Samedi 3 mai 2008

L'UMP accuse l'AFP de rouler pour Ségolène Royal 


Par Julien Martin | Rue89 | 02/05/2008 | www.rue89.com

Frédéric Lefebvre (La Diag/Wikipedia) et Ségolène Royal (Regis Duvignau/Reuters)

 

"Je ne vois pas pourquoi le mot Ségolène Royal tout d'un coup génère tant de blocages chez les journalistes." Le député et porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre fustige, dans un entretien à Rue89, l'attitude de l'AFP qui n'a pas donné suite à deux communiqués du parti de la majorité commentant la condamnation de l'ex-candidate socialiste à la présidentielle.

Selon ce proche de Nicolas Sarkozy, il y aurait même deux poids deux mesures du côté de l'Agence France Presse. "Ça ne se serait pas tout à fait passé comme ça", accuse-t-il, si c'était le chef de l'Etat ou "tout autre homme politique de premier plan" qui avait été condamné de la sorte:


 

Pour "marquer le coup", Frédéric Lefebvre s'est fendu d'une lettre salée adressée au PDG de l'AFP en personne, Pierre Louette, lui reprochant de trouver "toujours une excellente raison de ne pas sortir les communiqués rendus publics lorsqu'ils concernent Ségolène Royal".

Objet desdits communiqués: la réaction de l'UMP à la condamnation, le 10 avril, de l'ex-candidate socialiste à rémunérer deux de ses anciennes collaboratrices à l'Assemblée, qui ont continué à travailler avec Ségolène Royal sans être payées plusieurs mois après la dissolution de l'Assemblée en 1997.

L'UMP: c'est "parce que ça concernait Ségolène Royal"

Flairant le bon moyen de faire vaciller une personnalité socialiste, Frédéric Lefebvre adresse dès le lendemain matin un communiqué à l'AFP titré "travailler plus pour gagner... rien du tout". Mais l'AFP n'y donne pas suite. L'UMP convoque alors dans l'après-midi une conférence de presse pour dire directement aux journalistes tout le mal que le parti pense de Ségolène Royal.

Rebelote le 1er mai. A l'occasion de la Fête du travail, Frédéric Lefebvre remet le couvert et envoie un autre communiqué à l'AFP pour demander officiellement au PS quelles mesures il compte prendre contre la dirigeante qui ne paye pas de "salaires à ses collaborateurs". Une seconde fois, l'AFP ne reprend pas les propos de l'UMP.

C'en est trop pour Frédéric Lefevbre, qui décide alors de prendre sa plume. "Nous, on est la première formation politique de France et on considère que quand on veut exprimer une position, il n'est pas anormal qu'elle soit reprise par une agence", justifie-t-il à Rue89. Et si elle n'a pas été reprise, la raison est simple selon lui, c'est "parce que ça concernait Madame Royal, parce que ça concernait sa condamnation":


 

L'AFP: ça "n'apportait pas d'éléments nouveaux"

On attendait alors une réaction de l'AFP, elle n'a pas tardé. Dans une dépêche publiée ce vendredi, l'agence reprend la lettre du porte-parole de l'UMP, et s'explique:

"L'affaire de la condamnation de Mme Royal a été largement traitée sur les fils de l'AFP, qui ne saurait par ailleurs répercuter systématiquement les très nombreux communiqués qu'elle reçoit. Le choix de traiter ou pas un communiqué dépend de sa valeur informative."

L'AFP avait en outre déjà publié, avant le premier communiqué de Frédéric Lefebvre, la déclaration de Jean-Pierre Raffarin, vice-président du Conseil national de l'UMP, réclamant la démission de la présidente de la région Poitou-Charente.

La même AFP qui a aussi écrit une dépêche à la suite de la conférence de presse organisée par l'UMP. D'où l'absence de reprise du second communiqué qui "plus de quinze jours après les faits, n'apportait pas d'éléments nouveaux".

Des explications qui ne convainquent pas Frédéric Lefebvre. Le porte-parole de l'UMP persiste et signe: "Quand l'UMP choisit de s'exprimer à des moments bien précis [...] et que le premier parti de France ne soit pas en mesure [de le faire], il y a un vrai problème." On ne perturbe pas la com' de l'UMP:

par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008
Mai 68 mondain contre mai 68 social

Par Gérard Filoche, dans Le Grand Soir, 1er mai 2008
www.legrandsoir.info


 

Les commémorations officielles des 40 ans de mai 68 doivent beaucoup à Nicolas Sarkozy.

En affirmant qu’il voulait « liquider mai 68 » celui-ci a en effet réveillé une envie de vérité sur ce que fut la plus grande grève générale de l’histoire de France et peut-être du monde. Après tout, vouloir en liquider le souvenir, c’est le meilleur hommage à lui rendre : cela prouve que 40 ans après, mai 68 est encore présent au point qu’il obsède encore l’actuel président, la droite, le patronat, ses caisses noires.

Du coup les commémorateurs médiatiques officiels, ayant senti le danger, ne présentent plus mai 68 que sous son jour mondain, historiquement déformé, dénaturé. On a droit aux Serge July, Daniel Cohn-Bendit, Laurent Joffrin, Romain Goupil sans souci de leur trajectoire inversée. Serge July explique que « mai 68 c’est la dernière grande grève du XIX° siècle ».

Cohn-Bendit répète « Oubliez Mai 68 ». Joffrin fait un journal droitier qui se prétend indûment l’héritier de mai 68. Goupil approuve l’intervention de Bush en Irak avec l’autre soixante-huitard Bernard Kouchner passé de l’autre coté de la barrière. France inter organise le 22 mars, entre la Sorbonne et l’Odéon, une journée avec tous ces gens là sans même donner la parole à un seul syndicaliste. Ladite journée se conclut par le « téléphone sonne » consacré à un vieux débat entre Albin Chalandon et Jean-Jacques Servan-Schreiber, revu et commenté par Laurent Joffrin. On a vu des télés laisser monopoliser la parole sur mai 68 par des Max Gallo, Glucksman père et fils, et autres Tillinac.

En fait Nicolas Sarkozy ne veut pas « liquider » le mai 68 mondain, il orchestre même sa mise en médias : n’a t il pas pris Kouchner le va t‘en guerre extrémiste, dans son gouvernement ? Un tiers mondiste, deux tiers mondains ? Non, ce qu’il craint c’est le mai 68 social, pas celui des étudiants mais celui des 9 à 11 millions de grévistes.

Tout le monde aurait oublié les étudiants, les barricades de Gay-Lussac, s’il n’y avait pas eu l’immense grève générale salariale.

Par exemple, je suis allé manifester aux côtes de Rudy Dutschke à Berlin en février 68 : le mouvement étudiant allemand était beaucoup plus fort que le mouvement étudiant français, mais personne ne s’en souvient car il n’y a pas eu de mouvement du salariat allemand de l’ampleur du mai 68 français.

Mai 68 ce n’est pas résumable aux barricades étudiantes !

D’ailleurs les premières barricades de 1968 sont ouvrières : fin janvier 1968 c’est à Caen qu’elles commencent pendant huit jours avec des manifestations à répétition, barricades et grèves de jeunes ouvriers de la Saviem, de Ferrodo, de Moulinex, qui mettent la ville en état de siége.

Mai 68 est le produit d’un long processus de luttes sociales qui commence en 1963 avec la grève des mineurs qui, en trois mois, en dépit de la réquisition de de Gaulle, finit par obtenir le 5 avril, 11 % d’augmentation de salaires. C’est un signal déclencheur pour quatre ans de luttes montantes, le nombre de jours de grèves, de grévistes, la durée des grèves, les formes de luttes vont aller croissantes… En 1966 et 1967, il y a deux « 17 mai », deux journées nationales d’action unitaires CGT, CFDT, FO, FEN massivement suivies contre les ordonnances anti-sécurité sociale de Georges Pompidou. Elles mobilisent deux fois 1 à 2 millions de personnes. En mars 1967, aux élections législatives, la gauche manque la majorité au Parlement d’un seul siége. Dans ces années-là, les conflits célèbres et durs se multiplient comme à Redon ou à Rhodiaceta.

Les signes annonciateurs sont là : seul un journaliste du Monde comme Pierre Viansson-Ponté ne les voit pas, il écrit en février « la France s’ennuie » alors que la France entière est prête à exploser.

Au début l’explosion n’est en effet qu’un mouvement radical de la jeunesse scolarisée, qui porte à la fois des questions universitaires et scolaires et anti hiérarchiques. Cela occupe le terrain d’avril à début mai, avec l’apogée de la « nuit des barricades » du 10 mai. Mais tout bascule surtout les 15, 16 et 17 mai, quand une vague sans précédent profite de l’occasion pour parcourir tout le pays : de Sud-Aviation à Renault-Cléon, dans toutes les entreprises du pays, par millions, tous les salariés entrent dans un vaste mouvement de grève prolongé pour les salaires, les conditions de travail, la durée du travail. C’est ce qui provoque la crise du régime sur le point se s’effondrer. Le général de Gaulle ne comprend rien à ce qui se passe, il ordonner la répression et même de tirer sur la foule, n’est même pas suivi par son premier ministres et ses préfets, à en douce, va chercher l’armée, puis revient, et profitant de l’incapacité de la gauche à se mettre d‘accord, à demander des élections, à proposer une issue politique, prend le premier l’initiative de dissoudre l’assemblée nationale.

Pendant ce temps-là, le gouvernement Pompidou négocie et fait d’importantes concessions de salaires, d’amélioration de conditions de travail, de droit syndical, de promesses de réduction de la durée du travail à Grenelle. Bien que les avantages soient grands, les salariés estiment n’en avoir pas assez et continuent trois semaines de plus, par millions, la grève…

C’est la plus grande grève de l’histoire de France et sans doute du monde. Tous sont touchés, industrie et services, métallos, chimistes, cinéastes, gardiens de musée, joueurs de foot, chirurgiens dentistes ou infirmières, enseignants et gardiens de prison. Partout un véritable soulèvement social massif effraye le patronat.

Au point que 40 ans après, la force propulsive de mai 68 n’est pas épuisée. Mai 68, en fait, c’est la première grande grève du XXI° siècle.

On n’a cessé d’en revoir le scénario, en mars 1973 contre la loi Debré, en 1976 et 1979 à l’université et dans la sidérurgie, en 1986 avec la mort de Malik Oussekine, le retrait du plan Devaquet et la grande grève qui a suivi, en 1994 avec la grande manifestation contre Bayrou et celles contre le CIP, en novembre décembre 1995 contre le plan Juppé, en 2003 contre les scélérates lois Fillon contre les retraites, en 2006 contre le CPE…

La vie sociale profonde de notre vie rete encore structurée par les effets profonds de la grande grève de mai 68. La victoire de la gauche en 1981 est un effet différé de mai 68. La victoire de Lionel Jospin en 1997 est un effet différé de nov-déc 95.

C’est cela qui effraie Sarkozy et lui a fait défier, calomnier, dénaturer mai 68 : il a raison car c’est une grande grève générale de ce type qui stoppera l’ensemble de la politique intégriste, néo libérale réactionnaire qu’il met en œuvre depuis cinq ans.

A nous d’y travailler dans l’unité de toute la gauche !

Gérard Filoche, le 31 mars 2008

Auteur de “mai 68 histoire sans fin, liquider mai 68, même pas en rêve” Ed. JC Gawsevitch 480 p 23 euros

gerard.filoche@wanadoo.fr

site : www.democratie-socialisme.org

par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Jeudi 1 mai 2008

Un Code du travail detricoté

avant le 1er mai


Bakchich.info /
jeudi 1er mai par Olivier Vilain
www.bakchich.info




« Je suis le ministre le plus à Gauche du gouvernement ! », s’est insurgé Xavier Bertrand, la main droite sur le cœur, l’autre plongé dans une grappe de raisin. La saillie du ministre du Travail, des Relations sociales, etc, a eu lieu devant un parterre de syndicalistes qui s’inquiétaient de l’impact de l’introduction du nouveau Code du travail, le 1er mai. Celle-ci « a été faite à droit constant », a plaidé le ministre.

Risque d’interprétation défavorable

La réorganisation du Code du travail a suscité de nombreuses critiques des organisations syndicales et des partis d’opposition, aiguillés par l’inspecteur du travail, militant syndical et politique, Gérard Filoche (voir son opinion ici). La CGT a même lancé en 2007 une pétition avec le Syndicat de la magistrature et celui des avocats. « Cela a porté ces fruits, signale Philippe Masson, qui dirige le service juridique de la CGT. Les entorses les plus criantes au principe de modification à droit constant ont été supprimées par le Conseil d’Etat et par le Parlement en décembre dernier. » Toutefois, pour ce dernier, la critique de fond demeure le risque d’une interprétation du droit du travail moins favorable aux salariés.

En effet, cette recodification « s’accompagne de l’éclatement de certains articles en plusieurs articles nouveaux, du déplacement d’articles dans des sections ou chapitres différents de ceux qui les accueillaient jusqu’à présent, ce qui est de nature à peser sur leur interprétation », soulignait dans une revue spécialisée Bernard Teyssié, un enseignant de l’Université Panthéon-Assas qui fait autorité et dont l’avis rejoint rarement celui de la CGT.

Ce risque n’est pas négligeable dans le cas des femmes, puisque celles-ci sont les salariés qui subissent le plus d’inégalités dans l’entreprise. A qualification égale la différence de salaire est toujours de 15% en faveur des hommes. Les femmes représentent, en outre, 85% des salariés à temps partiel et des salariés aux revenus les plus bas. Ces travailleurs pauvres deviennent ensuite des retraitées pauvres… Moins bien payées, elles sont aussi plus souvent au chômage : minoritaires dans la population active, elles sont majoritaires parmi les chômeurs.

Plus spécifiquement, les conditions de travail des femmes risquent de se dégrader. Le nouveau Code du travail supprime l’interdiction faîtes aux femmes d’effectuer certains travaux dangereux et de travailler la nuit. De même, la suspension du repos hebdomadaire pour travaux urgents est désormais applicables aux femmes. Le nouveau Code du travail incorpore ainsi des dispositions paradoxales prises au niveau européen contre les discriminations.

De leur côté, les haut-fonctionnaires qui ont piloté la recodification empruntent le même registre que leur ministre. « Le souci qui nous a animés était de faire en sorte que le code soit mieux compris et mieux appliqué », explique Jean-Denis Combrexelle, le directeur général du Travail. « Les procès d’intention que l’on a connus s’expliquent certainement par la mise en œuvre, en parallèle, de plusieurs réformes de fonds, mais notre intention n’a jamais été de mettre en cause le code du travail ».

Il faut dire que le contexte avait tout pour inquiéter les syndicats. Parmi les cinquante propositions du rapport De Virville qui ont été chaudement applaudies par le Medef, la troisième recommandait « de procéder à une refonte constructive du Code du travail ». De plus, ce processus de recodification a coexisté avec une série de modifications profondes du droit du travail, notamment la loi Fillon du 4 mai 2004 sur les accord d’entreprises ; la réforme du droit des licenciements économiques intégrée à la loi Borloo du 18 janvier 2005 et - cerise sur le gâteau - l’ordonnances d’août 2005 sur le CNE.

Décidément, ces syndicalistes voient le mal partout.

par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 30 avril 2008

Surconsommation de médicaments : les laboratoires pointés du doigt


Par Guirec Gombert, le Figaro
30/04/2008 | www.lefigaro.fr
.

Un rapport sur la «prescription, la consommation et la fiscalité des médicaments» dénonce l'influence des laboratoires pharmaceutiques sur les prescriptions.

Pas moins de 92 propositions. Partant du constat que la France est le premier pays consommateur de médicaments en Europe, un rapport a été présenté mercredi à l'Assemblée nationale l pour indiquer les moyens qui permettrait de limiter cette surconsommation. Parmi ces mesures, certaines s'attaquent directement aux laboratoires pharmaceutiques accusés notamment d'influer sur la prescription de médicaments. Ainsi, il est préconisé de «limiter l'influence des laboratoires pharmaceutiques sur les étudiants en médecine», et de «s'assurer de la remise systématique par le visiteur médical au médecin du relevé des caractéristiques du produit et de la fiche de transparence.» Fin 2007, l'UFC-Que Choisir dénonçait déjà le rôle de ces visiteurs médicaux et des laboratoires. Un visiteur médical sur neuf est en effet financé par l'industrie pharmaceutique, soit deux fois plus qu'en Allemagne ou en Angleterre, avec au final des surcoûts de consommation des médicaments. Le rapport présenté mercredi insiste donc sur la nécessite de «faire de la haute autorité de la santé l'émetteur unique d'information sur le bon usage des médicaments.» De même, les programmes financés par l'industrie pharmaceutique pour encadrer les patients devront être définis par «un cadre législatif (…) à condition de satisfaire à des exigences de compétence, d'indépendance, de qualité, de non-sélectivité…»

«Une automédication responsable»

Au niveau des pratiques individuelles, les auteurs entendent «favoriser le bon usage des médicaments.» La promotion des médicaments génériques devra être renforcée aussi bien auprès des patients que des prescripteurs. Concernant l'automédication, les auteurs suggèrent de «développer une automédication responsable» Les franchises médicales, qui visent à responsabiliser les patients, sont également critiquées. Si elles peuvent entraîner une «réduction passagère liée à l'utilisation des médicaments stockés» à domicile, la consommation des médicaments devrait retrouver ensuite «le niveau et le rythme antérieur de progression.» Pour la rapporteure (PS) du rapport, Catherine Lemorton, ce constat laisse envisager à terme «une hausse des franchises médicales.» Autre critique, ces franchises pourraient dissuader un temps les patients de se soigner, entraînant au final une aggravation de leur santé et une médication accrue.

LIRE l'interview de Catherine Lemorton : «On peut s'attendre à une hausse des franchises médicales»

par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 30 avril 2008
Un agent immobilier condamné pour discrimination ethnique



L'entreprise pratiquait un double codage: les candidats à la location recevaient un numéro en fonction de leur origine, et un numéro 3 sur une annonce signifiait «pas d'étrangers». SOS Racisme salue une «jurisprudence historique»

Liberation.fr avec source AFP
mercredi 30 avril 2008, www.liberation.fr


loadNbReaction('NbReactions',curD
Une gérante d'agences immobilières a été condamnée mercredi à six mois de prison avec sursis et à 10.000 euros de dommages et intérêts pour avoir pratiqué le fichage ethnique et la discrimination raciale. La cour d'appel de Grenoble a ainsi confirmé une décision en première instance du tribunal correctionnel de Vienne (Isère) datant de janvier 2007, et dont Martine Blondelet, la dirigeante des agences Mil'im de Lyon, Villeurbanne et Vienne, avait fait appel.
En 2001, une ancienne salariée de l'agence lyonnaise dénonce à SOS Racisme, partie civile dans l'affaire, la discrimination ethnique pratiquée par l'entreprise, confirmée par la suite par d'autres salariés. Les agences Mil'im vendent des listes d'appartements à des candidats à la location, qui reçoivent pendant six mois des listes de logements correspondant à leurs critères, moyennant 160 euros.

Code 3: «Pas d'étrangers»

Selon l'employée, l'entreprise utilisait un double codage ethnique. Les candidats à la location se voyaient attribuer un numéro en fonction de leur origine. Les préférences des propriétaires étaient également cryptées: un code 2 signifiait «pas d'animaux» et un code 3 «pas d'étrangers».

Après avoir reçu ce témoignage, SOS Racisme a organisé des testings dans les agences Mil'im de Vienne et Lyon, mais aussi à Saint-Nazaire, Caen, Rennes, Metz, Strasbourg, Mulhouse et Amiens. L'association en avait conclu qu'il existait un système généralisé de discrimination chez Mil'im et a déposé en 2003 une dizaine de plaintes avec constitution de partie civile.

SOS Racisme a salué aujourd'hui une «jurisprudence historique» qui sanctionne à la fois un système informatique et une «politique générale de discrimination». «Cette condamnation envoie un message très clair aux agents immobiliers qui ne peuvent pas se rendre complices de ce type de système au risque d'être eux-mêmes condamnés.»
par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mercredi 30 avril 2008

Le Livret A dans toutes les banques


Présentée par Christine Lagarde au Conseil des ministres le 28 avril, la loi de la modernisation de l’économie prévoit entre autres l’extension de la distribution du livret A à toutes les banques. Que va changer cette banalisation?

Par Philippe Frémeaux
, Directeur de la rédaction d'Alternatives Economiques, 28 avril 2008
www.alternatives-economiques.fr

                                                                    

Le Livret A est le produit d'épargne préféré des Français. Il sert de quasi-compte bancaire aux plus pauvres et offre aux plus aisés un placement totalement liquide et défiscalisé. Il permet ainsi à un couple avec deux enfants de placer un peu plus de 60 000 euros sans aucun risque et sans payer un centime d'impôts. Pas étonnant dans ces conditions qu'on recense pas moins de 47 millions de livrets A ! Or, pour des raisons liées à leur positionnement historique de banquiers de proximité, seuls trois établissements - les Caisses d'épargne, la Poste et le Crédit mutuel - étaient jusque là habilités à proposer ce produit. Un monopole qui a fait ces dernières années l'objet de critiques croissantes de la part des autres établissements, s'estimant victimes d'une concurrence déloyale sur le marché des particuliers. La création du Codevi devenu depuis livret développement durable, avait ouvert une première brèche dans le dispositif en proposant un outil offrant les mêmes conditions de rémunération, mais avec un plafond nettement plus réduit.

Finalement, à la suite de la plainte de nombreux concurrents, dont, pour la petite histoire, les Banques populaires, désormais partenaire des Caisses d'épargne via Natixis, la Commission européenne a enjoint le gouvernement français de mettre un terme à cette situation, ce qu'il s'est finalement décidé à faire...

 

Le financement du logement social est-il menacé ?

Jusqu'à présent les fonds récoltés par les réseaux proposant le livret A étaient centralisés par la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la banque de l'Etat, qui s'en servait pour faire des prêts à long terme aux organismes HLM. La CDC disposait ainsi des ressources nécessaires pour financer le logement social et versait en contrepartie une commission allant de 1 à 1,3 % des dépôts à la Poste ou aux Caisses d'épargne, afin de couvrir le coût de la collecte. Une commission généreuse, à en croire un récent rapport établi par Michel Camdessus.

Le gouvernement envisagerait aujourd'hui de bouleverser cet équilibre en diminuant fortement la commission versée aux banques ; en contrepartie il leur serait accordé le droit d'utiliser une large part des fonds collectés. Le coût de la ressource, pour la CDC, s'en trouverait donc diminué d'autant, ce qui lui permettrait de prêter à moins cher, mais sur une base nettement plus étroite. En effet, on ne peut attendre de la banalisation du livret A un accroissement considérable des encours récoltés, compte tenu du nombre de livrets déjà ouverts ! Certains redoutent, en conséquence, que le détournement de la collecte au profit des banques leur permettent de se substituer à la CDC comme prêteur aux collectivités cherchant des financements pour construire des logements sociaux et ce, à des taux finalement supérieurs...

 

L'accès de tous aux services bancaires remis en question

Parallèlement, les pouvoirs publics souhaitent imposer aux banques, en parallèle avec la banalisation du livret A, qu'elles rendent enfin effectif le fameux « droit au compte » qui concerne théoriquement l'ensemble de nos concitoyens. Certes, une personne qui se voit refuser l'ouverture d'un compte par plusieurs établissements peut demander à la Banque de France qu'elle désigne une banque qui doit alors l'accepter.

Reste que la procédure est lourde et permet à la plupart des établissements d'écarter les clients jugés non rentables en leur refusant carrément l'ouverture d'un compte ou en leur imposant des conditions extrêmement coûteuses. Il est donc urgent d'agir sur ce plan, comme le réclame les organisations de consommateurs et les associations de lutte contre la pauvreté. Seul petit problème : les pouvoirs publics envisagent parallèlement de ne maintenir les avantages du livret A, en termes de gratuité des opérations, qu'aux livrets déjà ouverts, ce qui en réduira progressivement l'utilité pour tous les moins aisés... Autant dire que la volonté sociale affichée par les pouvoirs publics n'est pas sans ambiguïté.

Philippe Frémeaux
par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 29 avril 2008

Manuels scolaires :

la concertation selon Darcos


Bakchich.info  Par Serge Faubert
29 avril 2008, www.bakchich.info

 

 

Le ministre de l’Education nationale vient de présenter, ce mardi 29 avril, ses nouveaux programmes pour l’école primaire, et, une fois n’est pas coutume, ceux-ci ont été élaborés en concertation avec les profs. Malheureusement, pour des raisons de planning de fabrication, les manuels scolaires de la rentrée 2008 ne tiendront pas compte de cette concertation…

Ce mardi 29 avril Xavier Darcos présentait les nouveaux programmes de l’enseignement primaire. Des programmes qui, a-t-il répété, la mine satisfaite, ont fait l’objet d’une large concertation. Quelques 11 000 contributions émanant des 380 000 enseignants du primaire seraient ainsi remontées vers le ministère.

Hélas, il semble que cette consultation, à l’arrivée, n’aura servi qu’à amuser la galerie. Car la fabrication des nouveaux manuels, censés décliner ce programme « participatif », a été entamée avant que la consultation ne soit achevée. Mieux, des spécimens ont déjà été distribués, voici un mois, dans certains établissements scolaires.

La fabrication des manuels lancée avant la consultation

Autrement dit, rien de ce qu’ont dit les profs du primaire n’est pris en compte par les nouveaux ouvrages. Ces livres ont été élaborés sur la base du seul projet de programmes scolaires présenté par le ministre, le 20 février. C’est-à-dire avant toute concertation.

Pas question de modifier, en catastrophe, les maquettes des manuels. La conception et la fabrication d’un ouvrage scolaire obéit à une procédure assez lourde. Rien à voir avec un best-seller écrit en 3 semaines et imprimé en 48 heures.

Dans une interview accordée le 23 avril à l’agence d’informations AFE, Sylvie Marcé, président-directeur général des éditions Belin et présidente du groupe des éditions scolaires au SNE (Syndicat national de l’édition), qui regroupe six éditeurs scolaires (Belin, Bordas, Hachette, Hatier, Magnard et Nathan), a vendu la mèche. Elle a indiqué que ses adhérents ne seraient pas en mesure de proposer aux enseignants des manuels conformes à l’arbitrage final sur les programmes avant la rentrée de l’année prochaine, c’est-à-dire en 2009.

Sur le marché, que du Darcos pur jus

En septembre, il n’y aura donc que du Darcos pur jus sur le marché. Et c’est là que le bât blesse. La durée de vie d’un livre scolaire s’étale sur plusieurs années. Il n’est pas rare de trouver dans les classes des livres achetés 10 ans plus tôt.

Il est donc peu probable que les mairies, à qui incombe l’achat des manuels scolaires, procèdent, en 2009, à un renouvellement complet des livres acquis un an plus tôt.

Résultat, l’apport des enseignants à cette élaboration collective des programmes passera purement et simplement à la trappe. Car, quand viendra l’heure de renouveler les manuels achetés en 2008, il y a fort à parier que Xavier Darcos aura laissé la place à un autre ministre. Et à d’autres programmes. Bah, comme disait le baron de Coubertin, l’essentiel, c’est de participer…

Et pour le plaisir, Xavier Darcos s’essayant à la conjugaison…



par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 29 avril 2008
Réforme des retraites: papi Fillon touchera 8000 euros brut par mois


Par Pauline Delassus, Marianne2, 29 avril 2008

www.marianne2.fr

Si les Français doivent désormais cotiser 41 ans pour leur retraite, le chef du gouvernement, à l'origine de cette réforme, est plus tranquille.



François Fillon est député depuis 26 ans ©service photographique du Premier ministre
François Fillon est député depuis 26 ans ©service photographique du Premier ministre


Les vieux jours de nos gouvernants ne sont pas en danger. Le gouvernement a été inflexible: à partir de 2012, la durée de cotisation pour une pension à taux plein sera allongée à 41 ans. Mais qu'en est-il de la retraite de ces fiers et durs négociateurs, promoteurs d'une réforme loin de faire l'unanimité ? Combien de temps cotisent nos ministres, et notamment le premier d'entre eux, François Fillon ?

Vingt-six ans député de la Sarthe, réélu en juin 2007, François Fillon a également été quatre ans président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire, maire dix-huit ans, conseiller régional depuis 1998, sept ans ministre, et Premier ministre depuis mai 2007. Une carrière chargée donc, qui rend compliqué le calcul de sa retraite. Commençons par le plus simple : les ministres ne touchent pas de retraite. Ils perçoivent tout au plus leur traitement pendant six mois, à condition de ne pas avoir retrouvé un emploi au cours de cette période. La rémunération d'un ministre atteint aujourd'hui 13 300 euros brut par mois. François Fillon doit donc assurer sa retraite sur un autre front : son poste de député.

L'indemnité mensuelle de base du député ou sénateur s'élève à 6702,20 euros par mois. François Fillon, comme les autres députés, verse chaque mois 1 111,50 euros et touche, après plus de vingt-deux ans et demi de mandat, 5 973,33 euros brut. Cette somme constitue la pension maximale à laquelle peut prétendre un parlementaire. Pendant les quinze premières années de mandat, le parlementaire cotise double pour sa pension, et atteint trente-sept ans et demi de cotisations. Soit trois et demi moins que les salariés français.

7999 euros au total
Le Premier ministre, qui touche 16 100 euros brut de traitement par mois, bénéficiera par ailleurs de 307 euros par mandat pour son poste de maire de Sablé-sur-Sarthe, soit 921 euros pour ses trois mandats. Il touchera 449 euros pour son unique mandat de président du Conseil régional des Pays-de-la-Loire et 328 euros par mandat pour son poste de conseiller général de la Sarthe, qu'il occupe toujours depuis 1998. En cumulant, François Fillon touchera donc au total par mois pour sa retraite 7999, 33 euros.

En octobre 2007, le statut des députés a pourtant été réformé. En plein débat sur les régimes spéciaux des retraites, le bureau de l'Assemblée nationale révise celui des députés. Une révision qui ne remet toutefois pas en cause l'ensemble des «avantages» des élus, et notamment la spécificité de la double cotisation, ou encore l'absence de limite d'âge pour exercer un mandat. À 54 ans, François Fillon n'a donc pas de souci à se faire…
par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 29 avril 2008

Airbus : comment les Allemands ont roulé Louis Gallois dans la farine


Bakchich.info /
mardi 29 avril par  R. Busse

www.bakchich.info


Les syndicats d’Airbus France ont lancé un nouvel appel à la grève dans tous les sites d’Airbus ce mardi 29 avril. Le plan d’économies, qui recommande la fermeture de sites en France et outre-Rhin, fait tanguer Louis Gallois, le PDG de la maison mère, EADS. Ce dernier serait-il la cible de manips allemandes destinées à favoriser une réorganisation de l’entreprise en leur faveur ?

 

 

Pas content, mais alors pas content du tout… Louis Gallois, le patron d’EADS, maison mère de l’avionneur Airbus, tape du poing sur la table. Si fort que la rumeur de sa démission s’est propagée comme une traînée de poudre dans le petit cercle des médias parisiens au cours du dernier week end d’avril.

Alors, Gallois, démissionnaire de la présidence exécutive d’EADS ? Nous n’en sommes pas là. Ce commis d’État - que certains qualifient de « grand » parce qu’il a survécu à tous les régimes de droite comme de gauche - ne saurait terminer sur un abandon une carrière qui l’a mené de Snecma à la SNCF en passant par Aérospatiale et maintenant EADS.

Mais il en a gros sur la patate, « Loulou les grandes oreilles », comme on le surnomme dans le microcosme. Les salariés français d’Airbus se mettent en grève, l’accusant de les avoir maltraités pour favoriser les ouvriers de la branche allemande. Du coup, la partie de bras de fer du entre la France et l’Allemagne au sein d’Airbus reprend de plus belle. Gallois avait pourtant tout fait pour calmer le jeu depuis qu’il a succédé à Noël Forgeard (limogé pour avoir monnayé au meilleur prix ses stocks options, juste avant l’annonce des retards de l’Airbus A 380).

Les trois sites allemands n’auraient pas trouvé repreneur

Au cœur du nouveau conflit, le plan d’économies Power 8 imposé à Airbus de part et d’autre du Rhin pour tenter de remettre l’avionneur sur les rails après le terrible dérapage industriel de l’A 380, dont les retards au décollage vont coûter des milliards d’euros à l’entreprise. Il était notamment convenu de vendre trois sites allemands et trois sites français fabriquant des sous-ensembles d’avions. Or si, côté français, Latécoère s’est porté acquéreur des sites de Saint-Nazaire et Méaulte, il en va tout autrement côté allemand. Là-bas, les sites d’Ausburg, Varel et Noderham ne seront pas vendus, simplement filialisés, faute – selon les Allemands – d’avoir trouvé repreneur.

C’est là que le bât blesse. Louis Gallois aurait en effet été informé qu’un repreneur potentiel des sites allemands en a été dissuadé à la fois par des syndicalistes d’IG Métal et par des représentants des Landers. En clair, Louis Gallois se serait fait avoir par ses partenaires allemands. Ce qui l’a mis « hors de lui », selon des proches du dossier. De là à ce que les Allemands exigent maintenant une réorganisation à leur avantage sous prétexte que leurs actifs pèsent désormais davantage, il n’y a qu’un pas que certains n’hésitent pas à franchir. Aussi l’entourage de Louis Gallois a-t-il pris soin de déclarer que la filialisation des sites allemands n’était que provisoire. Cette nouvelle promesse est-elle réaliste ? Un ancien cadre d’Aérospatiale se dit persuadé que « les Allemands ne lâcheront jamais une seule de leurs usines EADS ».

Les « souffre douleurs des Allemands »

C’est en tous cas le moment choisi par l’Allemand Tom Enders, numéro 1 d’Airbus et successeur désigné de Louis Gallois à la fin du mandat de ce dernier, pour enfoncer le clou et déclarer que le plan Power 8 ne sera pas suffisant ; qu’il « faudra encore verser du sang et des larmes ». Les syndicalistes d’Airbus à Toulouse sont convaincus qu’Enders vise une fois de plus les Français : « nous sommes devenus les souffres douleurs des Allemands alors qu’ils sont les seuls responsables des difficultés industrielles d’Airbus. Peu à peu ils prennent tout le pouvoir alors que la France a tout donné de sa technologie. Il faut que cela cesse ». Remettre les pendules à l’heure avec l’Allemagne pourrait bien être l’exercice obligé de Louis Gallois dans les prochaines semaines. Car des voix commencent aussi à s’élever du côté des élus et des politiques. Martin Malvy, le président socialiste de Midi-Pyrénées demande au gouvernement de veiller à ce que la gouvernance du groupe Airbus « préserve nos bassins d’emplois et notre potentiel industriel et de recherche ».

L’Élysée, pour sa part, a déjà envisagé de relancer, avec le Royaume Uni, les coopérations militaires. Première mesure de rétorsion diligentée par Gallois lui-même : La marque Mercedes est désormais interdite de séjour dans la cour d’EADS France, boulevard de Montmorency à Paris. « On est en France, on roule français », aurait argumenté « Loulou » qui se rend, lui, à l’Élysée au volant d’une petite Peugeot. A bon entendeur…

Pour lire ou relire dans Bakchich nos récits sur EADS et Airbus :

Arnaud Lagardère serait-il moins incompétent qu’il ne le revendique ?
Les journaux français sont miséricordieux. Ils ne veulent pas faire de peine à leurs bons amis.
Airbus n’a jamais vendu autant d’avions, mais EADS, sa maison mère, est déstabilisée, et pas seulement à cause du dollar faible. Et si Louis Gallois, rabroué par Sarkozy devant les Chinois, n’était pas le vrai patron… (…)
par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander
Mardi 29 avril 2008

En Tunisie, la croissance n'apporte pas la démocratie

Par Bernard Maris, France Inter, chroniqueur associé à Marianne 2
29 avril 2008, www.marianne2.fr

La Tunisie construit sa croissance sur les services et le textile, et pas sur la démocratie.



En Tunisie, la croissance n'apporte pas la démocratie

Le président de la République est en voyage officiel en Tunisie... Ce pays qui a des relations vraiment privilégiées avec la France. La France reste le premier investisseur en Tunisie. Elle est importatrice nette (7 milliards d'euros de déficit avec la patrie de Salambôo) ; 1200 entreprises françaises y sont implantées, soit deux fois plus qu'au Maroc, sachant que la Tunisie compte 10 millions d'habitants contre plus de 30 au Maroc.

Dans quel secteur se situent ces sociétés ? Le textile-habillement essentiellement même si les services ont fait leur apparition avec la banque, et surtout les centres d'appels qui fleurissent en Tunisie, le gouvernement voyant dans l'éclosion de ces centre un moyen d'éponger l'important flux d'étudiants qui sort chaque année de l'Université. Et puis la Tunisie, c'est le tourisme : plus d'un million de Français, 1.3 exactement s'y rendent chaque année.
L'économie tunisienne est relativement performante. Le taux de croissance de ces dernières années est faible. La Tunisie a subi de plein fouet la concurrence en matière de textile, depuis que l'Europe a supprimé toute barrière commerciale avec la Chine. Mais le niveau de vie est plus élevé en Tunisie qu'au Maroc ou en Algérie. Le taux de mortalité infantile est faible, autour de dix pour mille. C'est un excellent indice de développement. C'était le taux de mortalité de la France en 1975. L'espérance de vie est élevée, 73 ans, et surtout, l'indice de fécondité des femmes est comparable à celui des Françaises : les Tunisiennes ont en moyenne deux enfants, signe que la transition démographique est achevée (au Tchad, par comparaison, c'est 6-7 enfants par femme).

L'avenir du pays réside dans le tourisme, qui est déjà très développé, et pourrait se développer plus encore. Mais on voit apparaître les gros investisseurs du Moyen Orient, au détriment des Français ! Les Emirats ont des projets considérable en matière immobilière, et L'Egypte vient de rafler un gros marché de téléphonie mobile au détriment de nos groupes, tandis que Dubaï vient de souffler à Vivendi 35% du capital de Tunisie Télécom.

Il y a quand même un bémol : on ne peut pas dire que la Tunisie soit un pays véritablement démocratique. Ce manque de démocratie est parfois justifié par la lutte contre l'intégrisme islamique. Les partis islamistes sont d'ailleurs strictement interdits en Tunisie. Mais, même si certains font croire le contraire, la démocratie n'a rien à voir avec l'économie : l'Espagne de Franco a été l'Espagne de la croissance, et la Chine nous prouve tous les jours que dictature et marché font très bon ménage.

La phrase du jour : «C'était à Mégara, faubourg de Carthage, dans les jardins d'Hamilcar.» Première phrase de Salambô, l'une des plus belles phrases de la langue française.

Retrouvez « L'autre économie » de Bernard Maris, en direct sur France Inter, du lundi au vendredi à 6h49.
par Mecchano
ajouter un commentaire commentaires (0)    recommander

Présentation

Recherche

Derniers Commentaires

Recommander

Cliquez ici pour recommander ce blog

Calendrier

Juillet 2008
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur avec TF1 Network - Signaler un abus