* Le cousin MARIO a joué un rôle décisif dans la réélection d(ALVARO en 2002. Ce message signé par un militant du PCCC a été publié cette semaine sur un site Internet des FARC.

La publication sous un pseudonyme – clandestinité oblige – d’un tel appel peut être interprétée comme le signe d’un débat en cours au sein des FARC- PCCC pour savoir si le régime URIBE est aujourd’hui capable de résister à une offensive politico-militaire d’envergure ou suffisamment affaibli pour que l’assaut soit victorieux.

La réponse à cette question redoutable et d’une évidente importance historique appartient aux guérillas et aux militants colombiens.

Elle est également posée à Washington où le Congrès tarde, malgré les pressions réitérées de BUSH, à ratifier le traité de libre échange avec la Colombie conscient qu’il est que les jours du « narcopara « URIBE sont comptés et que l’image des Etats-Unis en Amérique Latine ne peut que souffrir d’une relation trop étroite avec le régime désormais et sans conteste le plus sinistre du Continent.

Il est exclu d’y répondre à leur place à la fois pour une raison de principe : l’orientation de la lutte appartient à ceux qui la conduisent et pour une raison pratique : le degré de pourrissement et de faiblesse du régime URIBE, malgré ses puissants appuis étasuniens et israéliens, ne peut être correctement mesuré que par ceux qui dans tout le pays et dans tous les secteurs d’activité se sont organisés et luttent pour son renversement

par Mecchano
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Samedi 26 avril 2008

Violences policières :

« Circulez, y’a rien à voir ! »



Par Benjamin Konig  26 avril 2008, Bakchich.info

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La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) remettait à Nicolas Sarkozy le 8 avril dernier son rapport annuel. Édifiant ! Flics, pandores ou matons, 90 pages de violences physiques ouontologie’organisme sont nombreux : la déontologie ne semble pas vraiment être la priorité du gouvernement ou de certains policiers.


144 dossiers sont arrivés sur les bureaux de la CNDS en 2007. Et 117 seulement ont été traités, dont la plupart dataient en fait de 2006, voire 2005. A priori, bien peu. C’est d’ailleurs l’argument de l’Unsa-police, qui dénonce : « Une stigmatisation de l’action de la Police nationale en pointant à la marge des faits qui ne concernent qu’une minorité d’agents ». Réponse du secrétariat général de la Commission, contacté par Bakchich : « Les cas sont en fait beaucoup plus nombreux : il existe un chiffre noir, en France, sur les violences sécuritaires. » Franck Fievez, du service communication de l’Unsa, est d’ailleurs le premier à reconnaître que « La CNDS n’a pas forcément les moyens, ni la notoriété, pour faire plus ». La notoriété, sans doute. Les moyens, c’est une évidence. Quant aux pressions, elles sont si nombreuses que la Commission ne semble être concurrencée que par la seule fête de la bière. À tel point qu’en privé son président, Roger Beauvois, est un tantinet inquiet pour l’avenir de la CNDS.

Un budget dérisoire. La déontologie de la sécurité a un prix. En France, il est de 760 400 €. Une peccadille. Les effectifs s’en ressentent : treize membres, plus neuf personnes chargées du secrétariat. Pour la France entière, 22 super-enquêteurs évidemment débordés par les dossiers. Les membres perçoivent une indemnité qui repousserait un Rmiste : 170 € par mois. Ils réclament donc un alignement sur l’indemnité touchée par le Commissaire du gouvernement, soit environ 1500 € mensuels.

Noyautage gouvernemental. Car, et oui, la CNDS compte depuis mai 2007 un Commissaire du gouvernement : Pierre Debue, ancien directeur de la Police aux frontières. Pourtant, la Commission s’y était longtemps opposée, prévoyant une perte d’indépendance. Par bonheur, « ça se passe très bien avec M. Debue, qui est très compétent et apporte des renseignements et des contacts. » souligne la Commission. Certes. Mais qui sait si son successeur sera aussi dévoué et coopératif ? Interrogée par Bakchich à ce sujet, Isabelle Denise, responsable du service justice et police à la Ligue des droits de l’homme (LDH), s’inquiète : « C’est évident : le loup est entré dans la bergerie. Ce manque d’indépendance fait d’ailleurs désordre dans le Conseil de l’Europe. Pas terrible pour notre image diplomatique. Mais parler au gouvernement, c’est comme si vous parliez au mur derrière moi… ».

Mépris ministériel. La Commission, après enquête et audition des différentes parties, émet des avis et recommandations auxquels sont censés répondre les ministres respectifs, à savoir l’Intérieur et la Défense. Or, depuis le passage d’un certain Nicolas Sarkozy, le ministère de l’Intérieur a pris l’habitude d’ignorer superbement les avis de la Commission, et envoie au front un directeur du service de la police concernée. Une mauvaise habitude reprise par la Défense, il est vrai plus habituée à envoyer un sous-fifre au front. Isabelle Denise l’explique par « La compétence des membres de la Commission ; des politiques, magistrats ou anciens policiers, dont il est difficile de les taxer de « gauchisme » pour mieux les discréditer… Mieux vaut donc les ignorer. ». En tout cas, une version originale du « Cause toujours, tu m’intéresses », qui en dit long sur la place accordée à la déontologie par les gouvernements successifs.

Pressions policières. Autre gros point d’inquiétude, et non des moindres : les pressions exercées par les policiers incriminés qui portent plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre les plaignants. Tout est parti d’une saisine reçue en 2006, où un témoin présent à l’aéroport de Toulouse avait dénoncé le comportement de fonctionnaires de police frappant à terre un homme menotté au cours d’une expulsion. Ce témoin avait ensuite été l’objet d’une plainte pour « dénonciation calomnieuse », et condamné par le procureur de la République à des excuses et un dédommagement de cent euros pour chaque policier, sans prendre l’avis de la CNDS. Qui n’a pas tardé à alerter le ministère de la Justice, le 9 octobre dernier. Toujours sans réponse. Pour la Commission, « c’est notre plus grosse inquiétude. C’est la négation de notre action. » Isabelle Denise renchérit : « Cet outil juridique est utilisé pour dissuader les citoyens de saisir la CNDS. »

C’est pas la joie. Tous ces bâtons dans les roues de la CNDS sont emblématiques d’une certaine conception de la déontologie en France. Franck Fievez (Unsa-police) le reconnaît : « Nous avons du retard dans ce domaine par rapport à la culture anglo-saxonne. Mais la police est le seul organe de sécurité français doté d’un code déontologique. » Isabelle Denise parle de « malaise et de perte de confiance entre police et citoyens. C’est aussi l’effet du discours des politiques qui ne réfléchissent pas à leurs propos, et insufflent un climat de société malsaine. » Elle compte sur les directives européennes et onusiennes pour ramener la France à un peu plus de raison en matière de déontologie sécuritaire. Le Commissaire européen aux droits de l’homme devrait bientôt venir en France. Sans doute nous en touchera t-il deux mots…

http://www.cnds.fr/

http://www.unsa-police.com/

http://www.ldh-france.org/






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Samedi 26 avril 2008
Quand les jeunes UMP récupèrent mai 68...


Par Sylvain Lapoix, Marianne2, 26 avril 2008

www.marianne2.fr

A coup de slogans calibrés et d'un buzz professionnel, les jeunes militants de l'UMP Grandes écoles livrent au parti sur un plateau l'occasion de griller le PS et l'extrême gauche sur la commémoration de mai 1968 !



Quand les jeunes UMP récupèrent mai 68...

Cheveux longs et sauvages, grande gueule et slogans chocs... Frédéric Lefèbvre sera-t-il le « Dany le Bleu » de mai 2008 ? C'est en tous cas avec sa bénédiction qu'une poignée de militant de l'UMP Grandes Ecoles (UMP GE) ont lancé l'opération « 40 ans + tard ». Objectif affiché du président du président du groupe, Benjamin Lancar : « Nous voulons préempter mai 68 » - comprendre « à la place de la gauche. » « Mai 1968 n'a déposé aucun copyright sur la jeunesse, alors en avant ! », clame le blog créé pour l'occasion, propre comme une pub pour Bouygues Télécom. Ils se sont même trouvé un nom : les « deux milles huitards » !


Benjamin Lancar, président des UMP GE. Crédits : Véronique Bury
                                            Benjamin Lancar, président des UMP GE. Crédits : Véronique Bury


« Cours, mon ami, l'immobilisme est derrière toi ! » et autres slogans

Tout est parti du concept élaboré en février par une trentaine de militants UMP venus de modestes officines para-universitaires (Polytechnique, Normal Sup, ENA, HEC, Sciences Po, etc.) pour se positionner sur l'anniversaire de mai 1968 : « la jeunesse qui bouge a changé de camp. » A partir de là, les UMP GE ont créé le blog, le logo, réalisé le dossier de presse et surtout forgé toute une série de slogans parodiques ou décalés comme « ils avaient des pavés nous avons des idées. »

« Le mouvement étudiant de mai 1968 est bon à reprendre dans l'esprit : nous aussi nous luttons contre l'immobilisme, explique Camille Bedin, responsable de la section Sciences Po des UMP GE. Nous avons fourni un projet clé en main à l'UMP qu'il a accepté tout de suite sans modification. » Présenté le jeudi 10 avril au service communication, lundi 14 à Frédéric Lefèbvre, la campagne était lancée par le parti au point presse avec un renfort substantiel de la maison-mère : 35000 autocollants, 2000 affiches, 15000 tracts et une brochette de parlementaires UMP en interview sur le site pour faire bonne mesure.

Service tout compris : ouverture, réformes et recrutement
Rompus aux règles du buzz, les militants des Grandes écoles ont sorti leur petite vidéo : quatre presque sosies de ministres – en l'occurrence Eric Woerth, Valérie Pécresse et Brice Hortefeux – balancent un argumentaire ultra calibré sur leurs initiatives. S'il revendique de n'être « pas de tribunal du passé », il faut le dire vite : parmi les images qui défilent sur leur site, « l'héritage lourd » laissé selon eux à la jeunesse par les soixante-huitards mélange les émeutes en banlieue, le « Non » au référendum sur l'Europe, les manifestations contre les abus de stage du collectif Génération précaire, Le Pen au second tour de la présidentiel de 2002 et les manifs étudiantes.


Pour le reste, c'est un sans faute : « se mobiliser pour les réformes », « ce n'est pas que l'UMP, ce sont aussi les jeunes du Nouveau Centre »... Les jeunes ont respecté à la lettre les consignes présidentielles. Ainsi, l'ouverture a sa place : les jeunes recevront le père et le fils Glucksman, « des personnalités représentatives de la gauche » (sic !) et Pierre Moscovici (à confirmer).

Tout bénéf pour l'UMP
Quand au Livre blanc qu'ils doivent remettre aux ministres et à ses « propositions concrètes, par exemple sur le logement étudiant » que vante Camille Bedin dans la vidéo, il s'agira surtout d'une réflexion « sur l'engagement des jeunes en politique », avoue le président des UMP GE. Il ne faudrait pas vexer Valérie Pécresse et son plan de 620 millions d'euros sur quatre ans pour les Cités U.

Le « lourd héritage » des soixante-huitards selon l'UMP GE.
Le « lourd héritage » des soixante-huitards selon l'UMP GE.


Au delà du coup de buzz, les UMP GE assument le fait de s'occuper du sujet-piège mai 68 pour le compte du parti : « Nous sommes là pour aider l'UMP, concède Benjamin Lancar. Mais c'est aussi l'occasion de changer l'image des jeunes de droite et de renforcer notre structure. » Malgré des effectifs de seulement 2000 militants sur les 40000 jeunes UMP (les « jeunes pop »), la section Grandes écoles est reconnue comme une « cheville ouvrière de la communication en direction des jeunes » par les instances du parti. Le soutien de la rue de la Boétie sur le projet est, pour Camille Bedin, « un signe de confiance fort ».

Au MJS on rit jaune : « C'est quoi, une mauvaise blague ? », s'interroge un militant. Le site Internet du Mouvement des Jeunes socialstes propose un programme bien pâle pour le mois de mai : Conseil national, conseil national, conseil national... Et on ne se presse pas pour réagir à l'initiative du camp d'en face.

Côté associatif, on est plus philosophe : à Génération précaire, cité par 40 ans + tard dans la catégorie « lourd héritage », on insiste sur l'absence de référence à mai 68 dans les actions. « Mai 2008 n'appartient ni aux vieux de 68, ni aux jeunes d'aujourd'hui, juge Julien, un des responsables du collectif. S'ils se mobilisent pour que ça change, tant mieux. Mais s'ils préemptent ce symbole juste pour faire de la spéculation, ils seraient plus inspirés de retourner à leurs chères études. » Comment leur en vouloir : une campagne marketing pareil, ça vaut presque un stage de terrain !
par Mecchano
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Samedi 26 avril 2008

Muhammad Yunus : "Le système est aveugle à toute autre considération que le profit"



Propos recueillis par Frédéric Joignot, Le Monde 2, 26 avril 2008
www.lemonde.fr

Depuis plus de trente ans, Muhammad Yunus propose, avec un réel succès, l'accès au crédit pour les plus démunis. A l'heure de la crise du système bancaire et des émeutes de la faim, l'économiste bangladais, Prix Nobel de la paix en 2006, pointe les limites et les failles du capitalisme, et préconise un modèle d'entreprise sociale, qui n'exclurait plus de la vie économique la majeure partie de l'humanité.



Elle s'appelait Sufiya Begum. Au début des années 1980, elle vivait dans une maison de terre, à la campagne, au Bangladesh. Elle fabriquait de jolis tabourets en bambou. Son mari, journalier, gagnait l'équivalent de quelques centimes d'euros par jour. Ne possédant pas d'argent, Sufiya Begum vendait tous ses tabourets à un commerçant, qui les lui échangeait contre 25 cents et un peu de bambou – c'était son prix. Un jour, Muhammad Yunus vient la trouver, étonné qu'elle gagne si peu. A cette époque, après des études économiques aux Etats-Unis, le professeur Yunus doute. En 1974-1975, le Bangladesh a été ravagé par une terrible famine, et, raconte-t-il, il trouvait alors " de plus en plus difficile d'enseigner d'élégantes théories économiques sur le fonctionnement supposé parfait des marchés libres, tandis que la mort ravageait [son] pays ". Il décide d'agir, bien déterminé à endiguer la pauvreté dans la région de Jobra. Il ne comprend pas pourquoi elle est endémique. En discutant avec Sufiya Begum, il réalise ce qu'il se passe. "Cette femme était étranglée par son prêteur. Il la condamnait à une sorte d'esclavage. Elle lui donnait toute sa collection de tabourets pour 25 cents, juste parce qu'elle ne pouvait acheter le bambou. Il lui manquait un crédit. J'ai mené une enquête. Quarante-deux villageois dépendaient des prêteurs. Tous auraient pu vivre de leur activité, avec un petit investissement. Il leur fallait, en tout, 27 dollars. Je les avais en poche… " Les idées fondatrices de la Grameen Bank et du microcrédit sont nées de ces rencontres.

Aujourd'hui, après vingt-cinq ans d'existence, la Grameen Bank et les institutions de microcrédit à travers le monde ont aidé à sortir de la pauvreté 150 millions de personnes. Le professeur Yunus a obtenu, avec la Grameen Bank, le prix Nobel de la paix en 2006. Depuis plusieurs années, il développe une nouvelle initiative : l'" entreprise sociale ". Il s'agit de lancer des activités économiques rentables mais dont l'objectif est d'apporter un bénéfice social aux exclus du monde économique. Ainsi a-t-il créé au Bangladesh, avec Franck Riboud, le PDG de Danone, la société Grameen Danone Foods qui vend aux habitants de Bogra des yaourts frais à bas prix, qu'ils voudraient servir dans des coques comestibles – et vitaminées. L'initiative permet de lutter contre la malnutrition et les carences alimentaires et d'offrir des emplois locaux. Si elle fonctionne, elle sera étendue à tout le pays. " Ce genre de petite entreprise sociale pourrait se généraliser, explique le professeur Yunus. Elle ouvre un nouveau type de marché, attentif à la pauvreté et aux besoins réels, qui va peut-être changer nos fondamentaux économiques. "

Nous avons rencontré Muhammad Yunus à Paris, alors que le système mondial du crédit traverse une crise historique et que plusieurs grandes banques se sont effondrées. La peur de la récession gagne les Etats-Unis et des dizaines de milliers d'Américains se retrouvent poussés à la rue par les organismes prêteurs. Qu'en pense le fondateur de la Grameen Bank, où les taux de remboursement dépassent les 95 % ?

Comment expliquez-vous cette gigantesque crise du crédit populaire qui ébranle l'ensemble du système financier ? L'avez-vous vu venir ?

Dans l'affaire des subprimes, la crise est inhérente au fonctionnement du monde financier et bancaire. Les principes mêmes de crédit, les garanties exigées, les primes de risque réalisées sur le dos des moins solvables ont révélé combien ce système ne sait pas prêter aux pauvres. La faute revient donc d'abord aux banques. Elles ont prêté beaucoup d'argent en multipliant les fausses promesses. Elles se sont montrées très agressives dans leur publicité. Elles proposaient aux gens des offres fantastiques, assuraient que les plus modestes pourraient rembourser sur la durée. En fait, les crédits devenaient de plus en plus lourds. C'est la logique du système financier. Les pauvres doivent être mis sous pression pour rembourser. A la Grameen Bank, nous faisons l'inverse. Nous ne demandons pas de garantie pour prêter de l'argent. Nous n'étranglons pas les gens en pratiquant des taux exorbitants. Nous avons inversé le principe même du crédit. Chez nous, moins vous avez, plus vous nous intéressez. Si vous n'avez rien, alors vous êtes prioritaires. Et ça marche ! Notre taux de remboursement est supérieur à 95 %, comparez !

Les subprimes, les dettes transformées en produits financiers, l'aveuglement face à la situation des ménages les plus pauvres : comment en sommes-nous arrivés là ?

Le système financier cherche toujours le meilleur rendement, il est emporté par sa propre logique, les subprimes, les titres, les hedge funds… La seule voix qui se fait entendre sur le marché est la maximisation des profits. La vente des crédits consentis en titres financiers et créances hypothécaires, la création et les échanges d'actifs bancaires sans solvabilité ont accéléré la crise. De grandes banques, de grandes sociétés les ont utilisés pour se couvrir à l'heure des bilans. Le système est aveugle à toute autre considération que le profit. Aujourd'hui, les médias font leurs gros titres sur les sommes colossales perdues par les banques, tout cet argent dilapidé, ces patrons démis de leurs fonctions… Mais j'entends très peu parler des familles qui ont été dupées par les offres inadaptées des banques, qui se retrouvent poussées à la rue, poursuivies par les créanciers, ces centaines de milliers de gens qui les ont crues.

Vous remettez en cause le principe même de l'octroi du crédit sous garantie, fondement de la théorie économique classique et du fonctionnement financier…

En effet, je critique le dogme selon lequel des prêts ne peuvent être accordés sans garantie, surtout aux plus pauvres. Tous les banquiers défendent ce principe sans même l'analyser. Quand nous avons commencé, en 1983, ils nous disaient : " Vous gaspillez votre argent. Vous ne serez jamais remboursé. Votre système va s'écrouler. " Mais c'est leur système qui s'écroule aujourd'hui. Depuis vingt-cinq ans, la Grameen Bank et les institutions du microcrédit ont distribué 6 milliards de dollars à 150 millions de familles, sans demander de garantie. Notre banque réalise des profits, comme toute banque bien gérée. Elle n'a pas eu recours à des dons depuis 1995. Elle fonctionne en collaboration avec 10 000 institutions de crédit dans le monde. Selon une enquête récente, 64 % de ceux qui nous ont emprunté pendant cinq ans sont sortis de la pauvreté chronique. Notre initiative constitue une opportunité pour ajuster l'ensemble du système financier. Il devrait permettre de penser un nouveau genre de crédit qui ne laisse personne de côté. Les principes actuels du système bancaire interdisent à la moitié de la population mondiale de participer à la vie économique. Pas seulement dans les pays du Sud, mais aux Etats-Unis et en Europe aussi. Les banques traditionnelles demandent aux gens d'être solvables avant même de leur prêter de l'argent. Mais alors à quoi servent-elles, si elles ne les aident pas à sortir d'une situation difficile, à créer de la valeur, du travail ? Les banques demandent tous les jours à leurs avocats de coincer leurs clients. Nous n'avons pas de juristes dans notre système. Nous n'en avons pas besoin. On mesure combien la théorie économique dominante présente plusieurs angles morts.

Lesquels vous semblent-ils les plus dangereux ?

Les banques et les financiers refusent d'entendre que prêter aux pauvres permet de créer des emplois et de générer des revenus. Ils ne reconnaissent pas une famille ou un ménage comme une unité de production dynamique. Ils ne voient pas qu'une activité indépendante – échoppe de rue, service de réparation, barbier, retoucheur, petit artisan itinérant, tout ce qu'on appelle le " secteur informel " – constitue un véritable travail, et même une source d'emploi qui doit être encouragée par le crédit. La littérature économique fait l'impasse sur cette donnée majeure de l'activité humaine, le travail indépendant, qui est le premier moyen de gagner sa vie. Les responsables économiques considèrent l'emploi comme salarié uniquement, ils attendent des entreprises qu'elles embauchent. Si elles ne le font pas, le chômage s'installe. Voilà la logique actuelle du capitalisme. Pourquoi les gens devraient-ils attendre d'être employés ? Pourquoi ne pas les aider à créer leur propre activité ? Les pauvres du Sud n'attendent pas que des grandes entreprises les rémunèrent. Ils n'espèrent pas tout de la politique d'emploi et des allocations-chômage. Ils doivent nourrir leur famille, ils font une multitude de travaux utiles, petit commerce, service de réparation, tailleur… Regardez l'intense activité qui règne dans les rues des villes asiatiques les plus pauvres, et comparez avec les vôtres ! Il faut soutenir cette énergie avec le crédit populaire, lui donner des outils économiques…

 

 

Vous dites qu'en Europe et aux Etats-Unis, nous sommes enfermés dans une politique d'emploi et de crédit élitaire et étriquée. Expliquez-nous…

Récemment, un ami américain me racontait qu'il avait traversé les régions pauvres des Etats-Unis, les villes frappées par les licenciements et le chômage. Il décrivait des quartiers déserts, des rues mortes, des maisons inoccupées, des bureaux et des usines fermées, partout. Il se demandait comment les habitants parvenaient à survivre. Voilà à quoi mène la logique du travail salarié, la politique de l'emploi unique. Quand cet ami a visité le Bangladesh, infiniment plus pauvre que les Etats-Unis, il a découvert combien n'importe quel coin du pays, à la ville, la campagne, grouille d'activités " informelles ". Sur la moindre parcelle inoccupée, on trouve des cabanes où l'on vend de tout, des légumes, des outils, de l'électronique… Dans pratiquement toutes les maisons, les cours, les jardins, les gens trient leur récolte, fabriquent, soudent, réparent. Dans l'Occident riche, vous ne proposez qu'un seul type d'emploi, salarié, pour un patron, une entreprise. Entendez-moi bien : je soutiens toute forme d'embauche et d'industrie, toute politique de l'emploi. Mais ne promouvoir que le salariat me semble terriblement limité. Voir seulement l'homme comme un être recherchant une paie me semble une conception étroite de l'humain. C'est une forme d'esclavage.

D'esclavage ?

Aujourd'hui, dans les pays du Nord, chaque enfant travaille dur à l'école pour obtenir un bon travail. C'est-à-dire un bon salaire. Adulte, il travaillera pour quelqu'un, deviendra dépendant de lui. L'être humain n'est pas né pour servir un autre être humain. Un travailleur indépendant, qui tient une échoppe par exemple, travaille quand il en a besoin. Si certains jours il ne veut pas travailler, il le peut. Il a fait sa journée, il profite un peu de la vie. Il n'a personne à prévenir s'il a une heure de retard. Il ne s'inquiète pas de perdre une partie de son salaire. Quand nous étions des chasseurs-cueilleurs, nous n'étions pas des esclaves, nous dirigions nos existences. Des millions d'années plus tard, nous avons perdu cette liberté. Nous menons des vies rigides, calées sur les mêmes rythmes de travail tous les jours. Nous courons pour nous rendre au travail, nous courons pour rentrer à la maison. Cette vie robotique ne me semble pas un progrès. Avec le salariat, nous avons glissé de la liberté d'entreprendre et d'une certaine souplesse de vie vers plus de rigidité. J'ai un salaire, un patron, je dois faire mon job que cela me plaise ou non, car je suis une machine à sous. C'est là le danger global des structures économiques actuelles, de la théorie dominante. L'homme est considéré comme un seul agent économique, un employé, un salarié, une machine. C'est une vision unidimensionnelle de l'humain. Le salariat devrait rester un choix, une option parmi d'autres possibilités.

Le " secteur informel " n'a pas bonne réputation dans la littérature économique des pays riches…

C'est un terme dégradant. Ce secteur n'est jamais encouragé ; au contraire, on l'entrave avec des règlements, des patentes, des impôts. Je suggère de lui donner un nom plus adapté, plus valorisant, car c'est justement là que les hommes se montrent le plus créatifs. Faute de mieux, je propose le " secteur des gens ", c'est-à-dire lorsqu'ils inventent eux-mêmes leur emploi, créent leur activité et la pratiquent dans la rue, les quartiers, à la campagne. Dans ce champ d'activité, la population invente son emploi, le pratique un peu partout, dans la rue, dans les quartiers, à la campagne. Le gouvernement n'a rien à y faire, seulement à veiller de ne pas l'étouffer. Je fabrique des bijoux, je grille des noix et des bonbons, je fais la cuisine pour les gens du quartier, je retouche les habits usés, je chante aux terrasses… C'est l'auto-emploi, le self-employement. Je n'ai pas à remplir un formulaire de candidature. Je n'attends pas d'être embauché. Je réponds directement à la demande. En inventant mon activité, je prends soin de moi-même et de ma famille. Des dizaines de millions de personnes vivent ainsi dans les pays en voie de développement. Dans les pays riches, la théorie dominante ne considère pas ces activités comme " économiques ". Les acteurs sociaux, les banques, se refusent à les financer et les aider. Ils croient seulement à l'entreprise formelle, au salariat. Comme si recevoir un salaire vous donnait le certificat de développement !

Quels autres " angles morts " de la pensée économique révèlent la crise actuelle ?

Les gouvernements qui tiennent les leviers et les banques considèrent la personne humaine comme une entité abstraite, un agent économique dépourvu de genre sexuel. Or, notre expérience à la Grameen Bank révèle que les femmes se montrent beaucoup plus actives et solvables que les hommes dès qu'on leur donne du crédit. Au Bangladesh, quand j'essayais en vain de convaincre les banques d'octroyer des prêts aux villageois, on me répondait toujours : " C'est impossible de faire ça. " Quand j'ai émis l'idée de prêter aux femmes pauvres, on m'a considéré comme un illuminé. Quand on parlait d'argent aux femmes, elles répondaient toutes : " Voyez mon mari. Je ne touche jamais à l'argent. Je n'y connais rien. " Je me suis rendu compte qu'aucune femme, pas même 1 % d'entre elles, ne fréquentait les banques. Elles ont été tellement sous-estimées que je me disais : elles ont peur, cela va prendre du temps. Quand nous avons lancé la Grameen Bank, nous voulions parvenir à accorder des prêts à au moins 50 % de femmes. Nous savions qu'il allait falloir vaincre les résistances des femmes elles-mêmes.

Cela vous a pris longtemps ?

Nous avons mis six ans pour atteindre la parité. Nous nous sommes alors rendu compte que l'argent confié aux femmes procurait beaucoup plus de bénéfices. Elles créaient du travail, de l'emploi, des richesses. Elles remboursaient leur crédit. Au début, nous ne travaillions qu'au Bangladesh. Les femmes bangladaises prennent beaucoup plus soin des enfants que les hommes. Elles pensent à leur avenir, elles veulent faire bouger les choses pour qu'ils vivent mieux demain. Les hommes, eux, veulent profiter de l'instant, ils dépensent facilement. Au début, nous pensions que cet état de fait ne concernait que le Bangladesh. Mais non, on retrouve la même volonté féminine sur tous les continents. Je crois que du fait de sa longue histoire au service des enfants et des hommes, la femme possède une qualité unique, le sacrifice de soi. L'homme ne possède pas un tel sens du sacrifice. On entend rarement dire qu'une femme est allée boire sa paye. Les femmes pensent à long terme, elles économisent, elles sont solvables. Voilà pourquoi le ratio de la Grameen Bank s'est inversé. Aujourd'hui, les femmes sont nos principaux clients. A 90 %… Les banques traditionnelles n'ont jamais pensé prêter aux femmes, elles n'ont jamais compris la force économique vertueuse et dynamique qu'elles représentent.

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Vous appelez de vos vœux un " capitalisme social ", un nouveau capitalisme. C'est-à-dire ?

Souvent on me demande : " Vous avez créé la Grameen Bank. Est-ce que vous n'en tirez aucun profit ? " Je réponds : " Je ne possède pas la Grameen, je ne possède aucune part de la société. " J'ai toujours pensé que la Grameen Bank devait être possédée par les emprunteurs, les pauvres. Ce sont eux les propriétaires, d'ailleurs ils font partie du conseil de direction. Bien sûr, je suis chef d'entreprise, je reçois un salaire, mais celui-ci n'est pas lié au fait que je possède des parts. Travailler dans une entreprise à vocation sociale ne vous rapporte aucun dividende. D'autres interlocuteurs me disent, au Bangladesh : " Vous devez être riche, vous avez créé la plus grosse entreprise de téléphones mobiles du pays. " Je leur réponds : " Il s'agit en effet de la plus grosse entreprise de téléphonie mobile du pays, mais cela ne me rend pas riche pour autant. J'ai créé l'entreprise sans même jamais penser y prendre des parts. " Alors ils s'interrogent : " Pourquoi avoir bâti tout cela si vous n'y gagnez rien ? " Je gagne ce que me rapporte mon travail.

Vous avez contribué à fonder de nombreuses sociétés pourtant…

J'ai participé à la création de vingt-six sociétés avec la Grameen Bank, je ne suis actionnaire d'aucune. Je sais bien ce que les certains pensent : " C'est un idéaliste. " Mais non, je ne suis pas idéaliste, je suis réaliste. Tout le monde espère gagner de l'argent en faisant des affaires. Mais l'homme peut réaliser tellement d'autres choses en faisant des affaires. Pourquoi ne pourrait-on pas se donner des objectifs sociaux, écologiques, humanistes ? C'est ce que nous avons fait. Le problème central du capitalisme " unidimensionnel " est qu'il ne laisse place qu'à une seule manière de faire : rentrer des profits immédiats. Pourquoi n'intègre-t-on pas la dimension sociale dans la théorie économique ? Pourquoi ne pas construire des entreprises ayant pour objectif de payer décemment leurs salariés et d'améliorer la situation sociale plutôt que chercher à ce que dirigeants et actionnaires réalisent des bénéfices ?

Quelles en seraient les règles de fonctionnement, à la fois capitalistique et social ? Pourriez-vous donner des exemples ?
Les premières entreprises de ce genre gravitent déjà autour de la Grameen Bank ou du commerce équitable. Elles ressemblent à des sociétés capitalistes classiques, elles emploient des travailleurs, produisent des biens et des services, proposent à leurs clients un prix unique et cohérent, couvrent leurs coûts de façon pérenne sans rien attendre des dons ou d'une aide gouvernementale. Ce sont des affaires qui tournent, s'équilibrent, ne dépendant pas de la charité. Leur particularité ? Elles se destinent à créer un bénéfice social pour une catégorie de population. Ce peut être, par exemple, produire une alimentation de qualité destinée aux enfants pauvres en se débarrassant de tous les coûts d'emballage luxueux et la publicité des aliments classiques. Ou encore commercialiser des polices d'assurance-maladie permettant aux plus démunis d'accéder à des soins médicaux. Ou bien se consacrer au recyclage des ordures et des eaux usées qui polluent un quartier où vivent les laissés-pour-compte. Regardez autour de vous, vous trouverez partout de quoi monter un social-business. Sans doute faudrait-il en imaginer un qui puisse aider les familles poussées à la rue par la crise des subprimes.

Propos recueillis par Frédéric Joignot


par Mecchano
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Samedi 26 avril 2008
Macadam gamers

Par MARIE LECHNER, Libération, www.liberation.fr
samedi 26 avril 2008

Fini les couch potatoes rivés à leur console. En ces temps d’obésité galopante, se gondoler sur la balance de la Wii Fit en déculpabilisera certains mais ne saurait suffire. Pour jouer, il va falloir se bouger le cul : marcher, courir, pédaler à travers les rues. Grâce aux applications de géolocalisation qui se généralisent, les jeux deviennent mobiles et quittent l’écran pour s’infiltrer dans la ville.

Dans Heartlands, mis au point par Active Ingredient, duo de Nottingham, c’est le cœur qui fait office de joystick. Leur dispositif combine un capteur fixé sur l’index du joueur qui enregistre ses pulsations cardiaques et un PDA doté d’un GPS. Heartlands retrace les déplacements du joueur dans la ville et les reporte sur l’écran du PDA. Le paysage du jeu varie en fonction du rythme cardiaque : s’il est optimal, le sentier se recouvre de fleurs, s’il est trop lent ou trop rapide, il se transforme en désert parsemé de têtes de mort ou en jungle. On contrôle le jeu en contrôlant son corps, le but est de parcourir la plus grande distance tout en maintenant un bon niveau d’activité cardiaque durant vingt minutes, fixée en fonction de l’âge du participant.

Territoire. Mi-jeu, mi-exercice physique, il existe aussi en version multijoueur : chaque fois qu’un participant croise la trajectoire d’un autre compétiteur, il peut lui dérober son territoire. «C’est une manière ludique d’explorer les relations du joueur à la fois avec l’espace qu’il habite et l’espace invisible à l’intérieur de son corps, expliquent les auteurs. Le corps du joueur devient un nouveau compagnon, une machine molle qui réagit à l’effort et qu’il peut percevoir durant sa course.» Gaffe tout de même à ne pas se prendre une voiture à force d’avoir l’œil rivé sur l’écran.

Le jeu sera présenté du 19 au 25 mai à Mains-d’œuvres à Saint-Ouen, durant le festival d’art numérique Mal au pixel. Heartlands a remporté un tout nouveau prix décerné par Nokia qui récompense des applications ubiquistes innovantes. Pas vraiment anodin quand on sait que le premier fabricant de téléphone a acquis en automne l’éditeur américain de logiciels de navigation Navteq au prix fort de 5,7 milliards d’euros. L’autre géant du secteur, Tomtom, premier fournisseur mondial de GPS, vient lui de passer un accord avec SFR. Les téléphones portables avec GPS intégré ouvrent la porte à une multitude de services localisés et personnalisés, et accessoirement, à de nouveaux concepts de jeux.

Décor familier. Les jeux urbains ont connu un essor dans les années 90 avec le geocaching, sorte de chasse au trésor planétaire au GPS. Certains comme PacManhattan déplacent l’arène du jeu vidéo Pacman sur la grille des rues de Manhattan. Au lieu d’immerger le joueur dans un monde imaginaire, il le plonge dans un décor familier, celui du quartier, et l’oblige à se déplacer physiquement pour remplir ses missions. PacManhattan, qui date de 2004, est une version low-tech, pré-GPS, où les positions des joueurs sont communiquées vocalement à la salle de contrôle, via le mobile. A l’occasion du festival Come Out and Play qui se tenait à Amsterdam en septembre dernier, Navball proposait une partie de foot dans la ville, mettant aux prises deux équipes de 11 joueurs munis de GPS. Le ballon et le but (virtuels) sont placés sur une carte d’Amsterdam et les joueurs doivent parcourir pendant quarante-cinq minutes la ville, trouver le ballon et l’envoyer au fond du filet.

Les flâneurs préféreront la version deux roues mises au point par le collectif londonien Blast Theory, qui mixe théâtre et jeux utilisant la localisation. Moins sportif et plus narratif, Ride Spoke propose de parcourir la ville sur un vélo équipé d’un petit ordinateur fixé sur le guidon, les points d’accès wi-fi permettant de déterminer la position des participants.

Le cycliste part à la recherche d’«endroits cachés». Une hirondelle survole l’écran lorsqu’il en détecte un. Il est invité à poser le pied et à répondre à des questions : «Décrivez-vous, comment vous sentez-vous ?» ou «Trouvez un endroit que votre père aimerait et enregistrez votre message».

L’autre partie du jeu consiste à découvrir les endroits débusqués par d’autres participants et à écouter les histoires qu’ils y ont laissées, trace émotionnelle de leur passage. Ride Spoke est une pièce coécrite et révélée par le public, métarécit invisible posé sur l’architecture urbaine, brouillant un peu plus les frontières entre monde réel et virtuel.


par Mecchano
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Samedi 26 avril 2008
Le RSA, une solidarité des pauvres

Par  FRANÇOIS WENZ-DUMAS, Libération, www.liberation.fr
samedi 26 avril 2008


                                       Martin Hirsch, haut commissaire aux solidarités actives (Archive Reuters).


Allocations. Le revenu de solidarité sera financé en partie par la prime pour l’emploi.

Martin Hirsch n’aura pas besoin de mettre sa démission dans la balance. Le président de la République en a pris l’engagement : le RSA (revenu de solidarité active), conçu par le haut commissaire aux Solidarités actives contre la pauvreté, va être généralisé «courant 2009». «Cela se fera en maîtrisant le coût, parce qu’on va redéployer une partie du coût de la prime pour l’emploi», a précisé Nicolas Sarkozy, jeudi lors de son entretien télévisé. Au total, le nouveau dispositif devrait coûter «1 ou 1,5 milliard d’euros», a-t-il indiqué.

Dispositif. Le principe du RSA est de permettre le cumul entre un revenu d’assistance de type RMI et un revenu d’activité, pour encourager le retour à l’emploi. Il est actuellement expérimenté dans 34 départements. S’il était généralisé, le surcoût du RSA par rapport aux actuels minima sociaux serait au moins de 3 milliards ou plus vraisemblablement de 4 à 5 milliards d’euros par an.

Un RSA, tel que Sarkozy veut l’instaurer, serait-elle une formule au rabais? Telle est la première réaction de la gauche ou du Modem (lire ci-contre). Renseignements pris auprès du haut commissaire aux Solidarités actives et du ministère de l’Economie, le RSA revu et corrigé ne sera pas une pâle copie de l’original, mais bien une version modifiée. Celle-ci intégrera non seulement les bénéficiaires du RMI ou de l’allocation parents isolés (API), mais aussi les «travailleurs pauvres», ceux dont les revenus sont inférieurs (s’ils sont à temps partiel) ou légèrement supérieurs au Smic. Cet élargissement du dispositif à des personnes qui ne sont pas directement des assistées, devrait paradoxalement permettre de trouver un nouveau financement en redéployant la PPE (Prime pour l’emploi), qui bénéficie à un peu plus de 8 millions de personnes. «Actuellement, un ménage avec 50 000 euros de revenus annuels, s’il a trois enfants, peut toucher la PPE, rappelait vendredi Martin Hirsch, interrogé par Libération. A ce niveau de revenus, on ne peut plus parler de travailleurs pauvres.» Et parmi les bénéficiaires de la PPE, un sur dix, soit plus de 800 000 personnes, touche moins de 80 euros par an, soit 7 euros par mois.

Question. Autre constat, sur les 4,5 milliards d’euros que coûte la PPE au budget de l’Etat, 1 milliard bénéficie à des ménages qui se situent parmi les 50 % les plus aisés. Mais pour financer le RSA, ce milliard ne suffira pas à compléter les «1 ou 1,5 milliard d’euros» annoncés par Nicolas Sarkozy.

Au ministère de l’Economie, le scénario envisagé est de diviser par deux le nombre de bénéficiaires de la PPE, qui passerait ainsi de 8 à 4 millions. Le RSA concernerait donc non seulement le million d’allocataires du RMI, les 200 000 titulaires de l’API, mais aussi 4 millions de bénéficiaires de la PPE si sont retenus dans le dispositif ceux qui touchent actuellement au moins 50 euros par mois de prime. «La principale question encore en suspens est de savoir où l’on place la barre», reconnaît Martin Hirsch.

Que deviendront les autres ? A Bercy, on envisage d’instaurer pour eux un dispositif transitoire en 2009, qui leur maintiendrait une PPE réduite. L’objectif est qu’à partir de 2010 le RMI, l’API et la PPE soient fusionnés dans le cadre du RSA. Le coût global du nouveau dispositif serait de 11,5 à 12 milliards d’euros par an, contre 10,5 milliards actuellement. «Il y aura des gagnants et des perdants, reconnaît-on à Bercy, et la question la plus épineuse est évidemment celle des perdants.» Question d’autant plus épineuse qu’il s’agit d’actifs aux revenus modestes, pour qui la question du pouvoir d’achat est restée en travers de la gorge.



par Mecchano
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Samedi 26 avril 2008

Julien Dray : le protectionnisme n'est pas un gros mot !


Par Sylvain Lapoix, 25 avril 2008, Marianne2

www.marianne2.fr


Pour sa dixième édition, le Club de la presse Internet a invité Julien Dray candidat à la succession de François Hollande. Après avoir réagi à l'intervention de Nicolas Sarkozy, le porte parole du PS s'explique sur la campagne qu'il entend mener au sein du PS.



J'ai du respect pour Nicolas Sarkozy
Face aux questions de David Abiker (Radio France), Samuel Pottier (figaro.fr), Julien Martin (Rue89) et Philippe Cohen (Marianne2.fr), Julien Dray a souhaité se démarquer d'un «antisarkozysme primaire». Il a reconnu que sur la forme, Nicolas Sarkozy avait réussi à se repositionner comme Président au cours de son intervention télévisée sur TF1 et France 2. Sur le fond en revanche, il juge que le volontarisme sarkozyste, qui avait eu un impact réel dans les milieux populaires, a totalement disparu, ainsi que sa prétention à réhabiliter l'ascenseur social.
En revanche, Julien Dray a plutôt approuvé le virage atlantiste de Nicolas Sarkozy : «Je suis hostile à l'anti-américanisme primaire. Je ne réclame pas le départ des Américains de l'Irak.»Il fa rappelé que c'est un gouvernement de gauche qui avait voté la participation de la France à l'intervention militaire de la coalition en Afganistan.
Julien Dray a ensuite critiqué «le discours autoritaire» du Président sur la jeunesse, notant qu'il y avait encore des classes de 30 ou 35 élèves dans les banlieues : «Je préfère des jeunes qui manifestent pour avoir plus de moyens que des jeunes qui brulent des voitures dans les cités.»
Enfin, Julien Dray rappelle qu'en 1993, Nicolas Sarkozy défendait le slogan Zéro immigration quand lui proposait déjà les quotas. Mais il y a, selon lui, quota et quota, ceux qui servent les intérêts des pays d'accueil et ceux qui profitent aux pays d'émigration. Il convient, a-t-il précisé de construire des compromis entre les deux.


François Hollande aurait dû être candidat en 2007
Julien Dray explique ses objectifs et sa stratégie pour conquérir le Parti socialiste. «Pour moderniser le PS, il ne faut pas être candidat en 2012, ce qui est mon cas. Il faut passer de 160 000 à 300 000 militants.» Il critique Ségolène Royal, qu lei joue «perso», Manuel Vals quand il veut abandonner le mot de socialiste, comme il le propose : «Il ne faut pas jeter le bébé avec l'eau du bain sale. Celui qui n'a pas de passé n'a pas d'avenir.» Au passage, Julien Dray lance aussi une pique contre Jean-Luc Mélenchon qu'il accuse de prosélitisme pro-chinois. En revanche, il regrette que François Hollande n'ait pas été capable d'imposer sa candidature en 2007 : «J'avais fait la synthèse entre le oui et non au Traité dans le PS dans l'idée que François allait devenir le candidat de la synthèse.»
Pour se porter candidat, Julien Dray a commencé par consulter François Hollande, qui ne l'a pas découragé; il a ensuite visité «les éléphants et les éléphanteaux.», et rencontre les militants dans différentes fédérations.


Parlons Net 10 J Dray / 3/5 Comment conquérir le PS ?

L'Europe doit se protéger, le protectionnisme n'est pas un gros mot.
Julien Dray fait partie de Facebook. Il anime un groupe de soutien à Hilary Clinton. Quand on lui fait remarquer que la candidate américaine défend le protectionnisme, il répond que cette option n'est pas un gros mot et que l'Europe doit pouvoir se défendre lorsque la concurrence n'est pas loyale.
Revenant sur Internet, il manifeste son inquiétude en citant une expérience personnelle lorsqu'un photographe a menacé de publier une photo de lui avec une jeune fille dans un restaurant. Or, c'était sa fille! Cette situation risque de rendre les hommes et les femmes politiques paraoïaques. Ce qui n'empêche pas Julien Dray d'utiliser le Web comme un baromètre. Julien Dray va d'ailleurs créer un site jdray.fr dans quelques semaines.


Le meilleur du Web
Samuel Pottier pour figaro.fr et Julien Martin pour Rue89, ainsi que Philippe Cohen pour Marianne2.fr signalent les meilleurs articles en ligne sur leurs sites respectifs.

par Mecchano
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