Mardi 29 avril 2008
Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse

Par Eric De Ruest, CADTM (Comité pour l’abolition de la dette du Tiers-monde)

Avril 2008, www.cadtm.org

 

 

Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de manière aussi brutale qu’importante et les populations, déjà paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l’incapacité d’assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement issues des jeux économiques. D’une part, une spéculation de replis sur les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d’autre part la production d’agrocarburants et le réchauffement climatique. Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les autorités locales africaines comme responsables des choix catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux conditionnalités de la Banque mondiale, du Fonds monétaire international (FMI) ou encore aux Accords de partenariat économique (APE). Ceux qui façonnent l’opinion publique font ici preuve d’une légèreté étonnamment orientée. C’est ainsi que l’on peut lire dans la presse écrite belge : « de nombreux pays du continent [africain] importent des aliments au lieu de les produire, parce que les autorités locales donnent la priorité aux cultures d’exportation afin d’en retirer les devises pour acheter ce qu’ils ne produisent pas |1| ». Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisation, de plans d’ajustement structurel, imposés depuis bientôt trente ans par les institutions financières internationales (IFI) et les gouvernements du Nord au reste de la planète.

 

 

Les PAS (plans d’ajustement structurel) ont été imposés par les institutions de Bretton Woods aux pays du Sud dans le contexte de la crise de la dette du début des années 1980 |2|. Ces mécanismes, tout droit issus de l’idéologie néolibérale, englobent l’ensemble des secteurs des sociétés visées. En effet, pour les théoriciens du néolibéralisme, la mondialisation déploiera l’ensemble de ses bienfaits quand chaque région produira ce en quoi elle excelle et laissera donc le soin aux autres régions de produire la majorité de ce dont elle a besoin. C’est en substance la théorie des avantages comparatifs datant de 1817. Plus simplement, un pays reconnu comme étant particulièrement adapté à la culture du cacao doit renoncer à produire les céréales, les huiles végétales, les légumineuses nécessaires à l’alimentation de base de ses habitant(e)s et doit échanger sur le marché mondial sa production contre tout ce qui lui manque. Il s’agit donc de se couper des cultures vivrières séculaires et essentielles à la souveraineté alimentaire des peuples pour se plier aux jeux des économistes. Jeux dangereux qui ont montrés leurs limites très rapidement et dont on peut contempler toute la déraison à travers les échecs observés dans de nombreux pays ( Haïti, le Sénégal, le Burkina Faso, etc.). Dangereux car ignorants la destruction de la biodiversité au profit des monocultures d’exportations, ignorants aussi les impacts écologiques désastreux des transports nécessaires pour toutes ces marchandises. De plus, comment imaginer, sans une politique volontariste de contrôle des prix, qu’un pays qui exporte l’arachide dont les cours restent bas pendant 20 ans sur le marché mondial pourra importer les tracteurs et le pétrole nécessaires à son maintien sur ce marché ? Quand on connaît la tendance des cours du Brent à s’envoler toujours plus vers de nouveaux sommets et des prix des biens manufacturés à rester démesurément supérieurs aux cours de cette pauvre cacahuète, on imagine la catastrophe. C’est immanquablement la ruine et la famine pour la paysannerie locale et l’inévitable migration vers les bidonvilles pour une large partie de cette population.

Quelle est donc cette théorie issue des milieux intellectuels réputés sérieux qui fait fi de la biodiversité, de la souveraineté alimentaire des peuples, des risques de destruction par différents fléaux naturels ou humains accrus par le choix de la monoculture, de l’essence chaotique du marché |3|, de la pollution généralisée ?

Une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale

Dans son premier rapport de 1999 consacré aux PAS, M. Fantu CHERU |4| explique que l’ajustement structurel va « au delà de la simple imposition d’un ensemble de mesures macroéconomiques au niveau interne. Il est l’expression d’un projet politique, d’une stratégie délibérée de transformation sociale à l’échelle mondiale, dont l’objectif principal est de faire de la planète un champ d’action où les sociétés transnationales pourront opérer en toute sécurité. Bref, les PAS jouent un rôle de ’courroies de transmission’ pour faciliter le processus de mondialisation qui passe par la libéralisation, la déréglementation et la réduction du rôle de l’Etat dans le développement national. » Réduction du rôle de l’Etat. Et cela vient d’un rapporteur spécial des Nations-Unies. M. CHERU n’est d’ailleurs pas le seul rapporteur des Nations-Unies à avoir évoqué dans ses travaux les conséquences néfastes des PAS. Des critiques détaillées issues des travaux d’autres experts onusiens font feu de tout bois dans les domaines du droit au logement, du droit à l’alimentation ou encore à celui de l’éducation |5|. Là où les IFI imposent la privatisation et ouvrent une voie royale à l’appétit gargantuesque des multinationales. C’est donc à cause d’une dette trop souvent issue de dictatures ou d’emprunts réalisés par les puissances coloniales (l’un n’empêchant pas l’autre) et transférés aux états nouvellement indépendants, que les gouvernements des pays du Sud (d’Afrique en particulier) |6| ont été contraints d’accepter les PAS et ainsi concéder une part importante de leur souveraineté. Si bien qu’avancer aujourd’hui que les choix stratégiques pour l’alimentation seraient encore dans les mains des gouvernements du Sud relève de l’escroquerie intellectuelle à moins d’un manque d’information indigne du journalisme que l’on est en droit d’attendre en démocratie. Entendons par là que fustiger à tort les Africains est une contre-vérité lourde de sens et qui n’aide en rien à créer un climat fraternel entre les peuples.

Un exemple pour mieux comprendre les impacts négatifs des PAS : Haïti

Les émeutes qui se sont déclenchées la semaine dernière à Port-au-Prince, mais aussi dans d’autres villes haïtiennes, ont été réprimées dans le sang. Une quarantaine de blessés au total dont quatorze par balles et au moins 5 morts. Pourtant, ces manifestations n’étaient que le résultat prévisible d’une flambée subite du prix du riz (de l’ordre de 200%). Quand on sait qu’aujourd’hui 82% de la population vit dans une précarité absolue avec moins de 2$ par jour, on comprend facilement de telles réactions face à cette augmentation. Haïti utilise 80% de ces recettes d’exportations uniquement pour couvrir les importations nécessaires à ses besoins alimentaires |7|. Cependant, il n’en a pas toujours été comme cela. Avant la chape de plomb dictatoriale des Duvalier père et fils (de 1957 à 1986), l’île connaissait l’autosuffisance alimentaire. Mais la tendance qu’ont les IFI’s à soutenir les dictatures s’est encore confirmée ici et le peuple haïtien, en plus des blessures personnelles (tortures, exécutions sommaires, climat de terreur permanent instauré par les tontons macoutes), se voit réclamer le remboursement de la dette externe qui culminait en septembre 2007 à 1,54 milliard de dollars |8| Le secteur agricole aura été le plus durement touché par les exigences des prêteurs et puisque la population était majoritairement rurale, l’ampleur des dégâts n’en a été que plus importante. En cause ? Principalement l’abaissement des droits de douane imposé aux pays du Sud mais rarement respecté entre l’Europe et les Etats-unis. Et l’enchaînement fatal s’est mis en place ; arrivée d’un riz produit à l’étranger à moindre coût (car subventionné) donc exode vers les villes de nombreux paysans ruinés et donc impossibilité de réaction du marché local en cas de flambée des prix sur le marché international. Ici comme ailleurs, les bénéfices de la libéralisation sont inexistants pour la très grande majorité de la population, les dégâts sont par contre considérables.

Un tsunami d’origine bien humaine

Quand les pompiers pyromanes communiquent, partout la presse y fait écho. Le (pas très bon) mot de L.Michel est cité par tous les journalistes de la place européenne : « un tsunami économique et humanitaire ». On pourrait croire par là que la crise a une cause extra-humaine, comme le fruit d’une catastrophe naturelle. Pourtant, comme nous l’avons développé plus haut, les causes de la crise sont par trop le résultat de politiques dictées par les milieux financiers aux gouvernements du Sud. C’est aussi à notre voracité énergétique qu’il faut imputer une des causes de cette crise ; Les agrocarburants rentrent bien en concurrence, sur le marché, avec les denrées alimentaires. La spéculation qui se fait autour de cette nourriture changée en carburant tire le prix des céréales et du sucre vers de nouveaux plafonds. Même Peter Brabeck, patron de la multinationale Nestlé, s’inquiète de la situation dans une interview au journal suisse « NZZ am Sonntag » du 23 mars 2008. Pour lui, si l’on veut couvrir 20% de la demande pétrolière avec des agrocarburants, il n’y aura plus rien à manger |9|.

Il est donc plus que temps d’abandonner ce modèle de (sous-)développement néfaste et de laisser le choix aux populations de cultiver prioritairement pour leur marché intérieur. Actuellement, avec les connaissances acquises dans le domaine de l’agriculture respectueuse de l’environnement, nous pouvons viser l’autonomie alimentaire régionale sur l’ensemble de la planète et donc satisfaire à un droit humain fondamental, celui de se nourrir décemment. Les conséquences positives de ces progrès tant attendus seraient de favoriser rapidement la santé dans un premier temps, puis l’éducation, induisant une qualité de vie meilleure sous toutes les latitudes.

notes articles:

|1| p.4 de « la libre Belgique », un article de M.F.C. (avec l’AFP et Reuters) ce jeudi 10 avril 2008

|2| Lire E.Toussaint « la finance contre les peuples : La bourse ou la vie » chap.8 p.187 coédition Syllepse /CADTM/CETIM, 2004.

|3| Benoît Mandelbrot a conçu, développé et utilisé une nouvelle géométrie de la nature et du chaos. On sait moins que la géométrie fractale est née des travaux que Mandelbrot avait consacrés à la finance au cours des années 1960. Pour de plus amples informations lire : « Fractales, hasard et finance », de Benoît Mandelbrot, 1959-1997 en poche.

|4| Expert indépendant auprès de l’ancienne commission des droits de l’homme des Nations-Unies (sur les effets des PAS sur la jouissance effective des droits humains - rapport E/CN.4/1999/50 du 24 février 1999)

|5| Lire à ce propos la brochure éditée par le CETIM « Dette et Droits Humains », décembre 2007.

|6| Pour le Congo par exemple, au 30 juin 1960, jour de l’indépendance, la dette directe s’élève à un total de 921 096 301,44 US$ » (Tiré de l’article de Dieudonné Ekowana).

|7| Ce qui laisse très peu de marge pour tout le reste, tout ce qui est pourtant nécessaire au développement d’un pays. Jamais d’ailleurs le duo infernal FMI/BM ne s’est vanté d’une quelconque réussite de ses politiques sur cette île.

|8| Selon la Banque mondiale et l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (UNODC) Bébé Doc. aurait détourné au total entre 300 et 800 millions de dollars.

|9| Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique sur les bénéfices des agrocarburants et qui a affirmé qu’une transition vers ce type de palliatif au pétrole aurait un impact négatif sur la production alimentaire.

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par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Des insectes utilisent des plantes comme un téléphone


Par Jean-Luc Goudet, Futura-Sciences
28 avril 2008


Entre ceux qui volent et ceux qui rampent, des insectes d'espèces différentes mais s'intéressant aux mêmes plantes peuvent se laisser des messages sur les feuilles. Pour qu'on les laisse tranquilles, ils inscrivent, olfactivement, « Occupé ».

 

C'est une sorte de coopération entre différentes espèces d'insectes que viennent de mettre en évidence des chercheurs hollandais du NIOO (Institut néerlandais d'écologie). Lorsqu'un insecte vivant sur le sol, mangeur de racines, s'installe sur une plante qui lui convient, il grimpe sur ses feuilles et y dépose un message chimique, signifiant très exactement « cette plante est déjà occupée ». Si d'aventure, un insecte volant entendait utiliser cette plante, il saura lire cette pancarte olfactive et aller un peu plus loin.

En découvrant ce phénomène, Roxina Soler et ses collègues (Jeffrey Harvey, Martijn Bezemer, Wim van der Putten et Louise Vet) ont ainsi résolu une énigme ancienne : pourquoi certains insectes volants semblent-ils moins se plaire lorsqu'on les force à vivre sur des plantes colonisées par des insectes fouisseurs ? Ces chercheurs travaillent au Département des interactions multitrophiques. Comme le nom du laboratoire l'indique, son sujet d'intérêt est l'étude des liens qui se tissent entre différents niveaux trophiques, c'est-à-dire entre des organismes qui occupent des places différentes dans la chaîne alimentaire.


La chenille du petit diptère Delia radicum vit sur la moutarde noire, ou moutarde des champs (Brassica nigra). Il en occupe le sous-sol et le rez-de-chaussée, signale sa présence, ce qui peut intéresser la piéride du chou (Pieris brassicae), qui vit dans les étages supérieurs. Mais il semble bien que le message soit capté par un pirate, la guêpe parasite (Cotesia glomerata), qui cherche des chenilles dodues pour y pondre ses œufs. Oui mais l'hychneumonidé Lysibia nana est attiré lui aussi par la probabilité d'y trouver sa proie, la guêpe parasite, justement... © Department of Multitrophic Interactions (MTI)/NIOO

Les ennemis de mes ennemis sont mes amis

Leurs observations ont porté sur les petits occupants de la moutarde noire (Brassica nigra), colonisée du sol au plafond par un diptère (la mouche du chou), un lépidoptère (la piéride du chou) et deux hyménoptères, une guêpe parasite de chenille et l'un de ses propres parasites. La présence du diptère modifie manifestement l'attractivité de la plante pour les autres insectes.

Les interactions sont complexes. On peut penser que le premier sens du message est de signaler aux insectes volants la présence d'un occupant, ce qui évite ainsi une concurrence inutile entre espèces. Mais ce signal olfactif attire aussi les prédateurs des chenilles, comme la guêpe parasite qui y pondent leurs œufs. L'histoire ne s'arrête pas là car le message intéresse aussi des hyperparasites, comme Lusibia nana, qui, eux, vivent aux dépens des parasites de chenilles...

Ces interactions sont aujourd'hui très mal connues. Beaucoup de travail a été effectué sur les phéromones, qui servent de moyen de communication entre individus d'une même espèce, par exemple entre mâles et femelles. Manifestement, les échanges existent aussi entre des animaux différents mais partageant le même milieu. On commence seulement à s'intéresser vraiment à cette échelle interspécifique. Ce travail est un début, pour tenter de mieux comprendre ces interactions entre des organismes aériens et souterrains, entre herbivores, carnivores et parasites. La relation entre animaux et végétaux figure également au programme car les plantes sont loin d'être d'être passives dans ce concert olfactif destiné à écarter les malfaisants ou attirer les ennemis des ennemis.


Une interaction complexe entre des animaux d'espèces complètement différentes. © Department of Multitrophic Interactions (MTI)/NIOO
Une interaction complexe entre des animaux d'espèces complètement différentes. © Department of Multitrophic Interactions (MTI)/NIOO
par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance


L'économiste Christian Jacquiau décrypte pour Marianne2 la mystification du projet de loi LME qui, sous couvert de défendre le pouvoir d'achat, fait le lit de l'oligopole de la grande distribution.

Par Christian Jacqiau, Marianne 2
 28 avril 2008, www.marianne2.fr



Nicolas Sarkozy, président de la décroissance

Reconnaissant ses erreurs sur presque tous les sujets, Nicolas Sarkozy nous la joue désormais profil bas. Sans rien changer au fond. Sur RTL, Nicolas Poincaré s'est livré dans l'émission On refait le monde du 25 avril 2008 à un édifiant montage de son mea culpa télévisuel.
Florilège : Le paquet fiscal ? «Une erreur de communication totale».
La carte famille nombreuse ? «On a commis une erreur».
Ingrid Betancourt ? «Peut être que j'ai mal fait ».
La cacophonie au gouvernement ? «J'ai sans doute fait une erreur».
La surmédiatisation de sa vie privée ? «Sans doute ai-je une part de responsabilité».
C'est ma faute, c'est ma faute, c'est ma très grande faute...

Est-ce l'arrivée de Thierry Saussez, parachuté dans la précipitation sur l'Élysée pour sauver l'image du soldat Nicolas qui lui donne tant d'humilité ?
Ou bien s'agit-il d'un nouvel exercice de communication cachant à peine une incapacité chronique pour notre champion de la réforme (55 au compteur dès la première année de son quinquennat) de se réformer lui-même ?

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance
                                                                   Un Président fâché avec l'économie

Le président Sarkozy est un homme qui va vite.

Dans la confusion qui règne à l'Élysée, il travaille désormais à la mise en oeuvre de décisions soufflées par des conseillers de passage (le lobby de la grande distribution, Jacques Attali, Michel-Edouard Leclerc et quelques autres...) aux effets pour le moins contre-productifs, inflationnistes, destructeurs d'emplois et donc… réducteurs de pouvoir d'achat. De quoi alimenter ses futures confessions télévisuelles.
À la question de la journaliste Véronique Auger (France 3) : «Vous aviez dit que vous seriez le président du pouvoir d'achat», Nicolas Sarkozy rabâche : «Le problème de la France c'est qu'on ne travaille pas assez, que par conséquent on n'a pas assez de croissance et pas assez de pouvoir d'achat».
Et si c'était rigoureusement le contraire ?
Et s'il était, par ses décisions à l'emporte-pièce, un facteur aggravant de la situation ?
Qui peut croire sérieusement que la compression du pouvoir d'achat (maintien des salaires au plus bas, réduction des prestations sociales, application de la franchise médicale, etc.) accentuée encore par la volonté annoncée de baisser les prix à la production (ce qui ne peut qu'avoir un effet négatif sur les revenus des producteurs, des entreprises et de leurs salariés) pourrait déboucher sur une progression de la consommation susceptible de faire tourner nos usines à plein régime, au point qu'elles en arriveraient à embaucher massivement ?
Qui, à part peut-être Jacques Attali, ceux qui l'écoutent, et tous ceux qui ont intérêt à nous faire avaler cette incroyable couleuvre ?
«J'ai maintenant la possibilité de deux leviers supplémentaires», précise ce président décidément fâché avec la chose économique.
Quels sont donc ces deux miraculeuses manettes qu'il sort soudain de sa botte ?
« D'abord sur les prix. J'ai regardé les comparaisons de prix dans les grandes surfaces, ça va pas faire plaisir à tout le monde ce que je dis, mais c'est la vérité. Ce sont des chiffres qui ont été publiés par la commission européenne. Les prix ont davantage augmenté en France que dans la quasi totalité des i[autres pays d'Europe».
«C'est pas normaaaaaaal !», s'exclame le président, traînant sur les mots comme pour mieux exprimer son indignation du moment. Le constat n'est pourtant pas nouveau. Cela fait longtemps que la France est en tête des pays européens les plus chers. «Les prix ont augmenté au moment (du passage à) l'euro et c'est un beau mensonge que de le contester», affirme-t-il aujourd'hui un brin accusateur.
«Y'a pas de raison (sic) que les consommateurs français payent plus cher le même produit», s'indigne le président dans une envolée de comptoir, se gardant bien toutefois d'apporter une quelconque analyse à cet incontestable constat que font les citoyens français au quotidien.

Un cadeau à l'oligopole de la grande distribution

Comment expliquer cette incroyable différence de prix alors que le territoire français est le plus maillé au monde en terme de mètres carrés de grandes surfaces par habitants ?
La France compte en effet un hypermarché pour 46 000 habitants lorsqu'il y en a un pour 51 000 habitants en Allemagne et un pour 130 000 habitants en Italie !
De cela, Nicolas Sarkozy ne dira mot. Et pour cause puisqu'il entend bien renforcer la puissance de ces oligopoles en donnant davantage de pouvoir encore aux centrales d'achat de ses amis de la grande distribution !
À un Patrick Poivre d'Arvor l'interrogeant sur les multiples «tables rondes» réunies sur le sujet et n'ayant débouché sur rien, Nicolas Sarkozy répond sans vergogne : «nous avons progressé en supprimant une partie des marges arrière. Je ne vais pas entrer dans le détail de tout cela. Luc Chatel et Christine Lagarde présenteront un texte au mois de juin qui va permettre la négociabilité entre les fournisseurs et les grandes surfaces...», déclenchant manifestement interrogations et scepticisme chez les cinq journalistes venus l'interroger.
«Les fournisseurs de l'industrie agroalimentaire et les agriculteurs ne sont pas contents par rapport à cette loi. Ils estiment que cela va faire pression sur leurs marges à eux...», l'interrompt alors la journaliste Véronique Auger.
Le pouvoir accru, accordé sans contrepartie, sans garde-fou, aux centrales d'achat de la grande distribution ne peut, en effet, qu'avoir un impact dévastateur sur l'amont (les agriculteurs, les PME/PMI, l'industrie agroalimentaire et leurs sous-traitants) et en cascade : sur les salariés des filières, leurs emplois et leur pouvoir d'achat.
Le gouvernement Fillon, inspiré par le fameux rapport Attali, avait déjà réussi l'exploit de mettre les avocats et les coiffeurs dans la rue. Nicolas Sarkozy s'apprête à faire beaucoup mieux encore en faisant voter ces lois Chatel / Lagarde, réclamées depuis tant d'années par le lobby de la grande distribution.
Fait sans précédent, l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), la FNSEA (Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles), le réseau COOP de France (coopératives agricoles), la CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), la CGI (Confédération française du commerce interentreprises) et l'ILEC (Institut de liaison et d'études des industries de consommation), organisations en général plutôt légitimistes pour ne pas dire conservatrices, se sont déclarées prêtes à manifester devant l'Assemblée Nationale si le gouvernement ne revoit pas d'urgence sa copie. Du jamais vu !

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance
                                            Le gouvernement choisit la distribution contre l'agro-alimentaire


Réponse de celui qui a la charge de l'intérêt de la Nation, face à un panel de journalistes totalement médusés : «Ça pour faire pression on va faire pression !» (sic), ajoutant encore dans son langage de président : «Ça y sont pas contents... C'est moi qui suis pas content parce que les prix augmentent plus en France qu'ailleurs !».
L'industrie agroalimentaire française emploie 400 000 personnes et occupe, avec un chiffre d'affaires annuel de 140 milliards d'euros, la deuxième place mondiale du secteur, derrière les Etats-Unis.
Pourtant le président semble avoir choisi son camp. Et ce ne sont pas ces arguments de poids qui le feront fléchir, même si la pression des centrales d'achat sur le monde agricole et sur le monde de l'entreprise conduit inéluctablement à la compression de personnel (accélération des délocalisations et amplification de la recherche de sous-traitants socialement moins disant) et à la régression sociale.
«Les salaires en France sont trop bas, les charges sont trop hautes », lance Nicolas Sarkozy à la cantonade ignorant avec superbe que moins de salariés, c'est mécaniquement moins de cotisations sociales, patronales et salariales, ce qui surenchérit les coûts sociaux pour les cotisants restants et alimente le fameux discours sur le « trop de charges».
Moins de salariés c'est aussi moins d'impôts levés, avec pour conséquence globale la diminution des prestations de santé et de retraite, la remise en cause des services publics (fermeture au nom de la modernisation d'hôpitaux, de maternités, d'écoles, de tribunaux, de bureaux de poste ou encore de gare SNCF dites secondaires).
Au final, c'est la porte ouverte à la privatisation de tout ce qui faisait le lien social.
Nicolas Sarkozy est-il aussi naïf qu'on pourrait le penser ou bien, sous des airs de faux candide qui ne trompent plus que 28 % de l'opinion, s'inscrit-il résolument dans une fuite en avant tendant à imposer au pays un ultralibéralisme sauvage qui ne sert que les intérêts de ces puissances financières au sein desquelles il compte de nombreux amis ?
«Il faudra m'expliquer pourquoi le même produit augmente davantage lorsque c'est le consommateur français qui va dans une grande surface en France que lorsque c'est le consommateur allemand qui va dans une grande surface en Allemagne».
Quels sont donc ces conseillers du prince qui ont ainsi intérêt à lui mentir, au point de lui cacher jusqu'à l'impact désastreux des pratiques de la grande distribution française, parmi lesquelles ces fameuses marges arrière dont il semble tout ignorer des mécanismes ?
«Depuis que je suis élu président de la République, il y a eu la crise dite des subprimes qui est en vérité la crise d'un capitalisme financier qui marche sur la tête, qui a fait la part trop belle aux spéculateurs au détriment des entrepreneurs».
Est-ce une raison pour renforcer les pouvoirs de négociation (en fait de spéculation) de la grande distribution ?
Des cris d'alarme du monde paysan ou de celui plus inattendu des groupes de l'agroalimentaire, le président semble n'avoir cure, bien décidé d'appliquer les préconisations d'un rapport Attali inspiré du rapport Canivet, lui-même plus qu'inspiré par un certain Michel Édouard Leclerc, ami du président.
«Alors qu'ils soient pas content j'en suis… euh... tout à fait désolé » (sic) dira le président avant d'ajouter : « Ça ne change en rien ma détermination. Je rendrai aux Français du pouvoir d'achat en obtenant soit la baisse des prix, soit en tous cas la maîtrise de l'augmentation».
Rendre du pouvoir d'achat en obtenant la maîtrise de… l'augmentation ?
Le candidat l'avait promis. Désormais avec Nicolas Sarkozy tout devient possible !


Démonstration

«J'avais pris l'exemple invraisemblable du jambon qui avait augmenté de 40 % en grandes surfaces alors qu'il y avait une crise des éleveurs de porcs qui voyaient leurs prix de vente baisser. Alors y a bien quelqu'un qui entre le consommateur qui paie plus cher et le producteur à qui on paye moins cher, y a bien quelqu'un qui dégustait, en l'occurrence c'est le consommateur. Je ne l'accepte pas». (sic)
Explication de texte : ce « quelqu'un » entre le consommateur et le producteur que le président désigne ici comme consommateur / dégustateur n'est autre que la grande distribution et ses centrales d'achat qui se goinfrent véritablement sur le dos de ceux qui leur font confiance.
Dommage qu'il n'y ait personne dans l'entourage de Nicolas Sarkozy pour lui expliquer que le taux de marges arrière exigé de leurs fournisseurs par les distributeurs dépasse allègrement les 70 % du prix des produits de charcuterie industrielle ! Faut-il s'étonner alors qu'en bout de chaîne les producteurs vendent à perte ?
Le pire c'est que le même Nicolas Sarkozy s'apprête à leur donner carte blanche afin qu'ils puissent exiger davantage encore de leurs fournisseurs !
N'ayant manifestement rien compris au système de la grande distribution - ou feignant de ne pas le comprendre -, Nicolas Sarkozy qui, candidat, avait promis d'aller chercher la croissance « avec les dents » en arrive, à présent, à menacer ceux qui en sont victimes.
« Je vais aller beaucoup plus loin », annonce-t-il. « Et même si je dois convaincre ma propre majorité parlementaire, il faut changer la loi dite Raffarin sur l'urbanisme commercial pour mettre davantage de concurrence. Il faut changer la loi Galland sur la négociabilité des prix parce qu'il faut une vraie concurrence au service des consommateurs ».
Supprimer les modestes contraintes que constituait la loi Raffarin (soumettant à autorisation mais autorisant les nouvelles implantations) puis instaurer et légaliser une impensable concurrence déloyale entre le commerce de proximité et les grands réseaux de distribution fait désormais partie de la panoplie de ce président fâché avec les principes les plus élémentaires de l'économie.
En renforçant l'oligopole constitué par les six centrales d'achat de la grande distribution, le gouvernement s'apprête à accroître leur pouvoir de négociation sur l'amont (agriculteurs et industriels) ce qui ne peut se traduire que par une pression accrue sur les coûts de production, de nouveaux plans sociaux, de nouvelles délocalisations et au final : moins de pouvoir d'achat distribué, moins d'emplois et moins de croissance !
«Il y a eu en deux ans une augmentation de 20 % des travailleurs pauvres», lui pourtant rappelé une Véronique Auger très incisive.
Mais Nicolas Sarkozy a d'autres trucs encore pour relancer la sacro-sainte croissance.
«La deuxième chose qui va me permettre de donner du pouvoir d'achats aux français : le premier ministre déposera un texte dans les 15 jours sur l'intéressement et là, c'est un véritable... projet de société».
De quoi s'agit-il ?
«Il y a des entreprises qui font des profits, et c'est tant mieux, et on peut pas s'en plaindre. II faut souhaiter que toutes les entreprises fassent des profits, des profits souvent considérables et c'est tant mieux, mais il faut que chaque salarié des entreprises puisse en profiter. J'observe qu'en France, les entreprises de moins de 50 salariés ne sont pas obligées de faire la participation ou de faire l'intéressement (sic) et bien désormais, une entreprise qui distribuera une partie de ses bénéfices à ses salariés paiera moins d'impôts sur les bénéfices».
Une promesse qui n'engage que celui qui la professe, puisque la négociabilité des prix réduira les bénéfices de nombre d'entreprises, notamment les plus petites et les plus fragiles, et que l'intéressement risque bien dans ce contexte de se réduire à peau de chagrin.
Qui donc peut vouloir tant de mal à Nicolas Sarkozy pour le conseiller de s'engager dans une telle voie sans issue ?
À moins que décidé de donner tort à ceux de ses détracteurs qui pensent qu'il a définitivement tourné le dos au Grenelle de l'environnement, le président n'engage la France avec volontarisme, personne n'oserait croire que c'est à l'insu de son plein gré, dans une véritable politique de… décroissance ?
Il voudrait le faire qu'ils ne s'y prendrait pas autrement.

Nicolas Sarkozy, président de la décroissance
par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

GDF : il y a de l’or dans le gaz !


Bakchich TV /
lundi 28 avril par Marion Gay
www.bakchich.info

Ca sent le roussi à Gaz de France ! Le 16 avril, le « Canard Enchaîné » révélait que GDF avait augmenté le prix du gaz dans le but de doper ses bénéfices et sa valeur boursière avant sa fusion avec Suez, prévue dans les mois à venir. Depuis, on a découvert que cette belle entreprise ne s’arrêtait pas là. Pour améliorer encore sa trésorerie, notre grand fournisseur a trouvé une redoutable astuce : faire payer au client un gaz qu’il n’a pas consommé !

Que se passe-t-il entre GDF et ses clients ? Depuis l’été 2007, l’association de consommateurs « UFC-Que Choisir ? » voit s’amonceler sur ses bureaux des centaines de lettres de Français qui se plaignent de recevoir du grand gazier des factures délirantes. Deux, trois, jusqu’à quatre fois le montant de ce qu’ils consomment réellement !

Lilas, par exemple, employée d’une galerie d’art parisienne, a une ardoise de 415 euros à payer en février 2008, alors qu’en février de l’an dernier sa facture était de 106 euros seulement. L’explication, c’est que GDF calcule parfois au pif la facture du client. Deux fois par an, un agent se déplace chez Lilas pour relever le compteur indiquant les m3 de gaz réellement consommés : c’est la « facture réelle ». Mais entre deux relevés de compteur, GDF réalise des « estimations ».

Par exemple, si Lilas a consommé 200 m3 en janvier 2007, on lui facture 200 m3 en janvier 2008. C’est la « facture estimée ». Sauf que depuis l’ouverture du marché de l’énergie et la séparation de GDF et EDF, en juillet 2007, les estimations sont devenues folles ! Et bizarrement, dans un sens qui arrange plus GDF que ses clients…

A la fin, le gazier finit toujours par rembourser le trop-perçu. Mais cela ne se fait pas en un jour. Un temps durant lequel l’entreprise dispose d’un argent qui ne lui revient pas, et que les clients, qui ne pensent décidément qu’à leur pouvoir d’achat, auraient préféré utiliser à leur guise. Au bout du compte, c’est un peu comme si GDF vous obligeait à lui avancer de l’argent…

Aujourd’hui, vive le progrès, Lilas peut envoyer sa consommation par Internet. Sauf que Lilas n’a pas d’abonnement internet… Que faire ? demande Lilas à son fournisseur. GDF lui répond, ne vous inquiétez pas, et il informe sa jeune cliente de l’existence d’un numéro « Caza », sur lequel elle peut déclarer sa consommation réelle au compteur. Lilas compose ce fameux numéro, mais c’est un numéro surtaxé qui coûte 11 centimes la minute, soit plus de dix fois plus que le coût d’un appel normal. Et hop, encore quelques piécettes dans la tirelire de GDF !

Vive les nouvelles factures !

Décidément, cela devient compliqué d’échapper à la surfacturation. On dirait même que tout conspire pour qu’on n’y parvienne pas. Récemment, les clients de GDF ont reçu une nouvelle facture, décrite par la gazier comme étant « plus complète et plus lisible ». Sauf que sur cette nouvelle facture, on ne peut plus lire la quantité de gaz que l’on a consommée en mètres cubes, qui justement permettait au client de savoir si l’estimation de GDF collait avec les chiffres indiqués au compteur. Pas de chance ! Heureusement que deux fois par an, le bel agent GDF vient relever les compteurs et permet de rédiger une facture qui corrige les excès.

A quoi joue GDF ? Cherche-t-il vraiment, comme on le soupçonne à « Que-Choisir ? », à se constituer une tirelire sur le dos des consommateurs ? On peut se le demander en relisant l’article du Canard Enchaîné du 16 avril 2008. Le volatile avait établi que GDF cherchait à se remplir à toute vitesse une grande cagnotte dans l’objectif d’augmenter sa valeur boursière, ce qui lui permettra d’arriver en force au moment de sa fusion avec Suez, attendue dans les mois à venir.


par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Congo: quand les soldats de la paix font du trafic d'armes 


Par David Servenay | Rue89 | 28/04/2008 | www.rue89.com



Des soldats pakistanais de l'ONU au sud Kivu (Marlene Rabaud/Reuters).

 

Après les accusations de torture contre les soldats français engagés dans l'opération Artemis, voici que les troupes indiennes et pakistanaises de l'ONU sont soupçonnées de trafic d'armes.

L'affaire est révélée par une enquête de la BBC diffusée ce lundi soir. Fin 2007, une enquête interne des Nations unies avaient classé le dossier, "en l'absence de preuves concordantes".

Réputée pour ses enquêtes au long cours, l'émission Panorama de la BBC livre le résultat de dix-huit mois d'enquête entre les forêts du Kivu, en République démocratique du Congo et les couloirs du siège de l'ONU à New-York. Travail de terrain et confidences "off the record" émanant "d'insiders" des Nations-Unies. Tout cela pour conclure que:

"Des soldats de la paix pakistanais, dans la ville de Mongbwalu (Est), ont été impliquées dans un trafic d'or illégal avec la milice FNI [Front nationaliste intégrationniste, ndlr], leur livrant des armes pour qu'elle garde le périmètre des mines.

"Des soldats de la paix indiens opérant autour de la ville de Goma ont négocié directement avec les milices responsables du génocide rwandais, aujourd'hui présentes dans l'est de la RDC. Les Indiens ont échangé de l'or, acheté de la drogue aux milices, et, avec un hélicoptère de l'ONU, se sont rendus dans le parc national des Virunga, où ils ont échangé des munitions contre de l'ivoire."

Une première enquête de l'ONU classe l'affaire, faute de "preuves concordantes"

A l'apparition des premiers soupçons, l'an dernier, l'ONU déclenche une enquête interne. Enquête rapidement enterrée, puisque les conclusions ne permettent pas de rassembler des "preuves concordantes" de ces trafics.

Au cours de son enquête, la BBC a pu rassembler ces "preuves concordantes", en retrouvant notamment deux chefs miliciens aujourd'hui incarcérés à Kinshasa. Kung Fu, surnom du général Mateso Ninga, avoue du fond de sa cellule:

"Oui, c'est vrai, ils nous ont donné des armes. Ils disaient alors que c'était pour la sécurité du pays. Ils nous ont dit que désormais, nous les aiderions à sécuriser cette région."

Mieux: une source "proche de l'enquête onusienne" a affirmé aux reporters britanniques qu'il leur avait été déconseillé de poursuivre trop avant leurs recherches.

L'explication est simple: le Pakistan étant à l'heure actuelle l'un des plus gros contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix de l'ONU, il ne fallait pas s'aliéner la bonne volonté d'Islamabad.

Interrogé, le représentant personnel du secrétaire général de l'ONU pour la RDC, a opposé un démenti formel. Avec un sens aiguë de la formule diplomatique, Alan Doss s'est fendu d'un:

"Les chefs miliciens sont des chefs miliciens. Ils ont toujours leurs propres intérêts. Tout ce que je peux dire, c'est que notre enquête n'a pas confirmé ces faits."

par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Raffarin : «La Chine a quitté la route de la dictature» Sans blague ?


Par Régis Soubrouillard, Marianne 2, 28 avril 2008

www.marianne2.fr

Le régime chinois a mis au point un pack professionnel de propagande destiné à aider ses valeureux soutiens à répondre aux attaques des opposants au régime lors du passage de la flamme olympique. Qui illustre parfaitement le propos de l'ancien premier ministre.



Le Dalai-Lama serrant la main d'un savant proche d'Himmler
                                            Le Dalai-Lama serrant la main d'un savant proche d'Himmler


De retour de Chine, ingénu comme un Premier ministre qui écouterait Lorie, Jean-Pierre Raffarin s'est laissé aller à quelques saillies inquiétantes. Visiblement fasciné par l'empire du Milieu et intéressé par l'idée de devenir l'émissaire privilégié du régime de Pékin, tel Peyrefitte avant lui, l'ancien premier ministre s'est livré à une analyse économique somme toute banale : «La Chine est le banquier du monde. Les Chinois financent le déficit américain».
Plus sinophile que jamais, le même Jean-Pierre est allé plus loin, osant lâcher : «La Chine a quitté la route de la dictature» admettant tout de même que le modèle chinois ne correspondait pas «au modèle de démocratie occidentale».

Le livre rouge du militant pro-chinois

Certes la Chine, n'est plus le régime totalitaire de Mao, elle reste pourtant au sens strict une dictature, et, dans l'art de la propagande, les autorités n'ont pas perdu la main. Le site américain Quant-Media.com spécialisé dans le traitement et la publication d'informations ayant trait à la Chine a ainsi publié tout l'attirail de propagande pro-chinois que le régime met à disposition des manifestants désireux de soutenir leur gouvernement bien-aimé.

Le Dalaï-Lama en photo avec un proche du régime nazi

Documentation sur les conditions de vie au Tibet, photos compromettantes du Dalaï-Lama, réponse aux médias occidentaux. Tout y est. L'adresse du site circule sur de nombreux sites pro-chinois.
L'apprenti manifestant pourra commencer par un document de 5 pages sur la «vérité sur le Tibet», imprimer une photo ou le Dalaï-Lama, taxé de terroriste nazi, serre la main de Bruno Beger, un ethnologue allemand proche d'Himmler convaincu, au regard de ses recherches, que les Tibétains sont des êtres supérieurs.

L'affiche des Jeux

One world, one dream, one China

Un document recense également les mensonges proférés sur la Chine par les médias français et anglais. Un autre revient sur les «1001 mythes sur le Tibet»
Suivent plusieurs dizaines de posters et autres affiches appelant à la fin de la «désinformation des médias», d'autres relevant plus de la promotion touristique sur le mode « Go Beijing, Go China », certaines reproduisent le logo de CNN en serpent,. Plus dans l'esprit olympique mais toujours dans un but de décervelage, le slogan : «Beijing 2008, one world, one dream, one china».

La Bande des Quatre vue par Pékin


Ben Laden, Pinochet, Saddam Hussein, Dalaï-Lama : «La bande des quatre»


Certaines sont beaucoup plus discutables : 4 portraits de Pinochet, Saddam Hussein, Ben Laden et le Dalaï-Lama avec pour légende «The big 4 sponsored by CIA with your tax money» (La Bande des quatre sponsorisée par la CIA avec vos impôts…). Un amalgame qui ravira sans doute Jean-Pierre Raffarin et le confortera dans ses certitudes.
Suivent, pour finir une litanie interminable de slogans à crier dans les manifestations : «CNN, Liar!», «Feel China by yourself not by CNN», «No Politics, Go Olympics», «Join Olympic, feel a real China», «Tibet Was, is, and Always Will Be a Part of China», et le délicieux «Professional protesters go away!» .
Preuve que le régime de Pékin est créatif et comme le laisse entendre l'ancien Premier ministre français, tout est une question de forme.
par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

     Lettre à Mr Nicolas Sarkozy


Dans Le Grand Soir, 28 avril 2008

IMBACH Pauline
 
dessin users.tvcablenet.be/personal/...


Monsieur le Président,
Je vous fais une lettre,
Que vous lirez peut être,
Si vous avez le temps.

De votre commentaire,
De votre effet d’annonce,
Sur l’aide alimentaire,
L’hypocrisie je dénonce.

Indifférent vous êtes
Et ce depuis longtemps.
Le doublement de l’aide
N’est rien d’autre que du vent

60 millions d’euros,
Vous voilà bon apôtre,
Mais nous ne sommes pas dupes,
La réalité est autre !

 

Vous avez déclaré, nous tirant presque des larmes : « Y-a-t-il un seul parmi nous qui peut rester indifférent à la révolte de ceux qui, dans les pays du Sud, ne peuvent plus manger à leur faim ? ». Ainsi la France doublera « dès cette année son enveloppe d’aide alimentaire en la portant à 60 millions d’euros pour 2008 », soit près de 100 millions de dollars, pour faire face à la crise alimentaire mondiale.

60 millions d’euros, 100 millions de dollars, dites-vous…

Le premier point important consiste à relativiser la générosité des sommes que vous annoncez. En effet, les sommes envoyées chaque année par les migrants originaires des pays du Sud, qui profitent directement aux populations sur place, sont estimées au niveau mondial à 300 milliards de dollars en 2006. Ces flux financiers solidaires privés représentent, pour la même année, en Côte d’Ivoire 282 millions de dollars, au Burkina Faso 507 millions de dollars, en Haïti 1049 millions de dollars et en Egypte 3637 millions de dollars . Ces pays, qui connaissent actuellement des émeutes de la faim, reçoivent donc entre 3 et 36 fois plus de la part de leurs ressortissants émigrés que l’aide alimentaire que vous annoncez en fanfare.

Le deuxième point porte sur l’aide publique au développement (APD) en général. Dès 1970, les pays riches s’étaient engagés à porter leur APD à 0,7% de leur revenu national brut (RNB). Pourtant, en 2007, l’aide de la France est estimée à seulement 0,40 % du RNB . Si l’on ajoute que les manipulations statistiques concernant l’APD sont faciles et fréquentes, on voit que le montant annoncé ne reflète en rien les sommes nouvellement libérées pour le développement. Nous voilà donc très loin des engagements pris il y a maintenant 38 ans !

Le troisième point porte sur le contenu de cette aide publique au développement, ce qui revient à se poser la question du montant réel transféré aux populations du Sud.

En effet, environ 32% de l’APD française sont constitués de remises de dettes, dont la majeure partie est illégitime et odieuse. Cette dernière notion juridique a d’ailleurs fait l’objet de deux rapports rendus en 2007 par la CNUCED et la Banque mondiale. Selon le CADTM, ces dettes illégitimes et odieuses doivent donc être annulées unilatéralement et sans condition par la France car elles n’ont pas profité aux populations du Sud et ont été contractées avec la complicité des autorités françaises de l’époque . La seule issue acceptable pour la France consiste à réaliser un audit de la dette, sous la responsabilité de l’Etat, avec la participation de délégués des organisations de solidarité Nord/Sud qui ont fait la preuve d’une expertise en matière de dette.

Hors remises de dette, l’APD française tombe alors à 0,27% du RNB !

Le bluff ne s’arrête pas là. L’APD contient des « prêts concessionnels », c’est-à-dire des prêts accordés à un taux inférieur à celui du marché. Ces sommes prêtées (au titre de l’APD) majorées des intérêts doivent être remboursés intégralement par les pays en développement. Ainsi, entre 1996 et 2003, en ce qui concerne les créances bilatérales à taux préférentiels, les pays en développement ont remboursé 31 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont reçu en nouveaux prêts . Derrière l’étiquette d’ « aide », l’APD augmente l’endettement des pays du tiers monde, alors que la dette est l’un de principaux obstacles à la satisfaction des besoins humains fondamentaux .

Enfin, l’APD est un véritable fourre-tout : elle comprend les salaires des expatriés travaillant dans le cadre de la coopération, les frais de scolarité de leurs enfants dans les écoles françaises, les dépenses liées à la scolarité des étudiants du Sud dans un pays riche (alors que rien n’indique que leurs pays en profiteront un jour), les frais d’ « accueil » des étrangers (par exemple, les frais de fonctionnement de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides - OFPRA) et last but not least, les apports de la France aux agences multilatérales (Banque mondiale, FMI…).

Rappelons également qu’une partie de l’aide constitue de l’aide liée car elle revient aux pays donateurs, entre autres, par l’achat d’aliments, de médicaments, d’équipements et de services provenant du Nord. Notons, pour finir, que les principaux bénéficiaires de l’APD sont des pays à revenu intermédiaire alliés aux grandes puissances.

Toutes ces précisions montrent qu’il est indécent de votre part d’affirmer une quelconque « générosité » ou « compassion ».

Pour terminer ce courrier, je me permets de vous donner quelques conseils avisés : réformez l’aide publique au développement, tenez vos engagements sur cette aide, arrêtez de soutenir des dictateurs qui affament leurs populations, annulez sans conditions les dettes illégitimes et odieuses de ces pays et versez des réparations aux peuples du Sud que la France, comme les autres métropoles coloniales, exploitent sous différentes formes depuis des siècles.

Monsieur le Président, il est temps de prendre ses responsabilités, car derrière le cynisme des effets d’annonce, des gens ont faim et leurs souffrances sont bien plus réelles que vos réalisations effectives en leur faveur. Par les hautes fonctions que vous occupez depuis longtemps, vous portez une grande part de responsabilité.

Monsieur le Président, comme vous l’avez dit à l’ONU le 25 septembre 2007, « les pauvres et les exploités se révolteront un jour contre l’injustice qui leur est faite ». J’espère que ce jour viendra vite.

Pauline Imbach

(25 ans, jeune citoyenne du monde, membre du Comité pour l’Annulation de la Dette du Tiers Monde)

http://www.cadtm.org

par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Franck Ribery : des agents qui m’aimaient

Foot / lundi 28 avril par Xavier Monnier

Bakchich, www.bakchich.info


Heureux Ch’ti que Franck Ribéry, le joueur français du Bayern de Munich. Le Tribunal du sport a condamné son ancien agent à lui reverser 400 000 euros. Une sentence qui pourrait gêner ses actuels agents, les célébrissimes Jean-Pierre Bernès et Alain Migliaccio.

Encore un Ch’ti qui gagne et avec une gueule en plus. Mieux que Dany Boon et son colossal succès ciné, voilà venir Franck Ribéry, le natif de Boulogne-sur-mer qui a conquis l’Allemagne à lui tout seul. Le joueur de foot du Bayern Munich multiplie les couvertures de magazines, les matchs de haut niveau, les articles à sa gloire et se met même à gagner des titres. Dernier en date, la coupe d’Allemagne de football le 19 avril dernier, après un match où il a une nouvelle fois été décisif. De quoi se forger une aura de star et des surnoms à la pelle. Au choix « le nouveau Napoléon » (le quotidien allemand SportBild), le nouveau Zidane (l’un de ses coéquipiers et… lui-même) ou très classiquement « KaiserFranck »… Du très original.

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Ribery et ses agents
© Eno

Cerise sur le gâteau, le gamin du Nord pourrait même marquer l’histoire juridique de son sport et surtout révolutionner le si amusant monde des agents sportifs…

Son ancien agent à l’origine de l’affaire

Le 16 avril dernier, le Tribunal arbitral du sport (TAS), à Lausanne, a décidé de garnir son compte en banque de quelques 400 000 euros supplémentaires. Et tout cela grâce à son ancien agent, Bruno Heiderscheid, qui l’a attaqué devant la cour pour « rupture abusive de contrat ».

Ce bougre de Luxembourgeois nourrit en effet quelque rancune à l’encontre de son ancien poulain. De 2005 à 2007, le gentil Bruno l’a bien fait voyager et gonfler son compte en banque. Fait d’armes notoire, il l’a exfiltré à la hussarde du club de Galatasaray Istanbul vers l’Olympique de Marseille, avec une jolie revalorisation salariale à la clé : 40 000 euros en Turquie, près de 150 000 lors de sa deuxième année de contrat à Marseille… Et le tout sans indemnité de transfert pour l’OM. Une belle affaire. Ribéry et son agent avaient invoqué la rupture de contrat pour « juste motif », en l’occurrence le non-paiement de trois mois de salaire, pour se faire la malle. Les fortes têtes turques ont pris la mouche et porté plainte au TAS pour rupture abusive de contrat. Et déjà le TAS avait tranché en faveur du joueur, le 24 avril 2007…

Pour fêter ça, « Ti’Franck » envoie un joli accusé de réception à son agent chéri le 2 mai… Pour l’envoyer bouler et lui signifier qu’il n’avait plus besoin de lui. Quelques semaines plus tard, le joueur est transféré de Marseille à Munich pour la coquette somme de 25 millions d’euros. Et la commission d’agent, indexée sur le montant du transfert (avec un plafond de 10%) lui passe sous le nez. De quoi se sentir pousser des cornes, même pour un petit Luxembourgeois qui saisit le tribunal arbitral du sport le 20 juin 2007.

L’avocat-arbitre Jean-Jacques Bertrand

Mais les cocus font souvent de mauvais choix. Le Tribunal arbitral du sport est une juridiction fort particulière. Ses sentences s’imposent et se révèlent presque impossibles à contester.

Et l’arbitre désigné pour l’occasion, Jean-Jacques Bertrand (lire encadré), n’est pas connu pour être malveillant à l’égard des joueurs. Déjà arbitre dans la procédure opposant Ribéry à Galatasaray, il a encore tranché en faveur du sieur Franck le 16 avril dernier… en invoquant tout simplement la nullité du contrat liant Ribéry à Heiderscheid, daté du 30 novembre 2005 et courant sur deux ans.

Le TAS, dont la sentence a été opportunément récupérée par Bakchich, « déclare nulle et nul d’effet la convention du 30 novembre 2005 signée par MM. Heiderscheid et Ribéry pour violation de la législation et la règlementation régissant l’activité d’agent sportif en France ».

La cour fonde principalement sa décision sur une condamnation intervenue en 2000 contre Heiderscheid en Belgique « pour faux et usage de faux en écriture ». Et selon le code du sport français, nul ne peut exercer le métier d’agent sportif après une « condamnation pénale figurant au bulletin n°2 du casier judiciaire pour crime ou l’un des délits prévus » (lire l’encadré plus bas).

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Franck Ribery
© Mor

Ses casiers judiciaires sont vierges

Une jolie trouvaille des petits Suisses. Dans sa sentence du 24 avril 2007 quant au dossier OM-Ribéry c/ Galatasaray, le TAS n’a rien trouvé à redire au statut d’agent de Bruno Heiderscheid. Pas plus d’ailleurs que les instances françaises. La Fédération française de football, qui délivre les licences d’agent et exerce un léger contrôle sur le métier, n’a jamais moufté après le Luxembourgeois. Mieux, elle a enregistré sans rechigner la convention liant Heiderscheid à Ribéry, que le TAS juge nulle, et a constaté que ses casiers judiciaires étaient « vierges ».

Du côté de la Ligue de football professionnel, qui enregistre les contrats des joueurs avec les clubs, pas un battement de cil non plus. Même à l’heure d’enregistrer des avenants au contrat de Ribéry avec l’Olympique de Marseille, datés du 11 janvier et du 13 mars 2006, avec pour mention « le joueur a eu recours aux services d’agents sportifs licenciés FFF : Heiderscheid Bruno ». Sans doute une série d’étourderies ! « Il est en effet bizarre que les instances françaises aient procédé de la sorte, s’amuse l’avocat de Ribéry, Jean-Didier Lange. Le TAS sonne un peu un rappel à l’ordre ».

Et voilà donc Bruno Heiderscheid débouté le 16 avril dernier. De sa demande d’indemnisation de quelques 6 millions d’euros, lui reste une ardoise à verser à son ancien poulain de 400 000 euros, en remboursement des commissions perçues… Et un avenir d’agent plus qu’en pointillé. Gros-Jean comme devant, le Luxembourgeois pourrait toutefois ne pas être le seul à pâtir d’une telle sentence, appelé à faire référence. Au hasard, tous les agents qui ont déjà fait l’objet d’une condamnation et qui exercent sans souci, à l’instar de Jean-Pierre Bernès ou Alain Migliaccio, devenus les conseils, entre autres de… Franck Ribéry.

Jean-Pierre Bernès et Alain Migliaccio, agents sans soucis

Condamné pour corruption active dans l’affaire OM-VA en mars 95, radié à vie du football français par le conseil de la Fédération française de football en 1994, le bon Bernès a obtenu sa licence d’agent en 1999, sans qu’elle ne soit jamais remise en cause par la FFF. Migliaccio, célébrissime agent de Zidane, a été définitivement condamné pour abus de confiance, abus de bien sociaux, etc., en 1998, peine confirmée par la Cour de cassation. Et leur carnet de joueurs grossit d’année en année. Avec, outre Ribéry, l’espoir marseillais Samir Nasri…

Méfi ! Pourrait venir aux footeux l’idée, le jour où ils veulent se séparer de leur agent « marqué », de porter l’affaire devant le Tribunal arbitral du sport. Et toucher alors un joli magot…

par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Pourquoi Obama doit préparer le monde à une déception

A la veille de l'élection présidentielle américaine de 2004, mon journal, le quotidien israélien Haaretz, a participé avec dix autres journaux à un sondage organisé par le Guardian britannique: qui le reste du monde voulait voir élu à la tête des Etats-Unis? La réponse, obtenue à travers des sondages identiques dans dix pays, fut sans surprise: le reste du monde soutenait le candidat démocrate avec une marge de deux contre un.

Au Canada, John Kerry obtenait 60% de soutiens contre 20% à George Bush, en France 72% à Kerry contre 12% seulement à Bush, en Corée du Sud 68% à Kerry contre 18% à Bush. La Russie et Israël étaient les deux seuls pays dans lesquels une majorité soutenait le candidat républicain.

Les Américains étaient conscients de ce phénomène. Selon une étude du Centre de recherche Pew réalisée deux mois avant le scrutin de 2004,

"Dans un rapport de deux contre un (43%-23%), les Américains estiment que le déclin du respect pour leur pays constitue un problème majeur".

Les Américains voyaient bien le problème, mais ont rejeté la solution et ont réélu Bush. Apparemment, ils s'intéressent à ce que le reste du monde pense d'eux, mais pas assez au goût de Kerry... ou à celui de Barack Obama en l'occurence.

"Nous avons besoin d'un président qui reconnecte les Etats-Unis avec le monde"

Dans sa déclaration de ralliement à Obama en janvier dernier, le sénateur démocrate Patrick Leahy déclarait:

"Beaucoup de gens dans le reste du monde ont perdu leur respect pour l'Amérique et l'espoir que ce pays leur donnait. C'est une tragédie.".

Dans tous les articles publiés par les principaux candidats à la candidature, publiés par la revue Foreign Affairs, un des seuls points communs était la nécessité d'améliorer l'image des Etats-Unis à l'étranger. Ainsi, Patrick Leahy:

"Nous avons besoin d'un président qui reconnecte les Etats-Unis avec le monde, et reconnecte l'Amérique avec elle-même."

Samantha Power, la conseillère d'Obama qui a dû démissionner après avoir traité Hillary Clinton de "monstre", a déclaré pour sa part au Daily Telegraph britannique:

"Obama peut faire du porte à porte en Europe et dire 'comme vous, j'étais contre la guerre en Irak, mais qu'allons nous faire ensemble contre Al Qaeda?'."

Il n'est pas difficile pour les partisans d'Obama de prouver que leur candidat est le favori du reste du monde. Lors de la première primaire globale de janvier, 20 000 démocrates répartis dans 164 pays ont pris part au vote, et ont accordé 66% des suffrages à Obama.

Si des Américains doivent être influencés par les opinions des gens auprès de qui ils vivent, ces électeurs-là seraient les premiers.

Les lecture des journaux et magazines européens renforce cette idée qu'Obama est le candidat favori de la planète. En 2008, comme en 2004, les Américains veulent un président qui peut soigner les blessures de l'ère Bush en terme d'image.

Un sondage réalisé pour l'Institut Aspen et World Learning montre que près de neuf Américains sur dix (88%) "considèrent qu'il est très important que le reste du monde ait une opinion favorable des Etats-Unis".

S'il est élu, Barack Obama sera sans doute en mesure d'utiliser ces éléments favorables, à l'étranger comme aux Etats-Unis, pour parvenir à ses objectifs diplomatiques.

Une popularité mondiale qui risque d'être difficile à gérer

Mais les Américains prennent rarement en compte l'opinion du reste du monde lorsqu'ils choisissent leur président. Reagan n'était pas populaire à l'étranger mais a été réélu, Bush père était plus populaire à l'étranger qu'aux Etats-Unis lorsqu'il était opposé à Bill Clinton, et Gore tout comme Kerry étaient les favoris du reste du monde en 2000 et 2004.

S'il était élu, Barack Obama se trouvera dans une situation délicate par rapport à cette popularité générale. Certains fondements de cette popularité se trouveront sans doute validés: il traitera mieux le problème de Guantanamo, s'intéressera plus aux questions du réchauffement climatique, et mettra -un temps- la pédale douce sur le gros bâton! Mais ce faisant, cela risque de lui compliquer la tâche sur la scène internationale.

Sur l'Irak, Samantha Power a admis publiquement (et c'est une des raisons de son départ) que le plan d'Obama pour un retrait rapide n'était qu'un scénario optimiste. Sur le réchauffement climatique, il dit les choses qu'il faut, mais ce qu'il fera n'est pas clair.

Et Obama, qui veut surtout qu'on ne pense pas qu'il est naif, ne veut sûrement pas qu'on pense qu'il ne sera pas un président sophistiqué. Il devra donc mettre en oeuvre des mesures énergiques pour le prouver.

Dans un précédent article, je rappelais un incident concernant le tout nouvel élu Bill Clinton. Il avait inversé sa politique libérale vis-à-vis des réfugiés haïtien après s'être vu présenter par la CIA des photos satellite montrant que des dizaines de milliers d'entre eux étaient en train de préparer des radeaux, pour profiter de sa politique plus ouverte.

Obama risque de se retrouver dans la même situation sur un certain nombre de sujets: sur l'Iran, si sa position actuelle de main tendue est perçue par les Iraniens comme un signe de faiblesse; sur les écoutes illégales, si on lui amène des éléments concluants; ou encore sur le Darfour, s'il réalise qu'il est en décalage avec la réalité.

Rester populaire dans le monde ou bien agir?

Placé dans de telles situations, Obama se trouverait confronté au risque de décevoir une attente très forte. Il se trouvera devant le dilemme d'avoir à choisir entre le désir de maintenir son haut niveau de soutien dans le monde, et la nécessité d'agir d'une manière qui entamerait ce soutien.

Ses conseillers soulignent qu'il vaut évidemment mieux démarrer avec un capital de bonne volonté. Mais ce capital doit être utilisé avec doigté.

Cette forte attente pourrait aussi lui nuire aux Etats-Unis. Si les Américains s'atendent à ce que le reste du monde devienne pro-américain en cas de victoire d'Obama, ils risquent d'être déçus!

Bien avant le 11 Septembre, les sondages d'opinion en Europe montraient une frustration et une hostilité vis-à-vis de la domination américaine du monde. Et si les Américains perçoivent Barack Obama comme quelqu'un qui cherche à "apaiser" l'opinion mondiale, ils se retourneront contre lui.

Préparer le reste du monde à une déception

Voilà donc ce que Barack Obama devra faire, s'il obtient l'investiture démocrate (cela vaut également, dans une moindre mesure, pour Hillary Clinton): préparer le reste du monde à une déception.

Oui, c'est valorisant d'être populaire en Allemagne ou en Egypte; oui, la coopération initiale avec les autres membres du Conseil de sécurité sera plus facile que la confrontation; oui, l'Obamamania est en train de sortir des frontières américaines et de devenir un phénomène global.

Est-ce une raison de se réjouir? Sans doute, à court terme. Mais, à long terme, Obama décevra le monde de deux manières: soit il finira comme Clinton, c'est-à-dire en ayant à choisir entre la popularité internationale et une réalité difficile; Soit il suivra la voie de John Kerry et perdra face au candidat le moins populaire dans le monde, suscitant une nouvelle fois des titres comme celui du Daily Mirror britannique après l'élection de 2004:

"Comment 59 054 087 personnes peuvent-elles être aussi STUPIDES?" ["How can 59 054 087 people be so DUMB?")

En partenariat avec:

par Mecchano
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Lundi 28 avril 2008

Votre député est-il bosseur ou glandeur?


Par Sylvain Lapoix, Marianne2, 28 avril 2008

www.marianne2.fr

Le site Gouvernement off scrute à la loupe les débats et l'activité des députés. Né d'un projet d'observatoire associatif des réformes sarkozystes, c'est plus un outil militant efficace qu'un Note2Be législatif.



Votre député est-il bosseur ou glandeur?


Il ne suffit pas de crier «Réformes ! Réformes ! Réfomes !» en sautant sur sa chaise : Gouvernement Off prouve qu'il est parfois bon de s'asseoir et de regarder le détail. L'idée est ambitieuse mais louable : suivre avec un œil qui se veut objectif le débat autour des réformes en se basant sur les projets de loi, les discussions à l'Assemblée et les amendements.


Le topo qu'il faut
Même si cet «œil objectif» louche sensiblement à gauche, le boulot est là avec, pour chaque mesure en débat, un état des lieux et un résumé des enjeux ainsi que les conséquences des réformes. Un petit doute sur les régimes spéciaux ? Gouvernement off déballe les statistiques des salariés concernés (source Insee) et la réglementation actuelle des principaux statuts (source Sécu) avec, en marge, l'exposé de la réforme et une évaluation de l'économie pour le budget de l'Etat. Simple, clair et efficace.

Polémique : Gouvernement off classe les députés par nombre d'amendements débattus.
Polémique : Gouvernement off classe les députés par nombre d'amendements débattus.
Députés : les hits de la semaine
Le projet est né au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, quand des associations se sont inquiétées du caractère idéologique et parfois totalement inutile des réformes. Un an après, le site voit enfin le jour avec le seul concours d'une poignée de mili